Nguyễn An Ninh

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Nguyễn An Ninh
Description de l'image Nguyen An Ninh.jpg.
Naissance
Cholon, Saïgon, Cochinchine, Indochine française
Décès (à 42 ans)
Poulo Condor, Cochinchine, Indochine française
Nationalité vietnamienne
Profession
Autres activités
Formation
Études de droit

Nguyễn An Ninh est un anticolonialiste vietnamien né le à Saïgon et mort au bagne de Poulo Condor le [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de lettrés, fils de Nguyễn An Khương, il part faire des études à la Sorbonne (Paris) en 1918 et retourne en 1922 au Vietnam après avoir obtenu une licence de droit[2]. Il traduit le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. Parallèlement, par le biais de débats, de journaux et autres moyens de communications, il essaie de faire prendre conscience aux Vietnamiens des méfaits de la colonisation.

En 1923, il crée le journal La Cloche fêlée, dont le directeur est le Français Eugène Dejean de la Bâtie, d'origine vietnamienne par sa mère[3]. Il cesse de paraître en 1926. Arrêté une première fois , Nguyễn An Ninh est condamné à dix-huit mois de prison pour « manœuvres subversives », mais bénéficie en d'une relaxe. À cette époque il écrit à Léon Werth : « L’oppression nous vient de France mais l’esprit de libération aussi ».

Il crée un parti et conduit des tournées de propagande dans le delta du Mékong[2].

Le journal se transformera entre 1926 et 1927 en L'Annam, évoquant mieux la volonté de se tourner vers le Vietnam. Il écrira ensuite aussi dans des journaux plus marqués politiquement comme Trung Lâp et La Lutte[4].

Il est approché par les communistes et les trotskistes mais ne les rejoind pas, tout en soutenant le mouvement paysan. Il est arrêté à de nombreuses reprises et accusé de formation de société secrète et de menées anti-françaises. Il meurt en 1943 au bagne de Poulo Condor, où il était relégué depuis 1939, après avoir été incarcéré trois fois entretemps[5],[2].

L'historien Pierre Brocheux résume ainsi sa pensée : « Inclassable idéologiquement et politiquement, admirateur de Nietzsche et d'André Gide, Ninh fait figure de révolté et de lutteur indépendant, un patriote qui met l'accent sur la révolution de la culture »[2].

Récit[modifier | modifier le code]

  • Ngô Văn trotskiste vietnamien, a décrit dans son livre Au pays de la cloche fêlée, tribulations d’un Cochinchinois à l’époque coloniale (2000) sa rencontre avec Nguyễn An Ninh[6],[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ngo, Van : Rousseau et quelques figures de la lutte anticolonialiste et révolutionnaire au Viet Nam, Études Jean-Jacques Rousseau, n° 10, 1998, p. 269-286. Article repris dans son livre Au pays d'Héloïse, Montreuil, L'Insomniaque, 2005, p. 87-104.
  • Nguyễn, Lan Huong : "Rousseau inspirant l’idéal annamite. La traduction du Contrat social en vietnamien par Nguyễn An Ninh", Études Jean-Jacques Rousseau, n° 18, 2011, p. 293-299.
  • Nguyễn, An Ninh, Cao-vọng cúa bọn thanh niên An-Nam. Dân uóc (L'idéal de la jeunesse annamite : Le contrat social), Saigon, Imprimerie Xưa-nay, 1926, p. 21-31 [contenant la traduction des chapitres 1 à 5 du livre I du Contrat social de J.-J. Rousseau].
  • Nguyễn, An Ninh,, « La France et l’Indochine », Europe, n° 31, , p. 257-277.
  • Pierre Brocheux, « Une histoire croisée : l'immigration politique indochinoise en France (1911-1945) », Hommes & Migrations, 2005, 1253, p. 26-38.