Mine d'or de Bre-X Busang

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La Mine d'or de Bre-X Busang est un scandale financier caractéristique des engouements spéculatifs sur la Bourse de Vancouver, qui est en fait une extension de la Bourse de Toronto.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'entreprise Bre-X est née en 1989 à Calgary par David Walsh, qui avait précédemment fait faillite dans le pétrole. Il rachète quelques années plus tard un permis d'exploration dans la jungle de Bornéo et place John Felderhof comme chef géologue, ainsi que Michael de Guzman chargé du développement des affaires. A coups d'effets d'annonce, l'action passe de $0,28 à $53 en 1 an sur la bourse de Vancouver. En 1996, la société est valorisée à $6 milliards. À la suite de tentatives de rachat de la mine par Barrick Gold, Bre-X ne parvient à en conserver que 45%, et le régime indonésien parvient à s'approprier 40% de la mine[1],[2].

En 1997, la petite compagnie minière canadienne Bre-X, qui devait ouvrir une mine d'or à Busang, dans le centre de l'île de Bornéo, en Indonésie, déclencha un envol des cours tellement effréné que la société, qui n'avait pas encore extrait un gramme d'or, fut valorisée en bourse pour près de 20 milliards de dollars[3]. La banque d'affaires Lehman Brothers recommanda d'acheter des parts de la « découverte d'or du siècle ». Egizio Bianchini, un éminent analyste financier canadien, et la banque J.P. Morgan recommandent également d'investir dans le projet minier[2].

Son site aurifère mystérieux et interdit à la presse, enfoui au cœur de la jungle indonésienne et censé contenir, d'après les tests et échantillons, quelque 200 millions d'onces d'or (4 000 tonnes d'or), soit « le plus riche jamais découvert au XXe siècle », fut en fait une ruine pour des milliers d'investisseurs canadiens et américains qui se sont rués sur les actions de Bre-X Minerals, confondant l'éclat de la réussite de cette petite compagnie albertaine avec celui du métal précieux[3]. La mine indonésienne était exploitée en partenariat avec le géant minier Freeport[1].

L'enquête montra que les forages de la future mine avaient été "salés" frauduleusement et ne contenait aucun métal précieux. Michael de Guzman aurait lui-même salé les échantillons avec son alliance en or, et acheter de l'or aux producteurs locaux pour les ajouter aux échantillons qui suivirent[2]. Ceci fit s'effondrer le cours de Bourse et jeta le discrédit sur la Bourse de Vancouver, et ses très nombreuses sociétés minières dites "junior" (encore au stade de l'exploration). Le géologue de la société, Michael de Guzman, atteint d'une hépatite B et tombé de 200 mètres d'un hélicoptère avait été retrouvé en pleine jungle dévoré par des bêtes sauvages, mais identifié par ses vêtements[1]. La rumeur voulant qu'il soit en fait toujours en vie avait cependant mis la puce à l'oreille des sceptiques[4].

Fondée en 1988 à Calgary, dans l'Alberta, par David Walsh, un spécialiste des penny stocks, la société Bre-X Minerals avait servi de coquille vide pour une « arnaque plaquée or », titra le quotidien français La Tribune. L'analyste Paul Carmel, de la firme de courtage Bunting Warburg avait insisté dans ses études sur « la facilité du traitement du minerai, la continuité de la structure minéralisée et le faible ratio d'extraction de la roche stérile ».

David Walsh meurt d'une attaque un an après le scandale. Felderhof fut accusé de délit d'initié puis innocenté en 2007[1]. Au total, Walsh, de Guzman et Felderhof ont généré $100 millions avec cette fraude[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BRE-X: The Inside Story , par Diane Francis, 240 pages, éditions Key Porter Books, 1998 (ISBN 978-1550139136)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Alain Faujas, Jacques Trauman, « L’eldorado de Busang, une arnaque plaqué or », sur Lemonde.fr,‎
  2. a, b, c et d (en) Jeff Desjardins, « Bre-X Scandal: A History Timeline », sur Visualcapitalist.com,‎
  3. a et b Bre-X disait avoir découvert l'eldorado à Bornéo, par Alain Gerbier, dans Libération du 3 mars 1997
  4. (en) « Bre-X Geologist Mike de Guzman Rumoured to be Alive », sur The canadian encyclopedia (consulté le 12 juin 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]