Flora Steiger-Crawford
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Flora Crawford |
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| Père |
Archibald Crawford (d) |
| Conjoint |
Rudolf Steiger (d) |
| Enfant |
Peter Steiger (d) |
Flora Steiger-Crawford, née le à Bombay et morte le à Zurich, est une architecte, designeuse et sculptrice suisse. En 1923, elle devient la première femme diplômée d'architecture de l’École polytechnique de Zurich. Son premier bâtiment, la Maison Sandreuter à Riehen, compte parmi les premiers exemples du mouvement Neues Bauen en Suisse. Elle abandonne la profession d'architecte en 1938 et se consacre à la sculpture.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Flora Crawford est née le 1er septembre 1899 à Bombay où la famille. Elle est la plus jeune des six enfants de Marie Veillon, une suissesse, et Archibald Crawford, un ingénieur électricien d'origine écossaise dirigeant une entreprise d'électrotechnique[1][2][3].
En 1912[4], après le divorce de ses parents, elle retourne en Suisse avec sa mère qui s'installe à Zurich[3].
Très tôt, elle veut devenir sculptrice mais ses parents souhaitent qu'elle apprenne un métier qui lui permette de gagner sa vie[5].
En 1919, elle commence des études à l'Ecole polytechnique de Zurich où elle est l'élève de Gustav Gull et Karl Moser et devient, en 1923, la première architecte diplômée cette école[2][1].
Elle épouse Rudolf Steiger (de) en 1924[1]. Ils ont deux fils qui seront architecte également, Peter (de) en 1928 et Martin en 1935 .
Architecte
[modifier | modifier le code]Elle travaille dans le bureau Pfleghard & Haefeli à Zurich avant d´ouvrir une agence d'architecture à Riehen en 1924, puis à Zurich en 1925, avec son mari[1]. Tous deux participent à la fondation du Mouvement moderne en Suisse[6].
Ils réalisent en 1924 la maison Sandreuter à Bâle qui est considéré comme la première maison du Neues Bauen de Suisse[1].
Flora Steiger-Crawford participe à tous les projets de l'agence, mais se concentre particulièrement sur les maisons particulières et l'architecture intérieure[1][5].
Elle réalise seule trois immeubles d'habitation sur la rive gauche du lac de Zurich : les maisons Widmer et Koelsch à Rüschlikon en 1936-1937, et la maison Güller à Kilchberg en 1938[2].
Le sanatorium Bella Lui
[modifier | modifier le code]Avec son mari, elle réalise, en 1930, le sanatorium Bella Lui sur le plateau de Crans-Montana (1928-1930. Les grands balcons baignés de soleil, côté sud, témoignent de la qualité architecturale du bâtiment. Flora Steiger-Crawford en réalise seule la décoration intérieure et le mobilier. Le sanatorium est transformé en hôtel pour sportifs juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il sert temporairement de refuge et de centre de réinsertion pour les rescapés juifs. Par la suite, il connaît encore plusieurs changement d'affectation tout en conservant sa structure et son caractère d'origine. En 2003, il est classé monument historique par le canton du Valais et restauré. Le mobilier original de Flora Steger-Crawford est toujours visible sur place[6].
Maison Zett
[modifier | modifier le code]Le couple réalise la Maison Zett à Zurich (1930-1932), pour Flora Steiger-Crawford conçoit le bâtiment d'angle à la volumétrie complexe et la chaise empilable en fer plat chromé[2].
Cité Neubühl
[modifier | modifier le code]Flora Steiger-Crawford participe également à des projets collectifs avec des architectes tels que Paul Artaria, Hans Schmidt, Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Robert Maillart. Confrontés à une forte demande en logements en Suisse, ils expérimentent, entre la fin des années 1920 et le début des années 1930, un concept de logement novateur à travers des projets à petite échelle, aboutissant à la construction du domaine Werkbundsiedlung Neubühl (de) à Zurich[6].
Architecte d'intérieur
[modifier | modifier le code]Vers 1930, Flora Steiger-Crawford, parfois en collaboration avec Rudolf Steiger, conçoit divers meubles et luminaires, principalement pour le sanatorium Bella Lui et la société Wohnbedarf AG à Zurich. En 1931, elle aménage l'intérieur d'un atelier de tissage (avec sa sœur Lilly Humm-Crawford) et deux appartements pour l'exposition de logements du domaine Werkbundsiedlung Neubühl (de) (1930-1932) à Zurich-Wollishofen[2][5].
Sa réalisation iconique est sans doute la chaise empilable en métal, Stapelstuhl, pour la Maison Zett en 1932[1].
La chaise Zett, ainsi que d'autres créations de Flora Steiger-Crawford, sont aujourd'hui produites et commercialisées par des entreprises internationales. Des pièces originales sont vendues aux enchères. Élégantes, fonctionnelles et adaptées à la production de masse, ses créations représentent l'apogée du design du Mouvement moderne[6].
