Aller au contenu

Frédéric Ferrer (metteur en scène)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Frédéric Ferrer
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Frédéric Yves FerrerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Frédéric Ferrer, né à Lyon le , est un auteur, acteur et metteur en scène français. Il dirige depuis 2001 la compagnie Vertical Détour basée à Coubert, en Seine-et-Marne.

Frédéric Ferrer suit un double cursus en géographie et arts du spectacle. Il suit les cours de Blanche Salant et Paul Weaver à l'Atelier international de Théâtre[1]. Agrégé de géographie en 1991, il crée son premier spectacle en 1994 avec Liberté à Brême de Rainer Werner Fassbinder.

Il conçoit ensuite des spectacles à partir de ses propres textes. Il interroge notamment les figures de la folie (Apoplexification à l’aide de la râpe à noix de muscade et Pour Wagner) et les dérèglements du monde, notamment la problématique du réchauffement climatique, à travers plusieurs cycles de créations.

Avec Les Chroniques du réchauffement, il propose ainsi depuis 2005 une exploration des paysages humains du changement climatique avec les spectacles Mauvais Temps, Kyoto Forever, Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le réchauffement climatique, Sunamik Pigialik ? et Kyoto Forever 2[2],[3]). Comment Nicole a tout pété, créé en 2025, met en jeu un débat sur une vraie mine de lithium située dans l'Allier[4],[5].

Avec l'Atlas de l’anthropocène, il développe depuis 2010 (création de À la recherche des canards perdus) un cycle artistique de cartographies théâtrales du monde, « entre conférences décalées et performances farfelues »[6]. Relèvent de cette série Les Vikings et les satellites, Les Déterritorialisations du vecteur[7], Pôle Nord, Wow !, De la morue et Le Problème lapin[8],[9].

À partir de 2017, il développe un nouveau cycle, Borderline(s) Investigations, où il interroge les frontières et les limites du monde. Il crée en 2017 la performance Borderline(s) Investigation # 0 après avoir effectué des vols paraboliques en apesanteur avec l'Observatoire de l'espace du CNES, puis le spectacle Borderline(s) Investigation #1 qui met en jeu - et joue avec - les signaux de l’effondrement[10],[11], et en 2022 Borderline(s) Investigation #2.

De 2019 à 2024, il mène un cycle artistique en partenariat avec La Villette, Olympicorama, proposition de mise en jeu et de questionnement des jeux olympiques, en plusieurs saisons et plusieurs épreuves, où il invite à chaque fois, entre conférence et rencontre/débat, des personnalités du monde du sport et des champions et championnes olympiques[12],[13],[14].

En dehors de ces cycles, il présente au Festival d’Avignon Allonger les toits, avec le chorégraphe Simon Tanguy (dans le cadre des "Sujets à Vif"), et Le Sujet des Sujets, en 2017, un spectacle créé à l’invitation du Festival et de la SACD pour célébrer les 20 ans des Sujets à Vif[15].

Les spectacles de Frédéric Ferrer sont créés à partir de sources documentaires, d’enquêtes de terrain et de collaboration avec des laboratoires de recherche scientifique[16]. Dans sa démarche il développe un rapport pataphysique à son sujet, et c’est souvent armé de courbes, diagrammes et Powerpoint qu’il tente sur scène de quantifier l’inquantifiable, de rationaliser ce qui ne peut l’être, dans une quête toujours vaine à circonscrire le réel qui fait ressortir le caractère absurde, loufoque et poétique de son entreprise[17]. Ses spectacles sont présentés dans de nombreux théâtres et festivals en France et à l’étranger.

En 2001, il crée sa propre compagnie, Vertical Détour[18]. Après avoir dirigé Les Anciennes Cuisines de 2005 à 2015, une fabrique artistique implantée à l’Hôpital psychiatrique de Ville-Evrard il développe depuis , Le Vaisseau, un lieu de fabrique implantée au Centre de Réadaptation de Coubert, établissement de l’UGECAM Île-de-France en Seine-et-Marne où sont accueillis des artistes en résidence et où sont développées des actions artistiques avec les publics du centre et les habitants du territoire[19].

Frédéric Ferrer est Chevalier des Arts et des Lettres et a été lauréat de l’Aide à la création dramatique du Centre National du Théâtre.

