Jacqueline Pavlowsky

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Jacqueline Pavlowsky
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Jacqueline Pavlowsky, née en 1921 et décédée en 1971, est une peintre française. Elle signait de son nom, mais également « Jacqueline Vladimir-Pavlowsky », « Vladimir » ou « Vladimir Khasarovitch ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le 1er Septembre1921 à Vincennes d'un père russes et d'une mère polonaise, Jacqueline Pavlowsky poursuit après guerre en parallèle ses études de chimie, tout en se consacrant à la peinture. Personnage entier, attachant, « Indépendante, provocante, festive, elle vit librement. Cheveu court, complet veston, cigarette, sa silhouette intimide.»

En 1952, elle se consacre totalement, absolument à son art. Forte de ses connaissances scientifiques, elle cherche une matière mate, animée d'une graphisme sensible. Deux ans plus tard, elle opte pour "l'abstraction informelle", définie par le critique d'art Michel Tapié. Son Oeuvre s'affirme "existentialiste" comme celle de son confrère Wols, qualifiée comme telle par Jean-Paul Sartre.

Trois périodes peuvent être distinguées dans son travail :

  • 1957-1965 : elle travaille la matière avec un raffinement extrême. Les moyens employés sont souvent l’huile et la gouache. Les couleurs sont souvent sourdes, le gris dominant.
  • 1965 : Jacqueline Pavlowsky est victime d’un accident de la circulation. Elle fait connaissance avec le monde de la médecine, de l’hôpital. Elle réalise une série de collages, d'œuvres mixtes, de papiers déchirés.
  • 1965-1971 : son travail s’épanouit dans des couleurs claires et chaudes.

Ses premières œuvres abstraites remontent à 1955. " Epaisse, la matière elle aussi occulte l’espace, privilégie l’empreinte." L’ensemble distill e des sensations d’écorce, de bitume, en tout cas de protection, d’isolement. Elle mêle à l’huile et aux pigments un peu d’enduit ou de gaze de coton. Elle couvre, frotte, fatigue l’épiderme de l’œuvre, la scarifie à l’aide d’un bambou, patine ses couleurs, les tamponne avec un chiffon, trame les épaisseurs … Après sa première exposition personnelle à paris en 1957, son travail évolue. A l’issue d’un séjour à Ibiza, en 1964, des modules géométrisants et des tons vifs commencent à structurer les compositions. « Ma vision habituelle a éclaté. Peindre n’est plus alors un acte d’élaboration, d’intellectualisation sensible, mais une position en totalité et en instantanéité ». Moins nuancées, moins éclatantes, les œuvres évoquent la vision aérienne de paysages cultivés. Les éléments qui les constituent semblent empilés, emboîtés parfois. Allégories de la construction, ils s’apparentent à l’appareil monumental de bâtisses préhistoriques. Appliquée à la spatule ou au couteau, la matière gagne en onctuosité, en sérénité. « Peindre, c’est se jeter dans le vide. L’amour du vide doit être immense pour faire vibrer la forme », confie l’artiste au critique Jean-Dominique Rey. L’abstraction à Paris battait son plein. De nombreux peintres la pratiquent et parmi eux, très peu de femmes. Leur émancipation est encore un combat dont sortent victorieuses quelques fortes personnalités, comme Vieira da Silva, Maria Manton, Anna Shanon, Ida Karskaya et Jacqueline Pavlowsky. Indépendante, provocante, festive, elle vivait librement. Elle rencontre Serge Poliakoff dans un troquet de Pigalle où il joue de la guitare et deviennent rapidement de bons amis. Il habite rue de Seine et elle rue Madame, ils se voient tous les jours et font même de la musique ensemble jusqu'à la mort de Poliakoff en 1965.

Femme émancipée, d’une énergie farouche, elle est condamnée au repos et à une vie calme faite de gestes restreints à la suite d'un accident de voiture la même année. Elle travaille alors le papier, le froisse, le colle pour en faire livres-objets tel Le Livre du Ah (1965 – 1967). Jacqueline Pavlowsky choisit un pseudonyme masculin, avec lequel elle signe désormais certains de ses textes et de ses tableaux: Vladimir Khasarovitch. Elle reprend la plupart de ses toiles, en modifie l'allure, le titre, et à chaque nouvelle étape signe une nouvelle fois. Les titres de ses peintures sont de plus en plus mystérieux.« J’explorais l’illogisme jusqu’au désarroi » , écrit t-elle.

En 1971, apprenant le décès de sa fille, sans savoir que cette dernière s'était suicidé, Jacqueline Pavlowsky met fin à ses jours.

