Armand Niquille

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Armand Niquille
Nom de naissance Armand Marius Niquille
Naissance
Fribourg, Suisse
Décès
Fribourg, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Profession

Armand Niquille, né le à Fribourg, mort le à Fribourg, est un peintre suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Armand Marius Niquille, originaire de Charmey, est le fils de Césarine Niquille née Barbey, épouse d'Auguste. Enfant illégitime, il semble que le mystère autour de ses origines ait eu une incidence déterminante sur sa création[1]. Il entame une formation artistique en 1927 au Technicum de Fribourg. Dès 1940, il est régulièrement engagé comme restaurateur d'œuvres d'art par le Musée d'art et d'histoire de Fribourg, puis enseigne le dessin au Collège Saint-Michel de 1947 à 1977.

Le 28 mars 1949, il épouse Simone Bluette Amey, née à La Sagne le 18 mars 1916 et décédée à Fribourg le 31 décembre 2001, fille de Marcel Amey et de Rosa Tissot. En tant que spécialiste de la dorure à la feuille, elle confectionnera les cadres des tableaux du peintre.

Bien que de caractère discret et humble (certains de ses tableaux sont signés Nihil, « rien »), Armand Niquille sera honoré par plusieurs expositions rétrospectives de son vivant dans le canton de Fribourg. De nombreuses publications de personnalités contemporaines contribueront à sa notoriété.

Formation artistique[modifier | modifier le code]

De 1927 à 1931, il suit les cours du Technicum de Fribourg, dans la section arts décoratifs. Ses professeurs sont les peintres Hiram Brülhart, Oscar Cattani, Henri Robert et Oswald Pilloud. Il y apprend la « peinture de chevalet » et découvre les techniques de la peinture à l'huile et a tempera.

Cette formation sera complétée par la fréquentation rapprochée du patrimoine artistique de la région, grâce à une activité de restaurateur d'art, exercée en collaboration avec son épouse: « En redonnant aux œuvres d'autrefois leur vigueur primitive, Niquille a sondé les secrets de leurs auteurs, son propre métier s'est enrichi de procédés (...) Ainsi le peintre a fréquenté constamment l'atelier imaginaire des maîtres fribourgeois (...) »[2].

Pendant la deuxième guerre mondiale, il fait la connaissance d'artistes réfugiés en Suisse, parmi lesquels Balthus. Ces rencontres encourageront Niquille à persévérer dans sa démarche artistique : «(...) il y a des gens encore plus rares comme le peintre Balthus. Planté dans la tradition, dans le métier lent et sûr, dans des compositions admirables et sans concessions. Je suis honoré d'avoir été son ami, et il m'a suffisamment influencé pour que j'évite les petites modes printanières qui naissent chaque année au creux des grandes villes. »[3]

Après la guerre, des voyages en France, en Espagne et en Italie parachèvent son éducation esthétique et renforcent son appréciation des maîtres anciens.

L'œuvre picturale[modifier | modifier le code]

« Je suis un réaliste diurne, et un surréaliste nocturne avec un soubassement impressionniste »[4]

Dès 1929, et ce jusqu'à sa mort, les mêmes préoccupations traversent la création artistique de Niquille, « un double cheminement »[5] qui conduit la critique à étudier son œuvre en termes de thématiques plutôt qu'en périodes. Les tableaux dits « diurnes » ont pour sujet la réalité profane. Il s'agit d'une peinture de paysages, en particulier les nombreuses vues de Fribourg.

Ces représentations de la ville, lyriques et colorées dans les œuvres de jeunesse, prendront avec la maturité un tour plus dépouillé, voire fantastique, à la recherche d'un absolu géométrique relevant les contrastes entre l'ancien et le moderne, le naturel et le construit au sein de la ville. L'autre pan de la création picturale de Niquille est celui de la peinture nocturne: celle des allégories mystiques, des réflexions personnelles autour des mystères de la foi, parfois inspirées par la littérature chrétienne. Ces toiles s'approchent davantage de l'abstraction et portent souvent au dos des commentaires écrits par le peintre et faisant partie intégrante de l'œuvre.

À ces deux catégories s'ajoutent quelques portraits et autoportraits, ainsi qu'environ 75 natures mortes. Celles-ci ont un statut d'intermédiaires : à mi-chemin entre la peinture diurne et nocturne, le peintre cherchant à « insuffler dans ses natures mortes le mystère du sacré »[6].Admirateur de l'art du Moyen-Âge[7] et de la Renaissance, Armand Niquille utilise des techniques picturales anciennes. Il attache aussi une importance particulière au respect des lois de la composition, ainsi qu'à la rigoureuse organisation de l'espace par la traditionnelle mise au carré, méthode apprise au Technicum[8]. Membre de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses (SPSAS, l'actuelle Visarte) il participe régulièrement aux expositions collectives de ce groupe.Bien qu'éloignée des courants artistiques du XXe, sa création picturale témoigne d'une vraie modernité. Sa peinture reflète en effet les questionnements permanents de l'artiste sur le monde et sa vacuité, ainsi que les réponses qu'il y trouve par la mise en place de symboles, souvent en lien avec sa foi individuelle.

