Frances Spence

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Frances Spence
Two women operating ENIAC.gif
Les programmeuses Betty Jean Jennings (à gauche) et Fran Bilas (à droite) utilisant le panneau de contrôle principal de l'ENIAC.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
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Women in Technology International (en)
Women in Technology Hall of Fame (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Frances V. Spence (née Bilas le et morte le [1]) est l'une des premières programmeuses pour l'ENIAC (le premier ordinateur numérique). Elle est considérée comme l'une des pionnières de l'histoire de la programmation informatique.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Frances V. Bilas est née à Philadelphie en 1922, et est la deuxième de cinq sœurs[2]. Ses parents travaillent tous deux dans le secteur de l'éducation, son père en tant qu'ingénieur du Système d'écoles publiques de Philadelphie et sa mère en tant que professeure.

Bilas fréquente le lycée pour filles de Philadelphie et en sort diplômée en 1938. Elle s' inscrit d'abord à l'Université Temple, mais elle passe ensuite au Chestnut Hill College après avoir obtenu une bourse d'études. Elle obtient un diplôme en mathématiques avec une option mineure en physique en 1942. C'est là qu'elle rencontre Kathleen Antonelli, qui devient plus tard également une programmeuse de l'ENIAC. En 1947, elle épouse Homer W. Spence, un ingénieur électricien de l'armée de l'Aberdeen Proving Ground, qui est été assigné au projet ENIAC et qui devient plus tard chef de la Division de recherche informatique. Elle continue à travailler sur l'ENIAC dans les années après la guerre, mais peu de temps après son mariage, elle démissionne pour fonder une famille. Elle a trois garçons : Joseph, Richard, et William.

Carrière au sein du projet ENIAC[modifier | modifier le code]

L'ENIAC est un projet classifié de l'Armée américaine visant à construire le premier ordinateur numérique électronique. Alors que ses composant physiques sont construits essentiellement par une équipe d'hommes[3], son développement informatique est mené par une équipe de six programmeuses (appelées Calculatrices), toutes des femmes avec un parcours similaire à celui de Frances. En dépit de son importance en tant que l'une des premières programmeuses de l'ENIAC, le rôle qu'elle et les autres femmes programmeuses tiennent est largement minimisé à l'époque en raison du stéréotype selon lequel les femmes ne sont pas intéressées par la technologie. Des photos de ces femmes travaillant sur l'ordinateur sont souvent publiées sans mentionner leur nom dans les journaux à l'époque, et quand l'ENIAC est achevé et présenté au public le 15 février 1946, l'Armée américaine omit de nommer les programmeuses qui ont permis à la machine d'exécuter des calculs complexes[4]. Cela contribue également à l'idée que les femmes ne sont pas faites pour l'informatique.

Spence et les autres femmes sont initialement embauchées par l'école d'ingénieur Moore School of Engineering de l'Université de Pennsylvanie, au sein d'une équipe de 80 femmes, pour créer l'ENIAC, qui est nécessaire pour le calcul de trajectoires balistiques. La Moore School of Engineering est financée par l'Armée américaine, qui embauche à l'époque des femmes programmeuses car de nombreux jeunes hommes américains combattent à l'étranger dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale. Bilas et sa camarade du Chestnut Hill College Kathleen Antonelli font partie d'une petite équipe au sein du projet de l'ENIAC. En plus de leurs tâches de programmation les plus importantes, elles sont aussi affectées à l'exploitation d'une machine analogue de calcul connue sous le nom d'analyseur différentiel, et qui est utilisée pour calculer des équations balistiques (chose que toutes les femmes qui travaillaient sur l'ENIAC avaient l'habitude de faire à la main). Une fois la guerre terminée, Frances et Kathleen continuent à travailler sur l'ENIAC et elles collaborent avec d'autres grands mathématiciens[5].

Héritage[modifier | modifier le code]

En 1997, Frances est intronisée dans le Hall of Fame de l'organisation Women in Technology International[6] avec les autres programmeuses originelles de l'ENIAC. Leur travail a ouvert la voie pour les ordinateurs de l'avenir, et leur capacité d'innovation a permis d'amorcer la montée de l'électronique, de l'informatique et de la programmation informatique dans l'après-Seconde Guerre mondiale[7].

L'équipe de l'ENIAC a inspiré le documentaire primé de 2013 The Computers. Ce documentaire, créé par Kathy Kleiman et le projet des programmeurs de l'ENIAC, combine des images de l'équipe de l'ENIAC des années 1940 avec des interviews des femmes membres de l'équipe qui se penchent sur leur première collaboration dans le cadre du projet ENIAC[8]. C'est le premier documentaire d'une série de trois, et les deuxième et troisième parties s'appelleront respectivement The Coders et The Future-Maker[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Frances B. Spence », genealogybank (consulté le 1er décembre 2013)(subscription required).
  2. « Frances V. Spence profile », Frances Spence, IEEE Global History Network (consulté le 30 octobre 2014).
  3. « The Forgotten Female Programmers Who Created Modern Tech », NPR (consulté le 1er novembre 2014)
  4. « Programming the ENIAC », Columbia University (consulté le 2 novembre 2014)
  5. « Famous Women in Computing », LinuxChix Magazine (consulté le 1er novembre 2014)
  6. « WITI Hall of Fame », WITI - Women in Technology International, WITI - Women in Technology International (consulté le 27 octobre 2013)
  7. « Penn Library Exhibitions », University of Pennsylvania, Penn Library (consulté le 15 janvier 2017)
  8. « The Computers Documentary », The ENIAC Programmers Project (consulté le 2 novembre 2014)
  9. « History's Female Programmers Will No Longer Be Forgotten », ReadWrite (consulté le 2 novembre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]