Peeling

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Dans le domaine de la dermato-cosmétologie, on nomme peeling (ou dermo-peeling et Épluchage[1]) plusieurs techniques de médecine esthétique généralement mise en œuvre par des techniciennes qualifiées, ou des médecins spécialisés, pour régénérer la peau - du visage le plus souvent - ou traiter des séquelles dermatologiques esthétiquement gênantes[2]. Le peeling peut être doux ou superficiel ou, moyen[3], voire profond et alors pratiqué par un médecin dermatologue[4] car le peeling s'apparente à une brûlure par l'acide, qui doit être soigneusement contrôlée, sous peine de laisser des cicatrices. La brûlure superficielle d'un peeling « peut parfois prendre plusieurs mois avant de disparaître »[5] et « le remodelage du derme » ne devient évident que deux à trois semaines après l'opération pour se terminer environ 6 mois plus tard[6].
Il est efficace contre des « rides modérément profondes, en particulier contre les rides péribuccales mais il ne corrige pas les rides profondes d’expression »[5].

Les modifications de la peau induites par les peelings chimiques sont constatés (augmentation du volume du derme notamment), mais malgré des études histologiques (chez l'Homme et l'Animal) les effets de ces peelings chimiques ne sont toujours pas biologiquement compris.
Deux mécanismes explicatifs sont en concurrence :

  1. l'augmentation quantitative des glycosaminoglycans (qui selon certains pourrait provoquer un appel d'eau dans le derme qui reprendait alors du volume, ce qui diminuerait les ridules de l'épiderme.
  2. une amélioration de la qualité du collagène dermique et sa réorganisation dans les couches superficielles de la peau, en réponse à l'agression chimique du peeling. Vigneron (2010) a aussi mi en évidence une réorganisation de l'élastine (moins de fibres verticales et plus de fibres horizontales, qui fait évoquer une réaction des fibroblastes dermiques)[7]. Selon lui Il y a « augmentation du volume dermique dans les peelings phénolés et TCA 33% (TCA 50US), mais sans changement en quantité de collagène et de glycosaminoglycans par unité de volume. Ceci montre que le derme « reconstitué » n’est pas anormalement dense ou riche en glycosaminoglycans »[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les peelings mécaniques et chimiques semblent remonter à l'antiquité où ils constituaient déjà l'un des éléments des pratiques de réjuvénation.

Aujourdh'ui le peeling est souvent utilisé en complément d'un laser-resurfacing et de la dermabrasion mécanique et éventuellement à des produits de comblement, la toxine botulique, le laser, le lifting...)[5]. Il nécessite un pré- et post-traitement,

Méthodes[modifier | modifier le code]

Diverses méthodes existent en compléments des peelings mécaniques, chacune avec leurs risques et bénéfices[8] :

Par des substances chimiquement agressives telles que les AHA, l'acide glycolique[9],[10] ou le TCA homogénéisé[11],[12] et éventuellement adjuvé[13], on provoque une destruction contrôlée puis une élimination (desquamation) des cellules de l'épiderme et des couches superficielles du derme[14].

Des produits comme le phénol (pour « peeling profond »[15]) et le « phénol modifié » [16]ont été aussi utilisés en dépit de leur toxicité ; il ne doivent être utilisés que par des médecins confirmés, pour le traitement de l'héliodermie sévère, surtout chez des patients de phototype I, II ou III[17].

Le patient doit éviter la crème hydratante ou le fond de teint la veille de l'opération, car « ceux-ci perturbent la pénétration du TCA à travers l’épiderme. Avant la réalisation du peeling, de l’acétone ou un autre solvant est appliqué sur le visage de manière à enlever toute trace de sébum »[5].

Selon le nombre de couches d'acide appliquées, le patient subira un simple érythème à une desquamation franche pouvant durer cinq à sept jours[5].

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Le peeling peut induire un œdème, des croûtes, des folliculites, une poussée d'acné ou des grains de milium ou des douleurs en cas d'herpes[5].

À plus long terme des allergies, des dyschromies (à traiter au laser ou par des produits dépigmentants) et des cicatrices atrophiques sont possibles, généralement autour de la bouche, pouvant alors être traitées par des massages avec ou sans dermocorticoïdes[5]. Un élargissement visible des pores cutanés est aussi une conséquence possible[5].

