Bataille de Chrysopolis

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Bataille de Chrysopolis
Description de cette image, également commentée ci-après
À gauche : buste de Licinius, musées du Vatican, à Rome ;
à droite : tête d'une statue de Constantin, musées du Capitole, à Rome.
Informations générales
Date
Lieu Chrysopolis, aujourd'hui Üsküdar, Turquie
Issue victoire de Constantin
Belligérants
LiciniusConstantin
Commandants
LiciniusConstantin
Coordonnées 40° 01′ 00″ nord, 29° 02′ 00″ est

La bataille de Chrysopolis a vu s'affronter Constantin et Licinius, rivaux pour la domination de l'Empire romain, le [1]. Les combats se sont déroulés à Chrysopolis (aujourd'hui Üsküdar), dans la Turquie actuelle, sur la rive asiatique du Bosphore. Constantin en sort victorieux et devient le seul empereur.

Cette bataille constitue l'affrontement final des deux coempereurs qui se sont déjà combattus à Andrinople quelques semaines plus tôt. Après une nouvelle défaite lors de la bataille de l'Hellespont, Licinius ramène ses troupes de Byzance vers Chalcédoine, sur l'autre rive du Bosphore, qui dépend à l'époque de la Bythinie. Constantin le poursuit et réussit à le vaincre dans l'affrontement qui s'ensuit. La victoire de Constantin le laisse unique empereur, ce qui met fin à la période de la Tétrarchie.

Contexte[modifier | modifier le code]

La marine de Licinius a subi une sévère défaite à la bataille de l'Hellespont. Son amiral, Abantus, est défait par le fils de Constantin, Crispus, malgré la supériorité en nombre de ses forces[2],[3]. Cette victoire permet à Constantin de traverser le détroit du Bosphore et de faire passer son armée en Asie Mineure, en évitant l'armée de Martinien, récemment nommé coempereur par Licinius, qui gardait la côte de l'Hellespont, à hauteur de Lapseki[4]. Après la destruction de ses forces navales, Licinius évacue la garnison de Byzance qui rejoint son armée à Chalcédoine, sur la rive asiatique du Bosphore. Il demande à Martinien et à un groupe d'auxiliaires wisigoths de le rejoindre pour renforcer son armée affaiblie par sa précédente défaite lors de la bataille d'Andrinople[5],[6].

Bataille[modifier | modifier le code]

L'armée de Constantin débarque sur la rive asiatique du Bosphore et se dirige vers le sud en direction de Chalcédoine. Licinius déplace son armée à sa rencontre, vers le nord, en direction de Chrysopolis. Les troupes de Constantin atteignent les environs de Chrysopolis avant celles de Licinius. Constantin décide de prendre l'initiative. L'aspect religieux du conflit se retrouve dans les armées des deux protagonistes : Licinius dispose, à la tête de ses forces, de nombreuses images des divinités traditionnelles romaines quand les forces de Constantin se regroupent derrière le labarum, symbole chrétien. Apparemment, la bataille ne donne pas lieu à de grandes manœuvres tactiques, elle se résume à un assaut frontal massif des troupes de Constantin contre celles de Licinius, qu'elles mettent en déroute[6],[7]. Constantin remporte une victoire décisive dans cet affrontement de grande ampleur. L'historien Zosime (Ve-VIe) rapporte qu'« il y a eu un grand massacre à la bataille de Chrysopolis »[8]. Les pertes de l'armée de Licinius se seraient élevées à environ 25 à 30 000 morts, auxquels il faut ajouter plusieurs milliers de déserteurs[5]. Licinius réussit à s'enfuir et regroupe environ 30 000 survivants dans la ville de Nicomédie[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. De Clercq, p. 186
  2. Volz, p. 201.
  3. Mitchell, p. 66.
  4. Grant 1985, p. 236.
  5. a et b Grant 1985, p. 46-48
  6. a et b Odahl 2004, p. 180
  7. Eusébio, cp. 17
  8. Zósimo, 2.22.7.
  9. Parker et Warmington 1958, p. 261.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Victor Cyril De Clercq, Ossius of Cordova : A Contribution to the History of the Constantinian Period, coll. « Studies in christian antiquity » (no 13), , 561 p. (OCLC 875691039)
  • (en) Michael Grant, The Roman Emperors : A biographical Guide to the Rulers of Imperial Rome 31 BC-AD 476, Londres, Weidenfeld & Nicolson, , 367 p. (ISBN 978-0-297-81565-5 et 978-0-297-78555-2)
  • (en) Michael Grant, The Emperor Constantine, Londres, Phoenix Giant, , 267 p. (ISBN 978-0-753-80528-2)
  • (en) Vasiliki Limberis, Divine Heiress : the Virgin Mary and the creation of Christian Constantinople, London ; New York, Routledge, , 199 p. (ISBN 978-0-415-64296-5)
  • (en) Stephen Mitchell, History of the Later Roman Empire, Ad 284–622 Lpc : AD 285–476, Oxford, Blackwell, coll. « history of the ancient world », , 320 p. (ISBN 978-1-405-10857-7 et 978-1-405-10856-0)
  • (en) Charles M. Odahl, Constantine and the Christian Empire, New York, Routledge, (1re éd. 2004), 400 p. (ISBN 978-0-415-17485-5 et 978-0-415-38655-5)
  • (en) H. M. D Parker et B. H. Warmington, A history of the Roman world from A.D. 138 to 337, Methuen,
  • (en) Carl A Volz, Faith and Practice in the Early Church : Foundations for Contemporary Theology, Minneapolis, Augsburg Pub. House, , 223 p. (ISBN 978-0-806-61961-3)