Pierre Dénys de Montfort

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Pierre Dénys de Montfort
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Calmar géant par Pierre Dénys de Montfort.

Pierre Dénys de Montfort est un naturaliste français, né à Dunkerque le et mort à Paris en 1820.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1802, le malacologiste français Pierre Dénys de Montfort a reconnu l'existence de deux types de poulpes géants dans son Histoire naturelle générale et particulière des mollusques, une description encyclopédique des mollusques. Montfort a fait valoir que le premier type, le kraken-pieuvre, a été décrit par les marins norvégiens et baleiniers américains ainsi que les anciens écrivains comme Pline l'Ancien. En effet, un passage de L'Histoire naturelle du Romain Pline l'Ancien (Ier siècle) narre également le cas d'un monstre marin à tentacules attaquant des réserves de poissons en saumure. La description correspond tout à fait à celle du kraken. Le deuxième type de bien plus grande taille, l'immense poulpe, aurait attaqué un bateau à voile de Saint-Malo, au large de la côte de l'Angola, ainsi que le montre l'illustration ci-contre.

Montfort a osé la plus sensationnelle des revendications. Il a proposé que dix navires de guerre britanniques qui avaient mystérieusement disparu, une nuit en 1782 devaient avoir été attaqués et coulés par une pieuvre géante. Malheureusement pour lui, les Britanniques savaient ce qui était arrivé aux navires, démontant la révélation de Montfort. La carrière de Montfort ne s'en est jamais remise et il est mort de faim, pauvre, à Paris vers 1820 (Sjögren, 1980). Pour sa défense, il convient de noter que beaucoup de sources décrivant le poulpe-kraken ont probablement décrit le véritable calmar géant, prouvant ainsi son existence en 1857.

Il fait paraître, de 1808 à 1810, sa Conchyliologie systématique : coquilles univalves, cloisonnées. Cet ouvrage marque une étape importante dans la taxinomie des mollusques univalves. Montfort augmente considérablement le nombre de genres connus et en crée près de 129 nouveaux.

Il est l'un des premiers à s'intéresser aux coquilles extrêmement petites et, même si sa classification supérieure au genre n’a pas été suivie, son rôle est important dans l’essor de la conchyliologie moderne.

Il s’intéresse également à l’apiculture et fait paraître en 1813 Ruche à trois récoltes annuelles, fortifiée, économique, et son gouvernement, ou Moyen de mettre les abeilles à couvert contre les attaques de leurs ennemis….

Liens littéraires[modifier | modifier le code]

  • Le tableau du Calmar géant de Pierre Dénys de Montfort a inspiré Jules Verne dans Vingt mille lieues sous les mers dans le combat du Nautilus contre des calamars géants.
  • En 1830, peut-être conscient du travail de Pierre Dénys de Montfort, Alfred Tennyson a publié un célèbre poème intitulé The Kraken (essentiellement un sonnet irrégulier), qui diffuse l'histoire du kraken en anglais. Le poème, dans ses trois dernières lignes, porte également des similitudes avec la légende du Leviathan, un monstre marin, qui doit remonter à la surface à la fin du jour.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Aux citoyens françois, professeurs et administrateurs du Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Paris, De l'imprimerie de H. J. Jansen, 1800
  • La Vie et les aventures politiques de Nadir-Mirza-Shah, Paris, Jansen 1800
  • Histoire naturelle, générale et particulière des mollusques, animaux sans vertèbres et à sang blanc ; addendum à Georges-Louis Leclerc de Buffon, 4 volumes, Paris, 1801–1804
  • Conchyliologie systématique, et classification méthodique des coquilles : offrant leurs figures, leur arrangement générique, leurs descriptions caractéristiques, leurs noms ; ainsi que leur synonymie en plusieurs langues ; ouvrage destiné à faciliter l'étude des coquilles, ainsi que leur disposition dans les cabinets d'histoire naturelle. Coquilles univalves, cloisonnées, Tomes premier et second, Paris, Schoell, 1808 et 1810
  • Ruche à trois récoltes annuelles, fortifiée, économique : et son gouvernement, ou, moyen de mettre les abeilles à couvert contre les attaques de leurs ennemis, en partageant avec elles chaque année, au printemps, en été et en automne, leur miel et leur cire, sans faire périr une seule mouche ..., Paris, Audibert, 1813