Pierre Paul Louis Randon de Boisset

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pierre Paul Louis Randon de Boisset
Jean-Baptiste Greuze 002.jpg

J.-B. Greuze, Randon de Boisset, huile sur toile (73 × 58 cm), musée des beaux-arts de Budapest

Biographie
Naissance
Décès
Activité

Pierre Louis Paul Randon de Boisset, né en 1708 et mort le , est un financier et collectionneur français. Il est considéré comme l'un des plus grands collectionneurs du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Louis Paul Randon de Boisset est le fils de Pierre Randon de Larandonnière, directeur des Aides de l'élection de Reims, et de Françoise Delacroix. Il devient avocat en 1736, puis receveur des Aides à Épernay, et fermier général en 1757. L'année suivante, il échange sa charge avec celle de receveur général des finances de la généralité de Lyon.

D'abord collectionneur de livres, il se met à collectionner les œuvres d'art à la suite de son premier voyage en Italie, en 1752, pendant lequel il rencontre Joseph Vernet. Il se rend de nouveau en Italie en 1763, puis en Flandre et en Hollande en 1766. Il est réputé l'un des plus grands collectionneurs du XVIIIe siècle, ayant rassemblé quantité d’œuvres d'art qui faisaient de son cabinet d'amateur l'un des plus célèbres de la capitale[1], d'autant plus célèbre qu'il était caché aux yeux du public[2]. Mort célibataire et sans enfant, ses héritiers furent ses neveux, Jean-Louis Millon d'Ainval, receveur général des finances de la généralité de Lyon, et Augustin Millon d'Ailly, receveur général des domaines et bois de la généralité de Paris, qui mirent en vente ses collections.

Par ailleurs, il est l'auteur de L'Humanité, ou le Tableau de l'indigence (1761). Il a habité rue Neuve-des-Capucines, puis à l'hôtel Cressart, n° 18 place Vendôme, où il est mort. Les boiseries du grand salon de cet hôtel ont été remontées au John Paul Getty Museum[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue des tableaux & desseins précieux des maîtres célèbres des trois écoles, figures de marbre, de bronze & de terre cuite, estampes en feuilles ... & autres objets du cabinet du feu M. Randon de Boisset ..., Paris : Musier, 1777.
  • Cl. de Ris, Les Amateurs d’autrefois, Paris : Plon, 1877, p. 359-381.
  • R. Freyberger, "The Randon de Boisset sale, 1777: decorative arts", Apollo, CXI/218, avril 1980, p. 298-303.
  • J.-Fr. Delmas, "Le mécénat des financiers au XVIIIe siècle", Histoire, Économie, Société, vol. 14, 1995, p. 51-70.
  • P. Leperlier, "Deux consoles d'illustres provenance", L'Estampille/L'Objet d'art, n° 300, 1996), p. 14-15.
  • P. Michel, "Pierre Rémy "Peintre et négociant en tableaux, et autres curiosités. Bon connoisseur" : esquisse d'un portrait", Mélanges en hommage à Pierre Rosenberg : peintures et dessins en France et en Italie XVIIe-XVIIIe siècles
  • A. Leclair, "Les deux Philosophes de Rembrandt : une passion de collectionneurs", Revue du Louvre et des Musées de France, vol. 56, n° 5, 2006, p. 38-43.
  • A. Leclair, "Une vente secréte en 1765 : la correspondance inédite entre Pierre Paul Louis Randon de Boisset (1709 - 1776) et le marquis de Voyer d’Argenson (1722 - 1782)", Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 2006 (2007), p. 151-176.
  • C. Guichard, Les Amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle, Seyssel : Champ Vallonp, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « M. Randon de Boisset est mort. C'était un de nos millionnaires, possesseur du plus riche cabinet du royaume. » (F. Mettra, Correspondance secrète, politique et littéraire, Londres : chez John Adamson, 1787, t. 3, p. 418, cité par C. Guichard, Les Amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle, Seyssel : Champ Vallon, p. 2008, 128.
  2. "On comparait la galerie de cet amateur à un sanctuaire, n'y était pas admis qui voulait. Les prières, les sollicitations restaient sans succès, près d'un homme froid, peu communicatif", Gault de Saint-Germain, Souvenirs de quelques amateurs du XVIIIe siècle, Ms 329, École nationale supérieure des beaux-arts, cité par C. Guichard, Les amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle, op. cit., p. 316.
  3. B. Pons, Grands décors français, 1650-1800 : reconstitués en Angleterre, aux États-Unis, en Amérique du Sud et en France, Dijon : Faton, 1995.

Liens externes[modifier | modifier le code]