Hypergamie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Sur les autres projets Wikimedia :

L’hypergamie est pour un individu le fait d'avoir un conjoint dont le niveau social est plus « élevé », ou plus généralement, dans une société, le fait de préférer des alliances avec un conjoint de statut plus élevé. On parle d'hypergamie féminine lorsque le statut de la femme est inférieur à celle du mari, et d'hypergamie masculine dans cas inverse.

L'hypergamie féminine est dominante dans les sociétés occidentales[1]. Selon le sociologue Michel Bozon, elle n'est généralement pas le résultat d'une stratégie d'ascension sociale mais s'explique par le fait que la majorité des femmes occupent des positions professionnelles inférieures aux hommes[2]. Selon une étude américaine sur les préférences dans le choix de partenaires (en), les hommes recherchent préférentiellement chez les femmes la santé et la beauté, les femmes accordent plus d'importance au statut, à la réussite professionnelle et à l'ambition chez les hommes[3]. Ces tendances hypergamiques ont entrainé en France un taux de célibat supérieure à la moyenne au sein de la population des femmes les plus diplômées et des hommes les plus pauvres. L'hypergamie féminine tend toutefois à se réduire, au moins pour les femmes les plus diplômées[4].

Autre sens : L'hypergamie est l'union répétitive au sein d'un réseau familial étroit poursuivie sur plusieurs générations ; exemple : Cléopatre est le fruit de plusieurs générations d'incestes : relation générationnelle hypergamique. En Inde, l'hypergamie est pratiquée dans les castes supérieures, mais pose aux familles les plus hautes un vrai problème, car elles sont obligées de pratiquer l'hypogamie pour les filles à marier, d'où parfois la "solution" de l'infanticide dans les années 1930, pour éviter le "problème" de mariage à une caste inférieure. Le cas Khabou Dhin est resté célèbre. Khabou Dhin, membre de la caste des Rajput à Kangra en Inde du Nord a été condamné par les Anglais pour avoir tué ses deux filles plutôt que de les marier à une caste inférieure[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, par exemple, Un désert matrimonial, hervé Flanquart, terrain n°33, septembre 1999 (lire en ligne)
  2. Michel Bozon, François Héran, La formation du couple, La Découverte,‎ , p. 67
  3. (en) Todd K. Shackelford, David P. Schmitt, David M. Buss, « Universal dimensions of human mate preferences », Personality and Individual Difference, vol. 39,‎ , p. 447–458 (lire en ligne)
  4. M. Bouchet-Valat « La fin de l'hypergamie féminine ? L'inversion du sens de l'écart entre diplômes des conjoints au fil des cohortes en France », Centre de recherche en économie statistique, n° 2014-50, 2014
  5. Cité par J. P. Parry dans la revue L'homme, Caste and Kinship in Kangra, 1980, n°2, p 150-153.

Articles connexes[modifier | modifier le code]