Pascal Corminboeuf

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Pascal Corminboeuf
Pascal Corminboeuf (cropped).jpg
Fonction
Conseiller d'État
Canton de Fribourg
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activités

Pascal Corminboeuf, né le à Domdidier, est une personnalité politique fribourgeoise et suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Aîné d’une fratrie de cinq enfants, Pascal Corminboeuf naît le à Domdidier, dont il est originaire. Catholique. Son père Arthur est paysan, syndic, juge de paix et député conservateur au Grand Conseil ; sa mère Marie-Thérèse, née Chardonnens, est maîtresse de maison. A la ferme, son père, autodidacte et patoisan, lui donne le goût du patois broyard. Pascal épouse en 1973 Anne-Michèle Lottaz, avec qui il a deux enfants. Un troisième naîtra de son union avec Marie-Laurence, née Tâche.

Il accomplit son école primaire dans son village natal. Suivent l’école secondaire à Estavayer-le-Lac (4 ans), puis le Collège Saint-Michel à Fribourg (4 ans), études couronnées du baccalauréat latin-grec. Comme remplaçant, il enseigne ensuite une année à plein temps à l’École secondaire d’Estavayer-le-Lac. En 1965, il s’inscrit à l’université de Fribourg, où il suit pendant trois ans des cours de français, de philologie et d’histoire, tout en continuant à enseigner pour gagner sa vie.

Vie politique[modifier | modifier le code]

En 1968, converti en lettré aux champs, il devient paysan dans son village natal où, pour aider son père, il reprend le domaine familial. Anticonformiste et hors des partis établis, il se lance dans l’arène politique en 1969, en fondant avec d’autres le Mouvement d'action communale (MAC) de Domdidier. Aux élections locales de 1970, ce dernier fait un tabac. Outre cinq sièges sur trente au Conseil général, il en obtient d’emblée un au Conseil communal. Son fondateur, après avoir siégé au Conseil général dès 1970, est élu au Conseil communal en 1978. Il est syndic de 1991 à 1996.

Estimant qu’on peut servir son pays autrement que sous l’uniforme, il refuse d’accomplir son quatrième cours de répétition. Il est condamné en 1970 à six mois de prison ferme comme objecteur de conscience.

En 1991, toujours hors parti, il brigue en vain la préfecture de la Broye. En 1996, celui que la presse qualifie de « sage paysan » se lance dans la course au Conseil d’État et crée la surprise. Au second tour, alors qu’il reste quatre sièges à repourvoir, il est élu en seconde position avec 50,3 % des suffrages.

Cinq ans plus tard, en 2001, l’issue du scrutin est proprement spectaculaire : le voici seul élu au premier tour ! Enfin, pour sa troisième candidature, en 2006, il est également élu au premier tour, cela aux côtés de deux autres compétiteurs, sur un total de dix-sept.

Au Conseil d’État, Pascal Corminboeuf se voit confier la Direction de l’Intérieur et de l’agriculture, qui deviendra en 2002 la Direction des Institutions, de l’Agriculture et des Forêts. Au fil de ses trois législatures, il s’affirme d’abord comme l’artisan de la révision totale de la Constitution cantonale de 1857. En voici les principales étapes. Le , le peuple accepte le principe même d’une refonte totale et décide de confier la rédaction de la nouvelle charte, non pas au Grand Conseil, mais à une Constituante de 130 membres. Le , le peuple élit cette Constituante, laquelle est bientôt invitée, pour ses travaux, à s’inspirer de « cahiers d’idées » élaborés par la Direction de l’Intérieur. Le , au terme de quatre ans de délibérations, la Constitution est soumise au peuple, qui l'accepte par 58 % des votants. Quatre mois plus tard, le , un « Comité de pilotage » est désigné par le Conseil d’État pour sa mise en œuvre.

Pascal Corminboeuf est aussi l’instigateur des fusions volontaires de communes. De 1999, date du vote par le Grand Conseil du décret sur l’encouragement aux fusions, à 2006, le nombre des communes passe de 245 à 168. L’objectif avoué est de comprimer ce chiffre à moins de 100 à l’horizon 2016. Voté par le Grand Conseil en , un crédit de quelque 50 millions de francs est prévu à cet effet et accepté par le peuple le à une majorité de 73 %. Quant au projet de fusion du Grand Fribourg (6 communes sont concernées), sa mise en œuvre s’avère compliquée. Le conseiller d’Etat suit également de près l’avancée du dossier de l’agglomération, important pour l’ensemble du canton.

À l’actif encore du conseiller d’État, trois lois importantes : en 1999, celle concernant les forêts et la protection contre les catastrophes naturelles ; en 2007, celle relative à la chasse ; en 2009, celle portant sur l’information et l’accès aux documents. Il réussit à convaincre la Confédération de concentrer les activités de la station de recherche Agroscope à Posieux (2011).

Pascal Corminboeuf exerce divers mandats au niveau national. C’est ainsi qu’il préside le comité de direction de la Haute École suisse d’agronomie de Zollikofen, de même que l’Association suisse pour le développement de l’agriculture et de l’espace rural. Depuis 2000, il est membre du conseil de la Fondation pour la collaboration confédérale, où il représente le canton de Fribourg.

Pascal Corminboeuf, qui a bâti sa carrière politique hors des sentiers battus, quitte le gouvernement le .

Sources[modifier | modifier le code]