Kirkman (facteurs de clavecin)

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Clavecin Kirkman 1758

Les Kirkman (variantes : Kirckman, Kirchmann) sont une famille anglaise de facteurs de clavecins, et plus tard de pianos. Ils étaient d'origine alsacienne.

Principaux membres de la famille[modifier | modifier le code]

Jacob Kirkman (4 mars 1710 - 9 juin 1792) naquit à Bischwiller et émigra en Angleterre au début des années 1730. Il travailla auprès de Hermann Tabel, dont il épousa la veuve en 1738. Il resta sans descendants. Il devint sujet britannique en 1755. Il mourut à Greenwich et fut y enterré dans l'église Saint-Alfege.

Abraham Kirkman (1737 - 16 avril 1794), également né à Bischwiller, était le neveu du précédent. Il s'associa avec son oncle en 1772 et mourut à Hammersmith.

Joseph Kirkman I, fils d'Abraham Kirkman, poursuivit l'activité de son père et devint aussi son associé.

Joseph Kirkman II (vers 1790 – 1877), fils du précédent, devint comme lui facteur de clavecins, assistant son père. Ils construisirent leur dernier clavecin en 1809 - le dernier instrument existant encore aujourd'hui étant sorti de leur atelier en 1800.

Les clavecins Kirkman[modifier | modifier le code]

Clavecin Kirckman de 1771

Charles Burney a écrit un abondant témoignage sur Jacob Kirkman et Fanny Burney le qualifia de « premier facteur de l'époque ». Burkat Shudi et lui dominèrent de loin la production anglaise de grands clavecins pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle et nombre de leurs instruments sont conservés aujourd'hui, d'ailleurs deux fois plus de Kirkman que de Shudi. Frank Hubbard écrit qu'ils sont « presque construits en série ».

Kirkman a construit trois modèles de clavecins : un clavecin à un clavier avec deux jeux de huit pieds, un clavecin à un clavier avec deux jeux de huit pied et un jeu de quatre pied, et un clavecin à deux claviers avec deux jeux de huit pied (dont un dogleg) et un jeu de quatre pied. Ce dernier type d'instrument possédait toujours un jeu nasal, appelé lute stop, à savoir un jeu de sautereaux supplémentaires qui pinçait les cordes très près du sillet ; il comportait aussi parfois, mais pas toujours, un jeu de luth très semblable à celui qui existait en France à la même époque. Sur certains instruments tardifs, Kirkman installa un dispositif destiné à faire de nuances, sur le même principe que la boîte expressive de l'orgue : des jalousies en bois placées au dessus des cordes qui pouvaient s'ouvrir ou se fermer à l'aide d'une pédale, pour varier l'intensité du son. Il ajouta aussi un système permettant de changer le mélange des jeux avec une pédale.

Ces instruments ont une étendue de 5 octaves, de fa à fa, avec le plus souvent seulement 60 notes car le premier fa # manque, ou parfois 61 notes.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Discographie

- 6 partitas de Jean Sébastien Bach, par Paul Badura Skoda (clavecin à deux claviers de 1787)

- Œuvres de Handel et Scarlatti, par Martin Souter (clavecin à deux claviers de 1772)

- Œuvres de Scarlatti, par Christophe Rousset (clavecin à deux claviers de 1756)

- Œuvres de Scarlatti et Soler, par Luisa Morales (clavecin à deux claviers de 1798)

- Œuvres de Mozart, Haydn, JC Bach, par Catherine Perrin (clavecin à deux claviers de 1772)

- Œuvres de Thomas Arne, par Christopher Hogwood (clavecin à un clavier de 1766)

- Œuvres de Haydn, par Christine Schornsheim (clavecin à deux claviers de 1777)

- Œuvres de Handel, par Hank Knox (clavecin à deux claviers de 1752)

- Œuvres de Purcell, par Olivier Baumont (clavecin à un clavier de 1752)

- Œuvres de Jacob Kikrman, neveu du facteur de clavecin, par Medea Bindewald (clavecin de 1756)

- Œuvres de Handel, par Erin Helyard (clavecin à un clavier de 1773)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Günther, « Jacques Kirkman, Kirchmann », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 21, p. 196
  • Charles Mould et Peter Mole, "Jacob Kirkman, harpsichord paker to her Majesty", 2016, www.lulu.com
  • Articles connexes