Carte stéréoscopique

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Carte stéréoscopique et stéréoscope de Holmes

Les cartes stéréoscopiques sont des photographies en relief stéréoscopique, très en vogue à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, tirées par contact sur papier et collées sur une carte de format normalisé, ou bien imprimées, à observer au moyen d'un stéréoscope de Holmes, dit encore stéréoscope mexicain.


Un phénomène historique mondial[modifier | modifier le code]

Il existe des cartes françaises, anglaises, allemandes, italiennes... Mais le phénomène ne s'est développé nulle part autant qu'aux États-Unis : les cartes américaines sont de loin les plus abondantes, les plus soignées, aussi.

Les thèmes[modifier | modifier le code]

Le tour du monde en relief

Le tombeau de Laurent de Médicis, à une exposition au Crystal Palace, Londres, vers 1870

En l'absence de télévision, et même de technique d'impression photographique (les journaux de cette époque ne peuvent publier que des gravures au trait, souvent issues de photographies), on peut admirer le monde en vrais tirages photographiques, et de plus, en relief. Ce réalisme documentaire fait que l'on achète quantité de vues stéréo pour le plaisir et pour l'éducation des enfants.

Les grands de ce monde

La stéréoscopie montre les dirigeants politiques, religieux, comme ils sont vraiment et non en profil de médailles, comme ils l'étaient depuis l'antiquité. Les portraits de Napoléon III, Abraham Lincoln sont bien connus, tout comme ceux des papes de l'époque.

La vie quotidienne

On s'intéresse aux petits métiers de la rue, mais aussi aux activités exotiques ou coloniales.

Théâtre et humour

La carte stéréoscopique s'efforce d'être un théâtre ouvert sur le monde, jusque dans ses fenêtres arrondies dans la partie supérieure, imitant la forme des scènes du monde entier.

Une autre spécialité stéréoscopique est l'apparition de fantômes effrayants ou des danses macabres appelées "diableries", également en vogue dans le précinéma : les deux disciplines sont souvent liées par une même inspiration.

On relève aussi des exemples de vues humoristiques prises en studio, qui, dès les années 1850, montrent des individus désopilants qui reçoivent des seaux d'eau sale ou se cassent la figure sur des meules de foin.

Des scènes poignantes montrent aussi les amours contrariées de Roméo et Juliette, ou du fils de la voisine qui est parti soldat.

Scènes bibliques

Elles sont de deux sortes : reconstitutions en plâtre, ou bien scènes en studio, bien plus réalistes, mais pas très crédibles. Des images antireligieuses se vendent aussi aux amateurs du genre, nombreux à cette époque.

Vues érotiques

Il en faut. En photo, et en relief, quelle force de suggestion ! De pauvres filles, dénudées, se prêtent à ce commerce, qui a toujours été florissant.

Vues pour la rééducation oculaire

Contrairement aux précédentes, ces vues-là sont destinées à redresser les yeux. On en trouve chez les ophtalmologistes, sous différentes formes, et jusqu'à nos jours.

Les cartes pour stéréoscope de Holmes[modifier | modifier le code]

Dessins stéréoscopiques

On eut besoin de montrer des images stéréoscopiques dès l'invention du stéréoscope (Charles Wheatstone, 1838). Or à cette époque, la photographie n'était pas reproductible. Il y eut donc des dessins, des gravures, puis des daguerréotypes stéréoscopiques.

Vues photographiques en noir et blanc

Dès qu'il fut possible de tirer des vues sur papier en séries d'après négatif, on put diffuser et vendre des stéréoscopes et des vues photographiques en stéréo, en nombre, dès le Second empire.

Vues coloriées à la main

On tenta de donner encore plus de réalisme par des touches de couleurs exécutées à l'aquarelle et au pochoir.

Vues peintes avec effet de transparence

Ces vues ne présentent pas le même aspect suivant qu'on les observe en éclairage direct, ou bien par transparence : on voit par exemple un monument de jour, et le même de nuit à travers la flamme d'une bougie.

Vues imprimées

Lithographies, puis vues tramées en noir et blanc et en couleurs apparurent dès le début du XXe s.

Le format carte postale[modifier | modifier le code]

Des séries économiques de cartes postales imprimées en noir et blanc furent proposées en pochettes de papier cristal, dès que ce fut techniquement possible.

Vers 1900, l'épicier Julien Damoy, dont le vin est justement renommé, se fait pour l'occasion éditeur de cartes postales stéréoscopiques, pour lesquelles il fait construire un très joli stéréoscope à prismes, avec des optiques de qualité, livré dans un écrin gainé de la meilleure facture.

Un nouveau départ grâce à l'image numérique[modifier | modifier le code]

La technique numérique étant actuellement plus apte à produire des tirages papier de qualité que des vues transparentes adaptées aux stéréoscopes classiques à oculaires et verre dépoli, certains adeptes préfèrent produire sans grande difficulté (grâce à des logiciels), leurs cartes stéréoscopiques, à partir de fichiers d'images numériques prises en stéréoscopie. Le résultat est gratifiant, l'image prenant une forme physique très plaisante.

Galerie[modifier | modifier le code]

Images sélectionnées pour la qualité du relief :

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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