Arthur-Marie Le Hir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Arthur-Marie Le Hir, né à Morlaix le et mort à Paris le , est un bibliste et orientaliste français. Il fut le maître d’Ernest Renan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entré au Séminaire Saint-Sulpice, à Paris, en 1833, Arthur-Marie Le Hir rejoignit les Sulpiciens après son ordination et fut nommé professeur de théologie. Il enseigna ensuite l’Écriture sainte et l'hébreu, disciplines auxquelles l’avait formé Antoine Garnier, un érudit qui selon Ernest Renan possédait une excellente connaissance des langues proche-orientales et était le meilleur expert français en matière d’exégèse catholique[1].

L’abbé Le Hir continua d’enseigner jusqu'à sa mort, une trentaine d'années plus tard. Il eut pour élève Augustin Crampon, futur traducteur de la Bible. De par son propre travail et par l’intermédiaire d'Ernest Renan, il exerça une influence déterminante sur le renouveau des études bibliques et orientales en France.

Ernest Renan voyait en Le Hir l’ecclésiastique le plus remarquable de son temps[2]. Il le tenait pour le meilleur spécialiste français de sa génération dans le domaine de l’hébreu et du syriaque, et il admirait en lui un éminent bibliste, grand connaisseur des travaux des universitaires allemands de son époque. Il écrit à son sujet :

« La supériorité de M. Le Hir venait surtout de sa profonde connaissance de l'exégèse et de la théologie allemandes. Ce qu'il trouvait dans cette interprétation de compatible avec l'orthodoxie catholique, il se l'appropriait. En critique, les incompatibilités se produisaient à chaque pas. En grammaire, au contraire, l'accord était facile. Ici M. Le Hir n'avait pas de supérieur. Il possédait à fond la doctrine de Gesenius et d'Ewald, et la discutait savamment sur plusieurs points. Il s'occupa des inscriptions phéniciennes et fit une supposition très ingénieuse, qui depuis a été confirmée. »

— Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse

C’est à tort que l’on a pu attribuer à Le Hir et aux « messieurs de Saint-Sulpice » le fait que Renan se soit éloigné de la religion, ainsi qu’il l’explique lui-même[3].

L'abbé Le Hir ne publia que quelques articles, rassemblés avec d’autres textes dans les deux volumes intitulés Études bibliques, Paris, 1869. Ses autres écrits, tous posthumes, portent sur la traduction et l'exégèse de certaines œuvres : Le Livre de Job (Paris, 1873); Les Psaumes (Paris, 1876), Les Trois Grands Prophètes Isaïe, Jérémie, Ézéchiel (Paris, 1876), Le Cantique des Cantiques (Paris, 1888).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, 1883, p. 269.
  2. Renan, op. cit., p. 273.
  3. Renan précise dans Souvenirs d'enfance et de jeunesse : « De très bons esprits m’ont quelquefois fait entendre que je ne me serais pas détaché du catholicisme sans l’idée trop étroite […] que mes maîtres m’en donnèrent. Certaines personnes rendent un peu Saint-Sulpice responsable de mon incrédulité et lui reprochent, d’une part, de m’avoir inspiré pleine confiance dans une scolastique impliquant un rationalisme exagéré ; de l’autre, de m’avoir présenté comme nécessaire à admettre le summum de l’orthodoxie […]. Cela est tout à fait injuste. Dans leur manière de présenter le christianisme, ces messieurs de Saint-Sulpice, en ne dissimulant rien de la carte de ce qu’il faut croire, étaient tout simplement d’honnêtes gens. »

Sources[modifier | modifier le code]