Kenpō kai

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Kenpo Kai.jpg

Le kenpō kai (拳法會) est un art martial japonais d'origine chinoise imprégné des deux cultures.

Kenpō kai signifie « réunion des méthodes du poing » (拳 ken = poing, 法 = méthode, 會 kai = réunion).

Origines[modifier | modifier le code]

Un moine de Shaolin nommé Jiang enseigna à son frère paysan l’art du shaolin quan pour qu’il puisse se défendre (sa famille faisant l’objet d'attaques répétées). L’art fut transmis dans la famille de génération en génération et devint le jiang quan (boxe de la famille Jiang).

Durant l'ère Tokugawa, un jeune aventurier japonais initié à l'art du kashima-shinryū nommé Tawada Ishizaka voyagea en Chine et entra durant de très nombreuses années au service de la famille Jiang. Il parvint à se faire accepter comme élève et finit par être initié à leur art.

De retour au Japon avec son fils Chien Ishizaka, Tawada décida, pour survivre, de monter une troupe théâtrale dont les spectacles étaient basés sur sa maîtrise du jiang chuan. Tawada étant d'un âge avancé, c'est son fils qui en assurera les parties les plus spectaculaires. Avec le temps, il codifia et développa la pratique de son art martial et, peut-être, en y ajoutant quelques éléments du kashima-shinryū qu'il pratiqua durant sa jeunesse. Cela devint un style à part entière, empreint de sa personnalité. Il le transmit à ses descendants et cette pratique deviendra le ishizaka ha kenpō.

Après 1945, le ishizaka ha kenpō survécut à la guerre, à travers Koiso Ishizaka (1915-1966), son frère Kazuo Ishizaka (1921-1998) et le neveu de ce dernier Sotoki Ishizaka (1943-1987).

Sotoki Ishizaka décida de partir en Chine pour retrouver la trace de la famille Jiang. Il la retrouvera à Shanghai rencontrant ainsi le grand maître Hou Rou Jiang (1889-1978), et devint son disciple.

De retour au Japon, il alla voir son oncle Kazuo et, en compagnie de Chiaki Ohashi, ils décidèrent, dès 1967, de partir ensemble tous les ans s'entraîner au jiang quan afin de récupérer les formes et techniques perdues avec le temps.

Ils nommèrent l'art ainsi reconstitué le kenpō kai.

Durant les années 1970, les Ishizaka et Chiaki Ohashi effectuèrent une étude exhaustive de la somme des arts martiaux chinois et japonais en codifiant ses résultats et en y intégrant ainsi l'héritage des deux cultures avec, pour charpente, l'esprit samouraï du bushidō.

La décision est prise de diffuser le kenpō kai à large échelle, y compris aux Non-Japonais, le ishizaka ha kenpō kai étant auparavant réservé et enseigné à la famille ou à des cercles très restreints.

En 1987, maître Sotoki Ishizaka meurt lors d'un accident de voiture au Brésil. En 1998, maître Kazuo Ishizaka meurt à son tour, créant une petite incertitude quant à l'avenir du kenpō kai.

C'est finalement leur fidèle compagnon Chiaki Ohashi qui aura la charge du kenpō kai et qui en deviendra le président mondial en 2000. Il organisera une refonte en l'unifiant au niveau mondial dans le but de le diffuser et obtenir ainsi sa reconnaissance au niveau international.

Techniques[modifier | modifier le code]

Le kenpō kai comporte l'étude des atemi (frappes au corps), des nage, seki, katame, jime (travail de projection, rupture articulaire, contrôle et étranglements) à mains nues et avec armes. Son enseignement actuel a conservé les étapes traditionnellement utilisées.

Son apprentissage comprend le système interne (uchiho) caractérisé par le travail de respiration, méditation, énergie interne, médecine orientale, travail mental.

L'autre partie que comprend le kenpo kai traditionnel est le système externe (sotoho) caractérisé par le développement du contrôle du corps, le durcissement, le maniement d'armes traditionnelles, l'étude des styles de combats d'animaux et l'autodéfense.

