JN-25

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JN-25 est le nom donné par les cryptanalystes alliés au chiffre opérationnel de la marine impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

Principe[modifier | modifier le code]

"JN-25 (Japanese Navy 25)" est un chiffrement par substitution à répertoire couplé à un chiffrement symétrique.

Le chiffreur ouvre le répertoire des groupes-codes, comprenant de 20 000 à 30 000 entrées, selon la version. Chaque entrée est un mot, un groupe de mots, une phrase conventionnelle, le nom d'une unité, le nom d'un lieu, etc. À chaque entrée correspond un groupe-code de 5 chiffres, et un seul. Le chiffreur code le message à l'aide des groupes-codes en ligne sur une rangée horizontale.

Chaque groupe-code est ensuite chiffré, par addition d'un groupe-clef de 5 chiffres. L'addition est effectuée sans retenue. Les groupes-clefs sont listés dans un autre manuel, qui contient trois mille tables additives, ce qui fait trois mille points de départ possible. En principe, le point de départ est pris au hasard.

  • (Groupe code) + (groupe-clef) = (groupe surchiffré).

L'ensemble des groupes surchiffrés constitue le message surchiffré. Les coordonnées du point de départ des groupes-clefs sont indiquées au début du message (ex. p 16, colonne 3, rangée 7 = 1637) avec d'autres données, déguisées ou non (date-heure d'émission, nombre de groupes surchiffrés, etc.). Le message est passé aux opérateurs radio. Il est émis en morse, chaque chiffre de 0 à 9 est remplacé par une lettre : ONZSMATRWV.

À l'autre bout du réseau, les opérateurs radio notent le message en chiffres. Le déchiffreur note le point de départ des groupes-clefs dans le manuel des tables additives. Il effectue des soustractions sans retenues. Par sécurité, il vérifie que la somme des chiffres de chaque groupe-code obtenu est divisible par 3.

  • (Groupe surchiffré) - (groupe-clef) = (groupe-code).

À l'aide du répertoire, le chiffreur convertit les groupes-codes...

Tentatives[modifier | modifier le code]

Du côté allié, le message est enregistré et recopié. Il y a des trous, il manque des chiffres, voire des groupes entiers...

Dès 1939, les spécialistes en cryptanalyse britanniques, néerlandais, australiens et américains se sont intéressés à ce code d'un type considéré comme dépassé depuis 1917. Cependant, les messages sont encore trop peu nombreux pour donner prise à une analyse en profondeur basée sur les mots probables. Les services alliés ne décryptent que dix pour cent des messages au maximum, les plus simples. La guerre change la donne.

Les deux livres (groupes-codes et groupes-clefs) ont été modifiés plusieurs fois. Pas assez souvent pour interdire la reconstitution partielle des tables. Le système aurait été fiable, si le livre des groupes-clefs (tables additives) avait été utilisé de manière plus aléatoire. Mais le caractère fastidieux du cryptage et du décryptage a enclin les chiffreurs à faire trop souvent partir les groupes-clefs du même endroit.

À la veille de la bataille de la mer de Corail, un tiers du trafic JN-25, mais le plus important, est décrypté par la station d'Hawaï de l'OP-20-G.

Succès alliés[modifier | modifier le code]

La bataille de la mer de Corail, la bataille de Midway et l'interception de l'avion de l'amiral Yamamoto sont des succès initialisés par des décryptages du JN-25. Des décryptages de JN-25 préviennent les Britanniques des grands raids de l'aéronavale japonaise contre Ceylan. Plus tard, d'autres décryptages permettent l'attaque des bases navales de Sumatra par les porte-avions britanniques. En mai et juin 1945, dans la baie du Bengale, d'autres succès de la Royal Navy sont initiés par des décryptages de JN-25.

Article connexe[modifier | modifier le code]