Base64

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En informatique, base64 est un codage de l'information utilisant 64 caractères, choisis pour être disponibles sur la majorité des systèmes. Défini en tant qu'encodage MIME dans le RFC 2045, il est principalement utilisé pour la transmission de messages (courrier électronique et forums Usenet) sur l'Internet. Il est par ailleurs défini en propre dans le RFC 4648.

Description[modifier | modifier le code]

Un alphabet de 65 caractères est utilisé pour permettre la représentation de 6 bits par un caractère simple. Le 65e caractère (signe « = ») n'est utilisé qu'en complément final dans le processus de codage d'un message.

Ce processus de codage consiste à coder chaque groupe de 24 bits successifs de données par une chaîne de 4 caractères simples. On procède de gauche à droite, en concaténant 3 octets pour créer un seul groupement de 24 bits (8 bits par octet). Ils sont alors séparés en 4 nombres de seulement 6 bits (qui en binaire ne permettent que 64 combinaisons). Chacune des 4 valeurs est enfin représentée (codée) par un caractère simple et prédéfini de l'alphabet retenu. (Table ci-dessous.)

Ainsi 3 octets quelconques sont remplacés par 4 caractères simples, choisis pour être compatibles avec tous les systèmes existants.

Chaque valeur (chaque groupe de 6 bits) est utilisée comme index dans la table ci-dessous. Le caractère correspondant est indiqué dans la colonne codage.

        Valeur Codage         Valeur Codage         Valeur Codage         Valeur Codage
      0 000000 A           17 010001 R           34 100010 i           51 110011 z
      1 000001 B           18 010010 S           35 100011 j           52 110100 0
      2 000010 C           19 010011 T           36 100100 k           53 110101 1
      3 000011 D           20 010100 U           37 100101 l           54 110110 2
      4 000100 E           21 010101 V           38 100110 m           55 110111 3
      5 000101 F           22 010110 W           39 100111 n           56 111000 4
      6 000110 G           23 010111 X           40 101000 o           57 111001 5
      7 000111 H           24 011000 Y           41 101001 p           58 111010 6
      8 001000 I           25 011001 Z           42 101010 q           59 111011 7
      9 001001 J           26 011010 a           43 101011 r           60 111100 8
     10 001010 K           27 011011 b           44 101100 s           61 111101 9
     11 001011 L           28 011100 c           45 101101 t           62 111110 +
     12 001100 M           29 011101 d           46 101110 u           63 111111 /
     13 001101 N           30 011110 e           47 101111 v
     14 001110 O           31 011111 f           48 110000 w        (complément) =
     15 001111 P           32 100000 g           49 110001 x
     16 010000 Q           33 100001 h           50 110010 y

Un traitement spécial est effectué si moins de 24 bits sont disponibles à la fin de la séquence de données à coder (elle n'a pas forcément une taille multiple de 24 bits). Dans un tel cas, des zéros sont ajoutés à la droite des données initiales pour aller vers le multiple de 6 bits le plus proche. Chaque paquet de 6 bits est converti dans l'alphabet. Puis on ajoute des caractères « = » complémentaires pour former quand même 4 caractères.

Puisque les données d'entrée doivent être constituées d'un nombre entier d'octets, seuls trois cas sont possibles en fin de séquence :

  • il reste exactement 3 octets à coder (24 bits), alors on obtient directement 4 caractères sans traitement complémentaire ;
  • il reste seulement 2 octets (16 bits) à coder, alors on ajoute 2 zéros à droite pour former 3 caractères de l'alphabet (3×6 = 16+2 = 18 bits) suivis d'un quatrième caractère « = » en complément ;
  • il reste un seul octet (8 bits) à coder, alors on ajoute 4 zéros à droite pour former 2 caractères de l'alphabet (2×6 = 8+4 = 12 bits) suivis de deux caractères « = » en complément.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

On reproche souvent à ce codage une augmentation de la taille de données. Car les caractères de codage (ceux de l'alphabet) sont généralement stockés ensuite selon la table ASCII habituelle. Ce qui mobilise un octet pour chaque caractère. Bien sûr, toutes les possibilités de la table ASCII ne sont pas utilisées, l'objectif étant de se restreindre à certains caractères.