Classification[modifier | modifier le code]

Il existe différents types de peeling selon le type et la concentration de l'acide utilisé :

  • peeling superficiel : application de produit (type AHA) réalisée par un médecin si concentration supérieure à 30 % mais possible à domicile pour des concentrations plus faibles.
  • peeling moyen : application de produit (type TCA) uniquement réalisée par un médecin. Desquamation proportionnelle à la concentration du produit.
  • peeling profond : application de produit (type Phénol) uniquement réalisée en cabinet médical ou clinique car assez traumatisante (résultat comparable à la technique de dermabrasion)

Usages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. WHO Unified Medical Dictionary
  2. Vigneron J. (1993). Les peelings en dehors du visage. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 20(77), 53-56.
  3. Vigneron, J. L. H. (2001). Les peelings moyens. Concours médical, 123(15), 1034-1043.
  4. Vigneron, J. L. H. (2001). Les peelings profonds. Concours médical, 123(19), 1316-1322.
  5. a b c d e f g et h Xhauflaire, E., Marcq, V., Pierard, C., & Pierard, G. (2005). Comment je traite... une jeunesse qui s' étiole. Remonter le temps par les peelings chimiques. Revue Médicale de Liège, 60(10), 761-6.
  6. Xhauflaire E, Marcq V, Pierard C & Pierard G (2005). Comment je traite... une jeunesse qui s' étiole. Remonter le temps par les peelings chimiques. Revue Médicale de Liège, 60(10), 761-6.
  7. a et b Vigneron J.L.H (2010). Effets Quantitatifs et qualitatifs des Peelings Chimiques. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 37(148), 213-216 (PDF, 6p)
  8. Deschamps, C. (2008). Les peelings chimiques en 2008 (Doctoral dissertation) (résumé)
  9. Sito G & Sorrentino L (1996). Collagène et peeling à l'acide glycolique: protocole d'interaction. La Revue de chirurgie esthétique de langue française, 21(83), 29-34 (résumé Inist-CNRS).
  10. Moy L (1995). Peeling avec l'acide glycolique: expérience clinique. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 22(87), 169-171.
  11. Trauchessec, J. M., & Pissot, F. (1997). Peeling dermatologique à l'acide trichloroacétique homogénéisé. Les Nouvelles Dermatologiques, 16(7), 304-312.
  12. Vanhooteghem, O., Henrijean, A., Devillers, C., Delattre, L., & de la Brassinne, M. (2008, March). La technique du peeling à l’acide trichloracétique. Mode d’emploi et précautions. In Annales de dermatologie et de vénéréologie (Vol. 135, No. 3, p. 239-244). Elsevier Masson.
  13. Vigneron J.L (1996). Le peeling à l'acide trichloracétique (TCA) adjuvé. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 23(89), 39-43.
  14. Bensaleh, H., Belgnaoui, F. Z., Douira, L., Berbiche, L., Senouci, K., & Hassam, B. (2006, December). Peau et ménopause. In Annales d'endocrinologie (Vol. 67, No. 6, p. 575-580). Elsevier Masson.
  15. Tullii R (2000). Le peeling profond au phénol. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 27(105), 7-12.
  16. Déprez P (1996) Une technique de rajeunissement: le peeling au phénol modifié. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 23(91), 171-178.
  17. André, P., Evenou, P., & Bachot, N. (2010). Peeling au phénol.
  18. Chemical Peels for Dark Circles under the Eyes
  19. Chemical peeling with trichloroacetic acid and lactic acid for infraorbital dark circles
  20. André P (2012). Place des peelings et des lasers dans le traitement des cernes. In Annales de dermatologie et de venereologie (juin 2012, Vol. 139, No. 6, p. H42). Elsevier Masson
  21. Déprez P (2000). Traitement des vergetures par association de sand-brasion, peeling et occlusion variable. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 27(108), 245-253.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aumjaud E (1994) Particularités des peelings du visage par un produit chimique chez les sujets à peau négroïde et apparentée. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 21(82), 81-90.
  • Deschamps, C. (2008). Les peelings chimiques en 2008 (Doctoral dissertation) (résumé).
  • Dewandre L (2004). Peelings chimiques: chimie des peelings et hypothèses des mécanismes d'action. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 31(122), 87-94.
  • Duffy DM (1989) Informed consent for chemical peels and dermabrasion. Dermatol Clinics 7 , 183-185.
  • Roberts WE.— Chemical peeling in ethnic/dark skin. Dermatol Ther, 2004, 17, 196-205
  • Rusciani L, Rossi G & Bono R (1993). Les peelings chimiques. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 20(78), 75-80.
  • Vigneron J.L.H (2010). Effets Quantitatifs et qualitatifs des Peelings Chimiques. Journal de médecine esthétique et de chirurgie dermatologique, 37(148), 213-216 (PDF, 6p)
  • Vigneron J.L.H J(2001). Les peelings: Généralités et indications. Concours médical, 123(9), 587-592.
  • Warner, M. A., & Harper, J. V. (1985). Cardiac dysrhythmia associated with chemical peeling with phenol. Anesthesiology, 62(3), 366-367.
  • Westman, M. (1999). Galactoarabinan: An exfoliant for human skin. Cosmetics and toiletries, 114(8), 63-72.