Glissement sémantique

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Un glissement sémantique ou glissement de sens est le fait qu'un mot ou une expression acquiert au fil du temps un sens différent de celui d'origine, ce qui peut donner lieu à des quiproquos ou des incompréhensions entre locuteurs. Ce type de glissement entraîne souvent un besoin de clarification sémantique[1]. Le glissement sémantique, en ajoutant un nouveau sens ou emploi à un mot, est un facteur de polysémie.

Usages[modifier | modifier le code]

Le glissement sémantique, qui est une des formes du changement sémantique, est souvent l'œuvre du temps et de l'évolution naturelle des langues, sans que les locuteurs en soient clairement conscients. Mais il existe aussi de nombreux usages volontaires et parfaitement conscients du glissement sémantique, avec des intentions politiques ou idéologiques ou des motivations qui relèvent du marketing ou encore de la création poétique.

Le glissement sémantique, parmi d'autres procédés rhétoriques, figure parmi les techniques linguistiques qui caractérisent le politiquement correct, la langue de bois. Un de ses effets est souvent de permettre un euphémisme[2].

Le glissement sémantique est abondamment utilisé dans le monde d'internet par les spécialistes de l'optimisation pour les moteurs de recherche.

Le glissement sémantique peut résulter, dans la création poétique, de jeux linguistiques consistant à détourner le sens des mots et de la phrase et à changer sa référence. Ce procédé a été utilisé notamment par les dadaïstes, les surréalistes, les lettristes.

Le mot néosémie est parfois utilisé pour désigner le même concept. Il a été popularisé par François Rastier et Mathieu Valette en 2009[3], mais était déjà employé avant eux[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vandaele, S. (1999) « Dérive sémantique et terminologique en traduction médicale », Actes du XVe congrès mondial de la FIT (Fédération internationale des traducteurs) « Traduction – transition », Mons, Belgique, 6-10 août 1999, vol. 1, p. 315-321 (présentation en ligne).
  2. Annabelle Seoane, « Deux néologismes par glissement sémantique : quand l’euphémisme cristallise », La Linguistique, 52, 2016/2, p. 271-290.
  3. « De la polysémie à la néosémie », texto ! Textes & Cultures, XIV-1, 2009 (en ligne). Le mot neosemy a été mis à la mode en anglais, dans le même sens, par P. Stockwell, The Poetics of science fiction, Londres, Longman, 2000.
  4. Daniel Gouadec, Terminologie : constitution des données, Paris, AFNOR, 1990, p. 23 ; Lexicon des Romanistischen Linguistik, vol. I, 2 (2001), p. 916.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annabelle Seoane, « Deux néologismes par glissement sémantique : quand l’euphémisme cristallise », La Linguistique, 52, 2016/2, p. 271-290.
  • Armelle Boussidan, Sylvain Lupone, Sabine Ploux, « La malbouffe : un cas de néologie et de glissement sémantique fulgurants », in Du thème au terme, émergence et lexicalisation des connaissances. 8e Conférence internationale Terminologie et intelligence artificielle, Toulouse, 2009 (en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]