Il faut néanmoins 32 bits (4×8) pour en stocker 24 (3×8) dans les systèmes habituels. C'est alors une augmentation d'au moins 33 % de la taille.

On reproche aussi souvent à ce codage d'être illisible au premier regard humain. Contre ces défauts, si la majorité des caractères d'un texte initial sont déjà « simples » (c'est-à-dire compatibles avec tous les systèmes), on peut envisager de ne coder que les caractères problématiques. Voir par exemple pour cela l'encodage Quoted-Printable.

Intérêt[modifier | modifier le code]

L’intérêt de l'encodage base64 ne se trouve donc pas dans la représentation de données textuelles, mais surtout dans la représentation de données binaires.

Lorsque l’on veut représenter des données binaires (une image, un exécutable) dans un document textuel, tel qu’un courriel, la simple transcription des 0 et des 1 utilise en ASCII un octet pour chaque bit : soit une augmentation de la taille d’un facteur 8. L'encodage en base64 permet en fait de limiter cette augmentation.

Par ailleurs, le reproche fait sur la lisibilité des données tombe de lui-même dans ces conditions : les données binaires n’ont pas vocation à être compréhensibles sans interprétation par un logiciel dédié (cas d’une image, par exemple).

base64url[modifier | modifier le code]

Le document RFC 4648 prévoit une alternative pour un encodage compatible avec les noms de fichiers et les URI. En effet les caractères 62 (+) et 63 (/) peuvent poser problème avec certains systèmes de fichiers et dans les URI. La solution retenue consiste à remplacer ces caractères respectivement par un moins (-) et un souligné (_). Le caractère de complément reste le « = », mais peut être ignoré. Ce système est par exemple utilisé pour la réduction d'URL.

        Valeur Codage         Valeur Codage         Valeur Codage         Valeur Codage
      0 000000 A           17 010001 R           34 100010 i           51 110011 z
      1 000001 B           18 010010 S           35 100011 j           52 110100 0
      2 000010 C           19 010011 T           36 100100 k           53 110101 1
      3 000011 D           20 010100 U           37 100101 l           54 110110 2
      4 000100 E           21 010101 V           38 100110 m           55 110111 3
      5 000101 F           22 010110 W           39 100111 n           56 111000 4
      6 000110 G           23 010111 X           40 101000 o           57 111001 5
      7 000111 H           24 011000 Y           41 101001 p           58 111010 6
      8 001000 I           25 011001 Z           42 101010 q           59 111011 7
      9 001001 J           26 011010 a           43 101011 r           60 111100 8
     10 001010 K           27 011011 b           44 101100 s           61 111101 9
     11 001011 L           28 011100 c           45 101101 t           62 111110 - (minus)
     12 001100 M           29 011101 d           46 101110 u           63 111111 _ (underline)
     13 001101 N           30 011110 e           47 101111 v
     14 001110 O           31 011111 f           48 110000 w        (complément) =
     15 001111 P           32 100000 g           49 110001 x
     16 010000 Q           33 100001 h           50 110010 y

Exemple[modifier | modifier le code]

Prenons le groupe de 3 caractères « Hi! ». Ci-dessous la première ligne indique en binaire l'équivalence de ces 3 octets. La transformation consiste comme on peut le voir, à séparer les bits pour former en sortie 4 groupes de 6 bits :

01001000 01101001 00100001 ⇔ 010010 000110 100100 100001

Les 4 groupes de 6 bits en sortie nous donnent les valeurs 18, 6, 36 et 33. Ainsi en suivant la correspondance de la table indexée nous obtenons les 4 caractères « SGkh ».

Avec la commande base64 sous Linux :

$ echo Hi! | base64
SGkh

Exemple avec OpenSSL[modifier | modifier le code]

Encodage d'un fichier texte en base64 :

$ openssl enc -base64 -in monfichier.txt -out monfichier.b64

Décodage d'un fichier texte en base64 :

$ openssl enc -d -base64 -in monfichier.b64 -out monfichier.txt

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ressources[modifier | modifier le code]