Arts appliqués[modifier | modifier le code]

  • 1954 Chemin de croix de l'église de Nuvilly (canton de Fribourg en Suisse)
  • 1955 Chemin de croix de l'église du Christ-Roi (canton de Fribourg en Suisse) à la demande de l'architecte Denis Honegger.
  • 1966 Vitrail pour l'église de Sévaz (canton de Fribourg), deux vitraux pour la chapelle de l'école secondaire du Belluard (canton de Fribourg)
  • 1948-1951 Divers décors de théâtre pour le Collège Saint-Michel

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

  • Armand Niquille : Le veilleur de solitude, poèmes, Éditions de la Sarine, 1992.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2015 Armand Niquille, de Fribourg à Charmey, Musée de Charmey
  • 2012 Armand Niquille, Espace du Rural, Givisiez
  • 2006 Armand Niquille, œuvres profanes, Château de Boccard, Givisiez
  • 2006 Œuvres religieuses, Chapelle de l’Hôpital des Bourgeois, Fribourg
  • 2006 Une œuvre, un destin, Bibliothèque cantonale et universitaire, Fribourg
  • 1996 Niquille. Réalités et images de la foi. Château de Gruyères
  • 1992 Niquille. Le centre et l'harmonie. Musée d'art et d'histoire de Fribourg
  • 1989 Armand Niquille. Images, actes de foi, symboles et réalités. Ancienne Douane (actuel Musée Gutenberg), Fribourg
  • 1981 Exposition personnelle, Galerie de la Cathédrale, Fribourg
  • 1976 Niquille. Peinture nocturne. Musée d'art et d'histoire de Fribourg
  • 1966 Armand Niquille, Musée d'art et d'histoire de Fribourg
  • 1947 Armand Niquille, peintre, Antoine Claraz, sculpteur, Musée d'art et d'histoire (alors à l'Université Miséricorde), Fribourg

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Robert Gisler [et al.] : Armand Niquille. Des réalités rêvées. Fribourg, Pro Fribourg (193), 2016.
  • Claude Luezior: Armand Niquille. Artiste peintre au coeur des cicatrices. Charmey, Les Éditions de l'Hèbe, 2015.
  • Christophe Flubacher: Les peintres fribourgeois : 1480-1980. Lausanne: Éditions Favre SA, 2012.
  • Claude Luezior : Armand Niquille : Maître de Lumière. Fribourg, Éditions La Sarine, 2006.
  • Armand Niquille et Jacques Biolley (textes et réalisation) : Réalités et images du sacré, Lausanne, J. Biolley, 1996.
  • Armand Niquille [et al.]: Des réalités aux symboles et aux images de la foi. Textes réunis par Etienne Chatton. Fribourg, Fragnière, 1989.
  • Claude Pochon : Armand Niquille. Ollon, Éditions Centre d'art Les Fontaines, coll. « Hommages » (no 2), 1981.
  • Michel Terrapon et Anton Bertschy : Armand Niquille. Fribourg, Musée d'art et d'histoire, coll. « Artistes fribourgeois » (no 3), 1976.
  • Marcel Strub [et al.] : Armand Niquille. Fribourg, Musée d'art et d'histoire, 1966.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Claude Reichler : Le dedans et le dehors. Armand Niquille. Des réalités rêvées. Fribourg: Pro Fribourg, 2016 (Pro Fribourg, 193), p. 26-31
  2. Roland Ruffieux (1966) cité in Armand Niquille [et al.]. Des réalités aux symboles et aux images de la foi. Textes réunis par Etienne Chatton. Fribourg: Fragnière, 1989, p. 136
  3. Niquille, 1989, Editions Fragnière, Fribourg, 1989, p. 129
  4. Niquille, 1989, Editions Fragnière, Fribourg, 1989, p. 83
  5. Claude Pochon : Armand Niquille, Ollon, Éditions Centre d'art Les Fontaines, coll. « Hommages » (no 2), 1981, p. 10
  6. Laurence Fasel : Au-delà du quotidien. Armand Niquille. Des réalités rêvées. Fribourg: Pro Fribourg, 2016 (Pro Fribourg, 193), p. 70
  7. L'artiste dira : « Je me suis baigné dans l'art du Moyen-Âge. J'ai admiré ces œuvres, l'ingénuité et l'harmonie mystérieuse de leurs vues. (...) » Niquille, 1989, p. 14
  8. Marc Monteleone: La noblesse du métier. Armand Niquille. Des réalités rêvées. Fribourg: Pro Fribourg, 2016 (Pro Fribourg, 193) p. 96-97

Liens externes[modifier | modifier le code]