Kataiho
Méthode dure. Le kataiho correspond à l'apprentissage du système dur de la méthode de poing qui utilise frappes, blocages et esquives de la distance la plus longue à la plus courte.
Nyuho
Méthode souple. Le nyuho correspond à l'apprentissage du système souple, c'est une méthode de lutte comprenant des saisies, des projections, des immobilisations, des étranglements et des ruptures articulaires.
Kyoho
Méthode hybride. Le système hybride kyoho reprend en fait l'ensemble des connaissances précédemment acquises et les combine. Il s'agit du système complet du kenpo kai pratiqué en tant que méthode d'autodéfense effective.
Armes
Au nombre de douze, les armes sont étudiées à partir de la ceinture bleue. On trouve les traditionnelles ( (bâton), katana (sabre), nawa, kagi bo) ou plus spécifiques au kenpo kai (morote tonfa ou tonfa double).
Katas
Formes ou enchaînements. Dans le kenpo kai, il y a des katas de différents niveaux, s'exécutant seul, avec partenaire, avec arme, concernant la saisie ainsi que des katas de compétition. Pour les ceintures noires, il existe également les formes animales et des katas issues de Shaolin.
Kenpo kai avancé
À partir de la ceinture noire premier dan commence l'apprentissage du kenpo kai avancé. Techniquement et physiquement bien plus exigeant, ce travail n'est possible que lorsque la base est bien acquise et suffisamment comprise.
Formes animales
Il s'agit notamment des techniques issues des formes animales chinoises, en référence aux cinq animaux suivants : le tigre, le singe, le serpent, la grue et l'aigle. Chaque animal fait référence à un élément (terre, bois, métal, feu, eau) et permet de travailler des principes théoriques, mentaux et techniques, un peu comme un exercice de visualisation. Par exemple, le tigre travaillera physiquement de façon directe, utilisera peu de mouvements mais beaucoup de force et de décision. Mentalement, son étude permettra de développer l'agressivité contrôlée ainsi qu'une grande assurance.
Kigei
Dans la partie avancée du kenpo kai se trouvent également les techniques de travail énergétique (kigei) contenant un certain nombre de techniques de respiration. Comme le go ken (forme de respiration dure) qui, en plus d'être un exercice de musculation isotonique, permet de développer la stabilité et la concentration de force dans une zone choisie du corps, cela afin de pouvoir appliquer une force maximale dans les techniques, mais aussi, et surtout, de travailler le corps pour le rendre plus fort et plus résistant. Là débute la technique de santé.
Kampo
Médecine traditionnelle chinoise. Le kampo est composé de techniques de massage shiatsu et anma, de traitement articulaire seifuku, de kyusho (étude des points vitaux) et de quelques autres techniques adaptées à la pratique des arts martiaux.

Compétition[modifier | modifier le code]

En 1976, une branche du kenpo kai sera créée et adaptée en sport de compétition.

L'aspect sportif de la pratique du kenpo kai est une évolution moderne qui permet de mettre en pratique certaines techniques en suivant un règlement préétabli.

Technique ou combat, il s'agit d'une épreuve qui permettra d'acquérir certaines qualités, dont la modestie. En effet, les résultats sportifs, même brillants, sont éphémères.

  • Compétition technique : présentation de katas seul ou avec partenaire, issues du programme d'enseignement.
  • Compétition combat : utilisant des protections,

la compétition en kenpo kai permet la touche au corps à l'exception des poings au visage.

Il existe trois catégories de combats :

  • Light contact (pour les enfants et les débutants) ;
  • Semi-contact (avec plastron et protections adaptées) ;
  • Full contact (réservé aux ceintures marron et noires).
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Organisation[modifier | modifier le code]

L'organisation du Kenpo Kai se compose d'un président mondial, de trois vice-présidents et de représentants délégués pour chaque pays :

  • Président mondial : Chiaki Ohashi, neuvième dan, président IKKO (International Kenpo Kai Organization).
  • Président pour l'Europe : Juan-Mari Vidal, huitième dan, président EKKO (Europe Kenpo Kai Organisation).
  • Président pour la France : Yves Ustariz, sixième dan, président FKKH (France Kenpo Kai Honbu).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Shihan Vidal, Kenpo kai kihon keiko, auto edition, Madrid, 2014, (ISBN 8492428120)
  • Patrick Lombardo, Kenpô, Fragments d'une histoire inconnue, Éditions Budo Editions, Paris, 1995
  • Patrick Lombardo, Encyclopédie mondiale des arts martiaux, Éditions E.M., Paris, 1997
  • Revue Karate Bushido, "Découverte: le kenpo kai", Magazine n°345 mai 2006
  • Revue Karate Bushido,"Kenpo kai, la réunion des méthodes du poing", Magazine n°379 juin 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]

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