Fin de carrière
[modifier | modifier le code]En 1938, elle quitte la profession d'architecte et ouvre son premier atelier de sculptrice à Zurich, d'abord au Stauffacherquai, puis Bergstrasse 57 dans le nouveau domicile du couple[1][3][5].
De 1948 à 1960, elle est membre du comité d’exposition du Kunsthaus de Zurich[3].
Elle reprend cependant l'architecture en 1959, pour la construction de la maison familiale au nord de Zurich dans le Doldertal avec son mari et leur deux fils. La maison Steiger offre un modèle d'habitat et de construction modernes[2][7].
Sculptrice
[modifier | modifier le code]Flora Steiger-Crawford pratique la sculpture très tôt. Ses premiers portraits de famille datent de 1918. A partir de années 1920, elle bénéficie des conseils des sculpteurs Ernst Kissling (de), Rudolf Müller (de) et [3]Karl Geiser (de). En 1937, elle séjourne plusieurs mois à Paris auprès du sculpteur Louis Conne à Paris[3].
Flora Steiger-Crawford travaille exclusivement l'argile et le plâtre et travaille essentiellement le portrait et le corps humain[3]. Elle reste résolument attachée à la tradition figurative moderne non avant-gardiste qui domine la sculpture suisse de l'entre-deux-guerres[3].
Ses premiers portraits, de style expressionniste, montrent l'influence de Wilhelm Lehmbruck[3]. Après 1930, son style évolue vers une plus grande objectivité[3].
Après 1945, elle développe un type de figure juvénile et agile dans des études et quelques sculptures plus grandes que nature[3].
Dans les années 1960, en dialogue avec les sculptures de Giacometti, elle réalise des études de figures aux proportions allongées, à la manière de Giacometti[3].
L'œuvre de Flora Steiger-Crawford comprend une centaine de sculptures, dont certaines en bronze. Ses œuvres ne figurent ni dans les collections muséales ni dans l'espace public[3].
Flora Steiger-Crawford est membre de la Société suisse des femmes peintres et sculpteurs de 1938 à 1991[1].
Elle décède à Zurich le 30 juillet 1991[1]. Elle est enterrée au cimetière Witikon (de) de Zurich.
En 2011, une place est inaugurée en son honneur à Zurich[6].
Expositions
[modifier | modifier le code]Expositions collectives
[modifier | modifier le code]- 1958 : Exposition suisse du travail des femmes (SAFFA) à Zurich[3]
- 1954 : Première Exposition suisse de sculpture à Bienne[3]
- 1975 : Sixième exposition suisse de sculpture, Bienne[3]
Expositions individuelles
[modifier | modifier le code]- 1961 : Galerie Läubli, Zurich (sculptures et dessins)[3]
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (de) Marianne Burkhalter, Jutta Glanzmann, Evelyne Lang-Jakob, Flora Steiger-Crawford : 1899-1991, Zurich, gta, , 170 p. (ISBN 3-85676-112-8)
- (en) Marianne Burkhalter et Christian Sumi, Rudolf Steiger and Flora Steiger-Crawford: Haus Steiger, Doldertal, Zürich 1959, Lars Müller Publishers,
- (de) Isabelle Rucki (éd.) et Dorothee Huber (éd.), Architektenlexikon der Schweiz 19./20. Jahrhundert, 1998, 510-511
- (de) Jutta Glanzmann (éd.), Flora Steiger-Crawford 1899–1991, gta Verlag, , 172 p. (ISBN 978-3-85676-112-7)
- Evelyne Lang, Les Premières femmes architectes de Suisse : Thèse de doctorat ès sciences, Lausanne, EPFL, , 680 p. (lire en ligne), p. 535-574
- (de-CH) Bruno Maurer, Zürcher Architektinnen. Zwölf Porträts – elf Bauten, Ausst.-Kat. Stadelhofer, Zurich, Passage,
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Evelyne Lang Jakob, « Steiger-Crawford, Flora », sur Dictionnaire historique de la Suisse, (consulté le )
- « Flora Steiger-Crawford (1899–1991) | gta Archiv », sur archiv.gta.arch.ethz.ch (consulté le )
- (en) Franz Müller, « Steiger-Crawford, Flora | SIK-ISEA Recherche », sur recherche.sik-isea.ch, (consulté le )
- ↑ ou 1904, selon les source
- Evelyne Lang, Les Premières femmes architectes de Suisse : Thèse de doctorat ès sciences, Lausanne, EPFL, , 680 p. (lire en ligne), p. 535-574
- (es) ~ Cayetana Mercé, « Flora Steiger-Crawford 1899-1991 », sur UN DÍA | UNA ARQUITECTA, (consulté le )
- ↑ Marianne Burkhalter et Christian Sumi, Rudolf Steiger and Flora Steiger-Crawford: Haus Steiger, Doldertal, Zürich 1959, Lars Müller Publishers,