  • La Parole Errante, 2001, Scène nationale d’Évreux.
  • Apoplexification à l'aide de la râpe à noix de muscade, 2004, Les Anciennes Cuisines, Ville-Évrard.
  • Lettres de Ville-Évrard, 2006, Les Anciennes Cuisines, Ville-Évrard.
  • Mauvais Temps, 2006, Confluences, Paris.
  • Pour Wagner, 2007, Les Anciennes Cuisines, Ville-Évrard.
  • Kyoto Forever, 2008, Les Anciennes Cuisines, Ville-Évrard.
  • À la recherche des canards perdus – cartographie 1, 2010, Festival Passes-Portes, Île-de-Ré.
  • Les Vikings et les satellites – cartographie 2, 2010, Rencontres d'été de la Chartreuse, Villeneuve-lez-Avignon.
  • Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le réchauffement climatique, 2010 , Domaine d'O, Montpellier.
  • Les Déterritorialisations du vecteur – cartographie 3, 2012, Domaine d'O, Montpellier[7].
  • Pôle nord – cartographie 4, 2013, Soirées nomades de la Fondation Cartier, Paris.
  • Sunamik Pigialik, 2014, La Friche / Amin Théâtre, Viry-Châtillon.
  • Kyoto Forever 2, 2015, Maison des Métallos, Paris.
  • WOW ! - cartographie 5, 2015, Théâtre du Rond-Point, Paris.
  • Allonger les toits, 2017, La Rose des Vents, Villeneuve d'Ascq.
  • Le Sujets des sujets, 2017, Festival d'Avignon.
  • De la morue - cartographie 6, 2017, Le Vaisseau-fabrique artistique, Coubert.
  • Borderline(s) Investigation #0, 2018, Festival Sidération, CNES, Paris.
  • Borderline(s) Investigation #1, 2018, Théâtre Nouvelle Génération, CDN de Lyon.
  • Borderline(s) Investigation #2, 2022, Théâtre Nouvelle Génération, CDN de Lyon
  • Olympicorama, 2019 à 2024, La Villette, Paris.
  • Le Problème lapin - cartographie 7, 2021, Maison des Métallos, Paris.
  • Comment Nicole a tout pété, 2025, Théâtre Durance, Scène Nationale de Château-Arnoux.

Publications

[modifier | modifier le code]

Plusieurs pièces de Frédéric Ferrer ont été publiées aux éditions de L'Œil du souffleur :

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Frédéric Ferrer », sur librairievo.com (Nouvelle librairie internationale V.O.) (consulté le )
  2. « «Kyoto Forever 2», chaud devant », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Avant la COP21, la pièce “Kyoto forever 2” réchauffe le cœur », sur Télérama.fr (consulté le )
  4. « « Comment Nicole a tout pété » de Frédéric Ferrer : une alternative poétique à la fièvre du lithium - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
  5. Jean-Luc Porquet, « Comment Nicole a tout pété », Le Canard enchaîné, no 5491,‎ , p. 7 (lire en ligne Accès limité)
  6. Anthony Palou, « Frédéric Ferrer: «En tant qu’auteur de théâtre, les sujets climatiques posent des milliards de questions» » Accès limité, sur lefigaro.fr, (consulté le )
  7. a et b « Frédéric Ferrer : Les déterritorialisations du vecteur (cartographie 3) », sur centrepompidou.fr (consulté le )
  8. Jade Lindgaard, « Les canards de la Nasa et le réchauffement: un spectacle climatique! », sur Mediapart (consulté le )
  9. « Théâtre. Frédéric Ferrer, l’anthropocène sur scène », sur L'Humanité, (consulté le )
  10. « Retour de vol zero-g pour Frédéric Ferrer », sur www.cnes-observatoire.net (consulté le )
  11. Vincent Bouquet, « Borderline(s) Investigation #1 de Frédéric Ferrer », sur Sceneweb, (consulté le )
  12. « Jeux Olympiques ou réchauffement climatique, rien n'arrête Frédéric Ferrer, le savant-fou du théâtre », sur Télérama.fr (consulté le )
  13. « Avec “Olympicorama”, Frédéric Ferrer se lance dans une longue traversée oblique des Jeux Olympiques », sur Les Inrocks (consulté le )
  14. « Frédéric Ferrer - Olympicorama - Saison 2 - La Villette - Paris », sur lavillette.com (consulté le )
  15. « Le sujet des sujets - Festival d'Avignon », sur www.festival-avignon.com (consulté le )
  16. « Aux frontières de l’ignorance », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Le chaos mis en colloque par Frédéric Ferrer », sur Libération.fr, (consulté le )
  18. Sophie Rahal, « Le Goût de la performance », Télérama sortir, no 3884,‎ , p. 13
  19. Marie-Pierre Bologna, « Quand l'asile de Ville-Evrard devient théâtre », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

[modifier | modifier le code]