Henri Maitre

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Henri Maître
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CambodgeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Henri Maître, né le et mort assassiné le à Ban-Poutop (Cambodge), est un explorateur et écrivain français, qui vécut notamment en Indochine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre des services civils d'Indochine, il fut un acteur majeur de l'implantation française au Cambodge où il mena des expéditions d'exploration et de pacification des tribus indigènes de 1905 à 1911. À son retour, il fait paraître Les régions moï du Sud Indochinois[1] et surtout Les Jungles Moï[2], ouvrage dans lequel il donne les résultats de sa mission et pour lequel il reçut un prix de la société de Géographie de Paris. Au cours de cette mission de colonisation, il se découvrit un intérêt profond pour les langues et cultures des tribus des hauts plateaux du Cambodge. Au cours d'une révolte menée par le chef Pa Trang Loeung, Henri Maitre est assassiné dans le village de Ban-Poutop le , ce qui marque un coup d'arrêt d'une quinzaine d'années dans la pénétration française au Cambodge. Sa tombe, qui n'avait jusqu'alors été visitée que par deux Français en 1940, a récemment été retrouvée dans la forêt cambodgienne par une équipe menée par un chercheur du réseau Asie & Pacifique[3].

L'écrivain Roland Dorgelès lui rendit hommage dans son ouvrage Route des tropiques[4], le surnommant "l'explorateur qui cherchait des chansons". Il décrit également son œuvre et son assassinat dans son ouvrage Chez les beautés aux dents limées[5].

L'ethnologue et écrivain Jean Boulbet raconte lui aussi l'histoire d'Henri Maître dans le documentaire L'ultime interview de Jean Boulbet - Henri Maître et l'identité ethnique des Proto-Indochinois de 22 min 54 s réalisé par Pierre Le Roux et Peter Livermore en 2004[6].

Extraits[modifier | modifier le code]

  • « Que l'on se hâte d'étudier ces tribus, encore magnifiquement sauvages, indépendantes et heureusement parfois belliqueuses ; étudions-les comme des sujets précieux qui vont disparaître ; dans quelques années ils seront civilisés, par conséquent perdus, moralement et physiquement, pourris et gangrenés » (Les Jungles Moï).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les régions moï du Sud Indochinois, Paris, Plon, 1909.
  2. Les Jungles Moï, préface de M. Stéphen Pichon, Paris, Larose, 1912. Le texte est consultable sur Gallica : lien
  3. article journal Moussons
  4. Route des tropiques, Paris, Albin Michel, 1944.
  5. Chez les beautés aux dents limées, Laboratoires Martinet, 1930
  6. Institut d'ethnologie, Faculté des sciences sociales, Université de Strasbourg, « L'ultime interview de Jean Boulbet (Henri Maitre et l’identité ethnique des Proto-Indochinois) - 2004 » (Film documentaire de 22 min 54 s réalisé par Pierre Le Roux et Peter Livermore, Biographie de Jean Boulbet et Résumé du film), sur ethnologie.unistra.fr (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Baudrit, Henri Maitre explorateur de l'Indochine Sud-Centrale, Saigon 1936.
  • André Baudrit, Une visite au tombeau de l'explorateur Henri Maitre, Saigon 1940.
  • André Baudrit, Deux lettre inédites de l'explorateur Henri Maitre, Saigon 1943.
  • Mathieu Guérin, Paysans de la forêt à l'époque coloniale : la pacification des aborigènes des hautes terres du Cambodge (1863-1940), Association d'Histoire des Sociétés Rurales, 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]