« Son œuvre, aujourd’hui prouve qu’elle a su aller du lyrisme à la rigueur, passer de l’angoisse à la structure, du sentiment à la symphonie. » -- Jean-Dominique REY

Sources: Françoise Monnin, Mars 2007- Galerie 53

Bertrand Cayeux

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1957
    • Galerie Le soleil dans la tête, Paris (exposition personnelle)
    • Galerie Rive droite, Paris
    • Musée d’Art Moderne, Paris, exposition Art Sacré
    • Galerie Legendre, Paris
  • 1958
    • Galerie La Roue, Paris, Catalogue, préface de Michel Ragon, poème de Paul Chaulot, (exposition personnelle)
    • Galerie Lucien Durand, Paris
    • Peintres d’aujourd’hui (Senlis)
    • Musée d’Art Moderne, Paris exposition , Art Sacré
  • 1959
    • Galerie La Roue, Paris
    • Galerie Riquelme, Paris
  • 1960
    • Salon Comparaisons, musée d’Art Moderne, Paris
    • Salons des Réalités Nouvelles, musée d’Art Moderne, Paris
    • Festival de Narbonne
    • Aspects de l’art contemporain, Caen
  • 1961
    • Galerie La Citadella, Ascona, Suisse (exposition personnelle)
    • Galerie Le Fleuve, Paris, Groupe de Jean-Clarence Lambert
    • Galerie K113. Francfort (exposition personnelle)
    • Galerie Horn. Luxembourg (exposition personnelle)
    • Salon Comparaisons, Paris
    • Salon des Réalités Nouvelles, Paris
  • 1962
    • Musée de Dunkerque
    • L'A.P.I.A.W., Salle de l'émulation, Liège
    • Exposition de Poèmes-Objets, Lyon, Nice
    • Galerie de L'Université, Paris (exposition personnelle )
    • Les Dix ans de Temps mêlés. Musée de Verviers
    • Galerie La Citadella, Les 10 ans de la Galerie Citadella, Ascona, Suisse
    • Salon des Réalités Nouvelles, Hôtel des Monnaies, Lille
  • 1963
    • Musée de Reims. Art contemporain. Réalisation d'un vitrail par le maître -verrier Paul Viriglio
    • Salon Salon des Réalités Nouvelles, Musée d'Art Moderne, Paris
    • Musée de Reims, art contemporain
    • Galerie 7. L’œil de Bœuf
    • Musée d’Anvers
    • Musée de Bruges
    • Galerie Saint Laurent, Bruxelles
    • Galerie Ravenstein, Bruxelles
    • Le Bastion Saint-André, Antibes
    • White & Black, Galerie Houston-Brown, Paris
  • 1964
    • Galerie Riquelme, Paris
    • Galerie La Vieille Echoppe, Saint Paul de Vence
    • Salon des Réalités Nouvelles, Musée d’Art Moderne, Paris
    • Galerie Horn, Luxembourg, Les peintres de la Roue à Luxembourg
  • 1965
    • Publication aux Éditions Temps Mêlés, Ambiphibographie et Macédoïconographie, verviers, Belgique.
    • Théâtre: les marionnettes de la Tour-du-Monte-à-Voir exposé au Musée des Art Décoratifs, Paris
    • Galerie Saint-Laurent Du Pont, Grenoble
    • Galerie La Roue, Paris
    • Salon des Réalités Nouvelles, Musée d’Art Moderne, Paris
  • 1966
    • Galerie Nora, Jérusalem
    • Galerie La Citadella, Ascona, Suisse
    • Galerie Horn, Luxembourg
    • Musée des Beaux-arts, Liège, les vingt ans de l' A.P.I.A.W
    • Musée d'Art Moderne, Paris, Acquisitions récentes
    • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • 1967
    • Le Livre du Ah! : album de collages
    • Salon des Réalités Nouvelles, Musée d'Art Moderne, Paris
    • Galerie Horn, Luxembourg, Exposition Internationale de gravures.
  • 1968
    • Galerie La Roue, Paris, Exposition Zéro-point
  • 1969
    • Galerie La Roue, Paris
  • 1970
    • Publications pseudonyme Vladimir Khasarovitch, Éditions Temps Mêlés, Verviers Système métrique angelométrigue ou principes d'angélographie cristalline, illustration de Jacqueline Pavlowsky.
    • Galerie La Roue, Paris, J. Vladimir-Pavlowsky
    • Galerie Yellow. Bruxelles, Montage médico-vétérinaires et dessins d’hôpital
    • IVème festival artistique de Pezenas en Languedoc, J. Vladimir Pavlowsky
  • 1973
    • Galerie "L'œil de bœuf" (Madame Ceres Franco) "6 flamboyants" : Cherkaoui, Pavlowsky, Chavignier... tous décédés avant 50 ans.
    • Galerie 31, Paris, "Hommage à Jacqueline Pavlowsky ", catalogue, préface de René Massat, "Jacqueline Pavlowsky ou la tentation indispensable de peindre ".
  • 1990
    • Galerie Le Temps de Voir, Maillot près de Sens
  • 2007
    • Galerie « 53 » Paris, « La tentation indispensable de peindre »


COLLECTIONS PUBLIQUES

  • Musée D'Art Moderne de la Ville de Paris
  • Musée d'État, Francfort, Allemagne
  • Musée de la ville de Francfort, Allemagne
  • Cabinet Royal des Estampes, Bruxelles

Publications[modifier | modifier le code]

  • Amphibographie et macedoïconographie, Verviers, 1965, Temps- Meles, Belgique[réf. nécessaire].
  • Système métrique angelométrique ou principes d'angelographie cristalline, Verviers, 1970, Temps- Meles, Belgique[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Huile sur Toile

L'œuvre de Jacqueline Pavlowsky se déploie sur plusieurs supports et techniques : huile sur toile, gouache sur papier, collage, carton brûlé, bois. Par ailleurs, plusieurs œuvres mèlent la poésie et l'art graphique.

Notes et références[modifier | modifier le code]