Polyploïdie

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Paléopolyploïdie chez les eucaryotes, d'après Wolfe (2001)[1], Adams & Wendel (2005)[2], Cui et al. (2006)[3].
Spéciation via la polyploïdie : une cellule diploïde dysfonctionne lors de la méïose, produisant des gamètes diploïdes qui s'autofertilisent pour donner un zygote tétraploïde.

La polyploïdie est le fait, chez un être vivant, de posséder un patrimoine chromosomique au moins égal à 3 lots complets de chromosomes (3n) voire plus.

Occurrence dans la nature[modifier | modifier le code]

Le phénomène est assez rare dans le règne animal, mais on peut citer le cas des grenouilles africaines ou du rat-viscache, tétraploïde potentiel. Le Crapaud Batura, du nord du Pakistan, est une espèce triploïde, et qui se reproduit par la reproduction sexuée[4].

Les végétaux supportent beaucoup mieux la polyploïdie, et nombre des espèces cultivées par l'homme en sont. 70 % des Angiospermes ont connu au moins un évènement de polyploïdisation[5]. Certains mutants d'Arabidopsis thaliana faisant plus ou moins d’endoréduplication ont été décrits dans des articles scientifiques. Les valeurs les plus élevées découvertes sont de 8 192x dans le suspenseur de Phaseolus coccineus et de 24 576x dans l'haustorium de l'endosperme d’Arum maculatum[6].

Effets[modifier | modifier le code]

Les effets de la polyploïdie sur le phénotype peuvent être : « effet de gigantisme » cellulaire et morphologique (« morphologie gigas » quasi systématique lors des polyploïdisations artificielles alors que chez les polyploïdes naturels, le gigantisme cellulaire peut être compensé par une baisse du nombre de cellules par organe)[7], croissance plus faible (par la réduction du nombre de mitoses). Les effets génétiques et épigénétiques peuvent être : modification de la séquence génomique (mutations, recombinaisons...), masquage des allèles délétères, modification de l'expression des gènes[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kenneth H. Wolfe, « Yesterday's polyploids and the mystery of diploidization », Nature Reviews Genetics, vol. 2, no 5,‎ , p. 333–341 (ISSN 1471-0056, DOI 10.1038/35072009, résumé).
  2. (en) Keith L. Adams et Jonathan F. Wendel, « Polyploidy and genome evolution in plants », Current Opinion in Plant Biology, vol. 8, no 2,‎ , p. 135–141 (ISSN 1369-5266, DOI 10.1016/j.pbi.2005.01.001, résumé).
  3. (en) Liying Cui, P. Kerr Wall, James H. Leebens-Mack, Bruce G. Lindsay, Douglas E. Soltis, Jeff J. Doyle, Pamela S. Soltis, John E. Carlson, Kathiravetpilla Arumuganathan, Abdelali Barakat, Victor A. Albert, Hong Ma et Claude W. dePamphilis, « Widespread genome duplications throughout the history of flowering plants », Genome Research, vol. 16, no 6,‎ , p. 738–749 (ISSN 1088-9051, DOI 10.1101/gr.4825606, lire en ligne).
  4. Le crapaud qui divise 3 par 2
  5. (en) G. Moore, « Meiosis in allopolyploids - the importance of "teflon" chromosomes », Trends in genetics, vol. 18, no 9,‎ , p. 456-463
  6. Wilhelm Nultsch & R. Miesch, Botanique générale, De Boeck Université, , p. 119
  7. (en) A. Müntzing, « The evolutionary significance of autopolyploidy », Hereditas, vol. 21,‎ , p. 263-378
  8. (en) T. C. Osborn et coll, « Understanding mechanisms of novel gene expression in polyploids », Trends in Genetics, vol. 19,‎ , p. 141-147

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]