Hermanfred

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Hermanfred ou Hermanfried (Du germanique hari « armée », man « homme » et frid « paix » ) est roi des Thuringes, fils de Basin.

À la mort de Basin, le royaume aurait été partagé entre ses trois fils, Badéric, Hermanfred et Berthaire.

Hermanfred avait pour épouse une nièce de Théodoric, la terrible Amalaberge. D'après Grégoire de Tours, Hermanfred tua son frère Berthaire, puis, pour venir à bout de Bodevie, fit appel à son voisin de l'ouest Thierry Ier en lui promettant la moitié de son royaume. Victorieux, il se hâta d'oublier sa promesse. Alors, le roi franc, soutenu et accompagné par son frère Clotaire, engagea une seconde campagne. Les Thuringiens de Hermanfred furent complètement défaits dans la bataille et massacrés en masse au bord de l'Unstrut[1].

Hermanfred périt dans des circonstances obscures[2], sa femme et ses enfants réussirent à s'échapper et se réfugièrent à Ravenne. Dans le butin ramené par Clotaire figurait une toute jeune nièce d'Hermanfred, fille de Berthaire, qui fut tirée au sort avec son frère, également nommé Hermanfred[réf. à confirmer][3],[4], entre Clotaire et Thierry. Le lot échut à Clotaire qui l'épousa de force plus tard, avant qu'elle ne devienne sainte Radegonde.

Son fils Amalafrid sera au service de l'empereur byzantin Justinien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grégoire de Tours, Livre III : les Thuringiens, voyant qu’on faisait parmi eux un grand carnage, et que leur roi Hermanfred avait pris la fuite, tournèrent le dos, et arrivèrent au bord du fleuve de l’Unstrut ; et là, il y eut un tel massacre des Thuringiens que le lit de la rivière fut rempli par les cadavres amoncelés, et que les Francs s’en servirent comme de pont pour passer sur l’autre bord.
  2. Chez Grégoire de Tours (Histoire des Francs III, 8) Thierry qui a fait la paix avec son ennemi se promène en sa compagnie sur les remparts de Tolbiac lorsque tout à coup, « poussé par je ne sais qui » il tombe dans le vide et s'écrase au pied de la muraille ; beaucoup auraient reconnu là une ruse de Thierry. Pour Frédégaire (III, 32), le meurtrier est Thibert. Le Liber Historiae Francorum, à la suite de Grégoire, accuse Thierry et ajoute qu'il fit également périr les enfants d'Hermanfred. C'est cette dernière version qui passa par Aimoin dans les Grandes Chroniques.
  3. Patrick Périn et Gaston Duchet-Suchaux, Clovis et les mérovingiens. Collection Historia, éditions Tallandier, p. 98 :

    « Tirée au sort entre les deux rois francs, elle échut, avec son frère Hermanfried, à Clotaire et fut conduite à la villa royale d'Athies en Vermandois. »

  4. Patrick Périn et Gaston Duchet-Suchaux ne précisent pas d'où ils tiennent le nom du frère de Radegonde. Il ne se trouve ni dans Grégoire de Tours, ni dans Venance Fortunat, ni dans Baudonivie.