Aqua (informatique)

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Aqua est le nom donné par Apple à l'interface graphique de son système d'exploitation Mac OS X. Fidèle aux idées qu'évoquent son nom, Aqua se caractérise principalement par l'utilisation de la transparence des fenêtres et des menus, l'anticrénelage du texte et des images, la réaction aux actions de l'utilisateur par des animations ainsi que des boutons « gélules » en forme de bulle.

Historique[modifier | modifier le code]

Une naissance symbole du renouveau d'Apple[modifier | modifier le code]

C'est le qu'Apple dévoila Aqua[1]. La découverte de l'interface graphique du futur Mac OS X est alors aussi marquante que la découverte du nouveau design des Macintosh de l'époque a pu l'être. On passe dans les deux cas de couleurs ternes et monotones à des couleurs vives.

Une transition progressive[modifier | modifier le code]

Le , Apple introduit[2] quelques-uns des concepts de l'interface graphique du futur Mac OS X (les « boutons gélules », les barres de défilement caractéristiques, la texture de métal brossé, etc.) dans la seconde version de son logiciel iMovie, pourtant destiné à Mac OS 9. L'entreprise renouvela l'expérience[3] avec le lancement d'iTunes en , avant d'adopter définitivement Aqua avec la commercialisation de la première version de Mac OS X le .

Les mises à jour[modifier | modifier le code]

Apple n'a pas cessé de mettre à jour l'interface graphique de Mac OS X au fil des mises à jour de ce dernier :

  • Le , Apple annonce que Mac OS X 10.2 a été l'occasion de découvrir Quartz Extreme[4] qui, grâce à une accélération matérielle par la carte graphique, permet une réactivité de l'interface plus importante et l'ajout de nouvelles animations plus complexes ;
  • Le marque une avancée importante pour Aqua, avec la démonstration par Apple d'Exposé[5], nouvelle fonctionnalité pour Mac OS X 10.3 qui comble certaines lacunes du Dock en ce qui concerne la gestion d'un nombre important de fenêtres ;
  • Le , Apple présenta Core Image et Core Video[6], composantes de Mac OS X 10.4, qui permettent à nouveau l'ajout d'effets plus évolués (la goutte d'eau du Dashboard, par exemple) ;
  • La commercialisation de Mac OS X 10.5 () constitue une évolution de taille pour Aqua, puisque Apple l'a rendue entièrement vectorielle[7]. Au moment où la taille des moniteurs d'ordinateur augmente considérablement, les éléments affichés à l'écran gardent ainsi une taille visible raisonnablement grande, tout en conservant une résolution élevée. L'affichage inclut également Spaces, un complément à Exposé destiné à organiser ses fenêtres en groupes dans différents espaces (les « bureaux virtuels »), et Core Animation, composante permettant l'utilisation de nombreuses animations par les applications. L'interface a également été harmonisée (abandon du métal brossé au seul profit du thème d'iTunes 7).
  • Depuis Mac OS X Lion, l'interface se fait un peu plus plate : les barres de défilement deviennent grises, les boutons deviennent moins brillants et moins colorés, ...
  • La sortie d'iTunes 11 indique une autre étape : les bordures de fenêtres deviennent plus claires, et la plupart des éléments perdent leur couleur. Cependant, OS X Mavericks garde la même interface que Mountain Lion.

Idées de base[modifier | modifier le code]

Aqua reprend la plupart des principes-clé des versions précédentes des interfaces graphiques de Mac OS tout en leur apportant de nombreuses améliorations.

La zone unique de menu[modifier | modifier le code]

Depuis le premier Macintosh, Apple a choisi de ne garder qu'une seule zone de menu constamment visible (sauf bien sûr lors des diaporamas ou des présentations en plein écran), se démarquant ainsi de la plupart des autres systèmes d'exploitation. Cette zone unique de menu est placée en haut de l'écran et possède quatre zones. De gauche à droite :

  1. le menu Pomme, fixe, qui contient des commandes globales relatives :
    • au système d'exploitation (mise à jour, préférences globales, fermeture de session, etc.),
    • à la machine (informations matérielles, extinction, redémarrage, etc.) ;
  2. le menu d'application, en gras, qui change en fonction de l'application au premier-plan et qui contient des commandes relatives à l'application en elle-même (« à propos », préférences, masquage, services, quitter, etc.) ;
  3. les menus de fenêtre, qui changent en fonction de la fenêtre active de l'application au premier-plan (fichier, édition, présentation, aide, etc.) ;
  4. les « extras », une zone de menus personnalisable par l'utilisateur, et qui peut contenir :
    • les menus «extras » relatifs à des applications de tierce partie,
    • les menus «extras » relatifs à des fonctionnalités de l'ordinateur (volume, batterie),
    • les menus «extras » relatifs à des fonctionnalités du système d'exploitation (réseau, international, changement d'utilisateur, etc.),
    • le menu Spotlight (depuis Mac OS X 10.4), premier menu fixe, situé à l'extrême droite de la zone unique de menu, et qui permet d'effectuer des recherches.
    • le menu Centre de notification (depuis Mac OS X 10.8), second menu fixe, situé à l'extrême droite de la zone unique de menu, et qui permet d'afficher toutes les notifications reçues.

L'avantage d'un tel concept apparaît le plus clairement lors de l'utilisation d'applications « à documents » (traitement de texte, modification d'images, de morceaux de musique, etc.), où bien souvent chaque fenêtre dispose des mêmes menus, d'où une perte d'espace à l'écran considérable.

Cependant, le concept peut rebuter ceux qui naviguent rapidement entre plusieurs applications et qui ont un besoin important d'accéder alternativement aux menus de l'une puis de l'autre, bien que les raccourcis clavier soient d'une aide précieuse dans ce type de situation.

