Kubra Khademi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Kubra Khademi
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalités
Afghane
Française (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Domicile
Formation
Activités
Performeuse, plasticienne, peintre, militante pour les droits des femmesVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Kubra Khademi, née en 1989 à Kaboul, est une artiste féministe afghane, peintre, plasticienne et performeuse, réfugiée à Paris. Elle est chevalière de l'ordre des Arts et des Lettres depuis 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kubra Khademi grandit dans une famille rurale de la province de Ghor[1],[2]. Elle étudie les beaux-arts à l'université de Kaboul avant de fréquenter l'université nationale Beaconhouse à Lahore, au Pakistan, grâce à une bourse d'études. À Lahore, elle commence à créer des performances publiques, une pratique qu'elle poursuit à son retour à Kaboul, où son travail répond activement à une société dominée par une politique patriarcale extrême. Après avoir présenté sa pièce Armor en 2015, Khademi est contrainte de fuir l'Afghanistan en raison d'une fatwa et de menaces de mort.

Pratique[modifier | modifier le code]

Eternal trial (2015)[modifier | modifier le code]

Eternal Trial est une performance vidéo qui consiste en un long plan de Khademi marchant dans un champ vide à Noyers, en France. Alors qu'elle se rapproche de la caméra, on découvre qu'elle cueille des coquelicots sur une robe blanche et les jette dans le champ derrière elle.

Armor (2015)[modifier | modifier le code]

En 2015, Khademi s'est promenée dans une rue de Kaboul vêtue d'une armure métallique faite sur mesure qui mettait en valeur ses seins, ses fesses et son aine. Sous l'armure, Khademi portait un hijab traditionnel. Bien que l'œuvre ait été initialement prévue pour durer vingt minutes, Khademi a été contrainte d'interrompre la performance après seulement huit minutes et de se réfugier dans la voiture d'un ami[3],[4],[5],[6],[7].

Le projet a été inspiré par les expériences personnelles de Kubra en matière de harcèlement, à la fois dans la rue particulière de Kaboul où elle a mis en scène l'œuvre, et en général depuis son enfance. Par ce projet, elle espérait s'attaquer au harcèlement sexuel auquel les femmes afghanes sont confrontées quotidiennement Khademi a déclaré que la performance explorait sa vie en tant que femme et les limitations liées au fait d'être une femme en Afghanistan Après la performance, Khademi a reçu de nombreuses menaces et messages abusifs. En conséquence, elle a été contrainte de fuir l'Afghanistan à pied et vit actuellement en exil en France. Pour Khademi, le résultat de son projet a mis en évidence les problèmes de patriarcat extrême et de déséquilibre social dans la société afghane.

Kubra et les bonhommes piétons (2016)[modifier | modifier le code]

Dans cette œuvre vidéo, Khademi se promène dans les rues de Paris habillé comme un panneau de passage piétons. À la place de la figure masculine verte ou rouge, le panneau affiche une figure féminine. Le costume se compose d'une robe noire et d'une boîte piétonne lumineuse apposée sur sa tête ; dans la pièce, on voit Khademi se tenir à côté des panneaux de signalisation et ajouter la figure féminine au paysage urbain.

Peinture[modifier | modifier le code]

Dans des peintures exposées à paris en 2021, Khademi représente des femmes nues de façon impudique, comme cela était possible dans la tradition afghane, avant l'émergence du mouvement Taliban[1],[2].

Réception[modifier | modifier le code]

Après avoir fui l'Afghanistan et s'être installée en France, Khademi a obtenu une bourse de MFA à l'université Panthéon-Sorbonne et a été décorée du grade de chevalière de l'ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture français[8].

Elle a été l'une des artistes vedettes de WALKING WOMEN (2016), présenté par le Walking Artists Network (en) à Somerset House à Londres[9]

Décoration[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La plasticienne Kubra Khademi utilise l’art pour dénoncer les abus de toutes sortes », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a et b « Avec ses femmes nues, l’artiste afghane Kubra Khademi continue de briser les tabous », sur France 24, (consulté le )
  3. (en) « Afghan artist dons armour to counter men's street harassment », sur the Guardian, (consulté le )
  4. (en-GB) « Afghan artist in hiding after 'iron underwear' stunt », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. (en) « Afghan artist in hiding after sexual harassment protest », sur The Express Tribune, (consulté le )
  6. (en-US) « Afghan woman accused of seeking asylum after 'iron underwear' stunt », sur The Khaama Press News Agency, (consulté le )
  7. « Onze artistes afghans donnent des échos du chaos au MuCEM », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Kubra Khademi awarded Knight of the Order of Arts and Letters by Ministry of Culture, France », sur www.bnu.edu.pk, (consulté le )
  9. (en) « WALKING WOMEN », sur LADA Live Art Development Agency (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]