Les Enfants du capitaine Grant (pièce de théâtre)

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Les Enfants du capitaine Grant est une pièce en cinq actes, un prologue et treize tableaux écrite par Jules Verne et Adolphe d'Ennery, d'après le roman éponyme. La première eut lieu le au théâtre de la Porte-Saint-Martin[1].

Argument[modifier | modifier le code]

C'est en 1876 que commence le travail avec D'Ennery sur l'adaptation théâtrale des Enfants du capitaine Grant. D'Ennery dresse alors un scénario de 14 tableaux. La pièce en connaîtra finalement 13[2].

L'argument de la pièce diverge largement de celui du roman. En premier lieu, le capitaine Grant n'embarque pas sur le Britannia pour fonder une colonie écossaise, mais pour découvrir le Pôle Sud ; en cela, il a été préféré à Ayrton, qui se retrouve second du bâtiment. Grant n'a plus deux, mais trois enfants, et son aîné, James, s'est embarqué lui aussi à bord. Ayrton, furieux, organise une révolte et abandonne Grant, son fils et un autre matelot sur l'îlot Balker (et non plus sur l'île Tabor), en s'enfuyant sur la seule embarcation utilisable. À bord du Duncan, Lord Glenarvan (qui n'est pas marié) récupère dans le ventre d'un requin le message jeté par les naufragés. Avec Mary et Robert Grant, bientôt rejoints par Paganel, tout ce petit groupe débarque sur le littoral de l'Atlantique et traverse l'Amérique du Sud jusqu'au littoral du Pacifique. Durant ce parcours, ils rencontrent Thalcave, qui sauve Robert des griffes d'un condor et accompagne la petite troupe jusqu'au bout du voyage. À Valparaiso, ils font la connaissance d'Ayrton qui leur indique que le Britannia s'est échoué sur la côte sud de l'Australie et que Grant est prisonnier d'une bande d'indigènes. Glenarvan et ses amis s'y rendent, mais sont attaqués par une bande de convicts. Thalcave démasque Ayrton, qui n'est autre que Ben Joyce ; ce dernier se retrouve incarcéré à bord du Duncan et sera finalement livré aux autorités britanniques. Mais le navire est en panne, faute de combustible. Une baleine providentielle passe par là et est harponnée par Paganel lui-même. Du coup, son huile va permettre de chauffer la chaudière et, autre miracle, sur le flanc de l'animal est fiché un second harpon portant comme inscription les noms de l'îlot Balker et du capitaine Grant. Glenarvan n'a plus qu'à se rendre sur les lieux pour récupérer les naufragés.

Tout au long de la pièce, d'autres personnages embarqués sur le Duncan apportent la note vaudevillesque : Miss Arabelle (la tante de Glenarvan), que Paganel n'épousera pas, et un couple, Bob et Elmina, qui, à la suite de quiproquos, se retrouvent lui déguisé en femme de chambre d'Arabelle, elle déguisée en mousse.

Par rapport au roman, une action décousue et truffée de situations parfois laborieuses à partir des rôles travestis[3].

Les personnages[modifier | modifier le code]

  • Paganel.
  • Burck.
  • Harry Grant.
  • Lord Glenarvan.
  • Ayrton.
  • Bob.
  • Thalcave.
  • Mulray.
  • Wilson.
  • Forster.
  • Dick.
  • Le guide.
  • Un officier.
  • Un hôtelier.
  • 1er matelot.
  • 2e matelot.
  • Un domestique.
  • Un serviteur.
  • Miss Arabelle.
  • James Grant.
  • Mary Grant.
  • Robert Grant.
  • Elmina.
  • Matelots, officiers de marine, convicts, etc.

Désignation des tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Le naufrage.
  2. Le château de Malcolm.
  3. Le yacht Le Duncan.
  4. Le col d'Antuco.
  5. Le tremblement de terre.
  6. La posada.
  7. Les Fêtes d'or à Valparaiso.
  8. Une forêt australienne.
  9. L'embouchure du Murray.
  10. La pêche à la baleine.
  11. L'îlot Balker.
  12. La mer libre.
  13. Le soleil de minuit.

Représentations[modifier | modifier le code]

La pièce ne connut que 112 représentations, loin des 415 représentations du Tour du monde en quatre-vingts jours, et ne fut jamais reprise. Comme pour « Le Tour », la musique de scène était signée de Jean-Jacques-Joseph Debillemont[4].

Deux jours après la première représentation, la pièce est vendue aux États-Unis[5].

La pièce rapporte à la première à d'Ennery 7,5 % des recettes et à Verne, 5 %. Lors de la reprise, les deux auteurs reçoivent 5 %. Jules Verne gagne ainsi 25 721,33 F en 1878-1879 et 5 416,45 F en 1892[6].

Distribution[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

« D'Ennery riait volontiers de ses échecs, qui furent rares dans ses duels successifs avec le public. Un de ses « fours » - peu nombreux - fut, vers la fin de sa vie, Les Enfants du capitaine Grant, tirés du roman de Jules Verne. Le roman est captivant, la pièce était mal venue.

- Il n'y a pas à s'y tromper, disait d'Ennery en regardant la salle, le public s'ennuie !

Puis, riant :

- Bah ! Il m'a si souvent ennuyé pendant quarante ans que je puis bien l'assommer à mon tour, un soir ! »[8]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Terrasse. Un centenaire : "Les Enfants du capitaine Grant" au théâtre. Bulletin de la Société Jules-Verne no 49. 1979.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne. Tome II. Société Jules-Verne. 1985. Page 51.
  2. Volker Dehs, La Correspondance de Jules Verne avec Adolphe D'Ennery et Cie à propos des Voyages au théâtre , in BSJV no 198, mai 2019, p. 55-56
  3. Voir l'étude de Pierre Terrasse citée dans la bibliographie.
  4. Robert Pourvoyeur. Annexe VIII, Bulletin de la Société Jules-Verne no 49, 1979, p. 37-38.
  5. Volker Dehs, La Correspondance de Jules Verne avec Adolphe D'Ennery et Cie à propos des Voyages au théâtre , in BSJV no 198, mai 2019, p. 66
  6. Volker Dehs, La Correspondance de Jules Verne avec Adolphe D'Ennery et Cie à propos des Voyages au théâtre , in BSJV no 199, novembre 2019, p. 26. Volker Dehs s'appuie sur les registres conservés à la bibliothèque de la Société es auteurs et compositeurs dramatiques à Paris.
  7. Françoise Foignet-Dalis est d'abord évoquée, mais Jules Verne la trouve impropre à remplir ce rôle (cf. Lettre de Jules Verne à Ritt et Larochelle du 6 octobre 1878, citée par Volker Dehs, La Correspondance de Jules Verne avec Adolphe D'Ennery et Cie à propos des Voyages au théâtre, in op. cit, p. 65.
  8. Jules Claretie. La vie à Paris - 1905. Bibliothèque Charpentier. Fasquelle éd. 1906. p. 226. Rapporté dans le Bulletin de la Société Jules-Verne no 49. 1979. Page 30.