Jeunes Tunisiens

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Les Jeunes Tunisiens (حركة الشباب التونسي) sont un mouvement réformateur tunisien qui se veut le porte-parole des « indigènes » tunisiens face au protectorat français.

Il naît grâce à un petit groupe autour de Ali Bach Hamba et Abdeljelil Zaouche (qui sont beaux-frères) et inspiré par Kheireddine Pacha et de Béchir Sfar.

Ils fondent, le 7 février 1907, l'hebdomadaire Le Tunisien dont Bach Hamba est le rédacteur en chef et Zaouche l'administrateur et bailleur de fonds[1]. Il s'agit du premier hebdomadaire tunisien d'expression française tiré à 2 500 exemplaires dont 250 exemplaires gratuits sont distribués dans de nombreux pays (France, Turquie, Égypte, Libye, Inde, Royaume-Uni, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Madagascar, Russie, Maurice, etc.). Il paraît jusqu'au 13 mars 1912[2].

Ils y appellent à des transformations radicales dans les structures pédagogiques, judiciaires, fiscales et administratives de leur pays. Tout en se dissociant des Jeunes-Turcs et des Jeunes Égyptiens, ils encouragent, sous l'influence de Chekib Arslan, le panislamisme comme rattachement culturel et sentimental au reste du monde islamique.

Les Jeunes Tunisiens jouissent d'un large appui parmi les rangs grandissants des Tunisiens ayant suivi une formation en France ainsi que de la part des hommes politiques français de tendance libérale. L'attitude du protectorat à leur égard oscille entre l'encouragement et l'hostilité alors que les dignitaires politiques et religieux locaux restent soupçonneux.

Le mouvement a motivé d'importants événements qui ont constitué les premiers pas du mouvement national tunisien : grève des étudiants de l'Université Zitouna, affaire du Djellaz, boycott des tramways tunisois, etc. L’arrestation de la majorité des fondateurs du mouvement et la suspension du journal Le Tunisien marquent néanmoins l’arrêt de son activité mobilisatrice même si ses projets et ses programmes sont rapidement récupérés après la Première Guerre mondiale par d’autres formations naissantes à l’instar du Destour.

Bien que ce dernier ait abandonné cette option de l'évolutionnisme constructif, ce thème est la pierre triangulaire de la politique d'étapes du Néo-Destour mené par Habib Bourguiba qui conduit la Tunisie vers l'indépendance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sadok Zmerli et Hamadi Sahili, Figures tunisiennes, éd. Dar al-Gharb al-Islami, Beyrouth, 1993, p. 248
  2. Ali Mahjoubi, Les origines du mouvement national en Tunisie (1904-1934), éd. Université de Tunis, Tunis, 1982, p. 138

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noureddine Eddouki, Le mouvement des Jeunes Tunisiens, éd. Institut supérieur de l’histoire du mouvement national, Tunis, 2005
  • Khaled Guezmir, Jeunes Tunisiens, éd. Alif, Tunis, 1986