Le Dock et Exposé[modifier | modifier le code]

Articles complets : le Dock, Exposé

Le Dock est destiné à accéder rapidement aux applications et fichiers favoris de l'utilisateur. Il contient également les applications en cours d'exécution (qui se distinguent par un triangle noir sous leur icône pour les versions antérieures à Mac OS 10.5, et par un point lumineux bleu pour Mac OS X Leopard/Snow Leopard), et la Corbeille. Combiné avec Exposé, qui est destiné à naviguer rapidement entre de nombreuses fenêtres, le Dock offre une réelle alternative à la barre des tâches de Windows.

Depuis Leopard, le Dock contient également des zones appelées piles ("stacks" en anglais) qui permettent de conserver un dossier sur le Dock, et de pouvoir en visualiser le contenu en un clic.

Caractéristiques notables[modifier | modifier le code]

Les fenêtres[modifier | modifier le code]

La gestion des fenêtres par Aqua se distingue sur de nombreux points de celle des autres interfaces graphiques :

  • fermer une fenêtre ne ferme pas l'application (si celle-ci est une application « à documents », comme un navigateur web ou un traitement de texte, par exemple) ;
  • le bouton maximiser n'a pas forcément le comportement auquel on pourrait s'attendre : il agrandit la fenêtre de façon à ce que tout son contenu soit visible. En fonction du contenu, il se peut donc que la fenêtre maximisée n'occupe pas la totalité de l'écran ;
  • le bouton de fermeture et l'« icône proxy » d'une fenêtre changent d'apparence (un point noir apparaît en son centre pour le premier, et la seconde est atténuée) si le document que cette fenêtre contient est modifié et n'a pas encore été enregistré ;
  • les « icônes proxy » apparaissent dans la barre de titre des fenêtres d'applications « à documents ». Elles peuvent être cliquées (avec la touche commande, pour faire apparaître la position du document dans l'arborescence des dossiers), ou déplacées (pour copier un document en cours de modification dans une autre application par simple glisser-déposer, par exemple) ;
  • des « tiroirs » peuvent apparaître sur les côtés des fenêtres pour apporter un supplément d'informations (le tiroir d'iCal indique notamment la date et l'heure de l'événement sélectionné, par exemple).

Les boîtes de dialogue et d'alerte[modifier | modifier le code]

Une certaine cohérence est recherchée à travers les boîtes de dialogue et d'alerte. Par ailleurs Apple insiste pour faire en sorte que la simplicité soit de mise dans toutes les applications de tierce-partie :

  • les boîtes de dialogue d'ouverture et d'enregistrement de fichiers sont gérées par Mac OS X, et sont donc identiques quelle que soit l'application qui les utilise ;
  • les boutons pouvant entraîner une perte de données (« ne pas enregistrer », par exemple) doivent être écartés des autres boutons ;
  • les alertes doivent contenir un message simple en gras indiquant leur objet, une description plus complète, et si possibles, des boutons d'actions contenant des verbes, plutôt que de simples « oui » ou « non ».

Effets graphiques[modifier | modifier le code]

Grâce à Quartz et Quartz Extreme, deux composantes de Mac OS X dédiées à l'affichage, ce dernier peut utiliser de nombreux effets graphiques, y compris sur des Macintosh peu puissants :

  • utilisation d'ombres au lieu des bordures pour bien marquer le contour des fenêtres et des menus ;
  • la minimisation des fenêtres peut se faire à la manière des génies aspirés par leur lampe, ou de manière plus classique ;
  • le changement d'utilisateur est représenté par un cube tournant sur lui-même en 3D : chaque face du cube peut représenter une session différente ;
  • etc.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Prise en compte de la loi de Fitts, selon laquelle « le temps pour atteindre une cible est une fonction de la distance et de la taille de cette cible », dans la disposition des menus, des icônes et des zones cliquables.

Popularité[modifier | modifier le code]

Aqua est sans doute l'un des éléments de Mac OS X qui séduit le plus les utilisateurs exigeants sur l'apparence de leur système d'exploitation. Même si un certain nombre de personnes considèrent l'interface comme trop « tape-à-l'œil », le nombre considérable de sites web, de skins ou d'icônes qui reprennent plus ou moins discrètement la marque de fabrique d'Aqua, indique un relatif intérêt pour cette dernière. Il faut néanmoins noter que l'émergence de critiques au sein même de ceux qui apprécient l'interface. En effet depuis plusieurs mises à jour de Mac OS X, Aqua s'est vue étoffée de nouveaux thèmes (comme pour la cinquième version d'iTunes, ou la version « Tiger » de Mail) qui sont loin de respecter la cohérence prônée par Apple dans ses propres directives, comme l'ont fait remarquer de nombreuses figures du monde Mac[8],[9]. C'est, semble-t-il, en réponse à ces critiques qu'Apple a annoncé avoir abandonné les différents thèmes existants au seul profit de celui d'iTunes 7, à l'occasion de la dernière présentation de Mac OS X 10.5.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Communiqué de presse relatif au lancement d'Aqua
  2. Communiqué de presse relatif au lancement d'iMovie 2
  3. Communiqué de presse relatif au lancement d'iTunes
  4. Communiqué de presse relatif au lancement de Mac OS X 10.2 « Jaguar »
  5. Communiqué de presse relatif au lancement de Mac OS X 10.3 « Panther »
  6. Communiqué de presse relatif au lancement de Mac OS X 10.4 « Tiger »
  7. (en) Aperçu de Mac OS X 10.5 « Leopard » pour les développeurs
  8. (en) The iTunes 5 Announcement From the Perspective of an Anthropomorphized Brushed Metal User Interface Theme
  9. (en) iLife ’06 From the Perspective of an Anthropomorphized Brushed Metal Interface

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]