Affaire Claude Charron

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Article principal : Claude Charron.

L'affaire Claude Charron est une saga politique du Québec qui a incité le ministre des Affaires parlementaires et leader parlementaire du gouvernement provincial, le député Claude Charron, à quitter la vie politique le [1].

L'élément déclencheur[modifier | modifier le code]

En novembre 1981, l'Assemblée nationale du Québec est frappée d'un scandale de mœurs. Des ministres seraient impliqués dans un réseau de tournage de films pornographiques juvéniles dans les murs mêmes du Parlement. Le leader parlementaire du Parti québécois alors au pouvoir, Claude Charron, est informé de la situation. Sans preuve suffisante, Charron ne peut agir. Mais le 19 novembre, le réseau TVA annonce que le ministre Charron lui-même est impliqué de plain-pied dans l'histoire, allant jusqu'à avancer qu'il sert de recruteur aux producteurs pour débaucher de jeunes garçons d'âge mineur. Alors numéro deux du gouvernement, Claude Charron décide au moyen d'une question de privilège de prendre la parole à l'Assemblée nationale pour se justifier et démentir les allégations. Déclarant être victime d'un des coups « les plus salauds qu'il ait eu la chance de voir depuis son entrée en politique », Charron n'accepte pas d'être sali de la sorte. De plus, cette histoire dévoile au grand jour l'homosexualité de Charron, jusqu'alors gardée jalousement secrète par les instances du PQ. Comme le dira Charron lui-même : « Dans les années 1980, être homosexuel voulait dire malade mental, pédophile...». Finalement, le 9 décembre, plus de trois semaines après le début de l'affaire, les policiers chargés d'enquêter sur le sujet rendent un rapport dans lequel ils déclarent que les vidéos à teneur pornographiques trouvées dans les locaux de l'audio-visuel du parlement ne sont rien d'autre que de simples vidéos pornos achetées par les employés de l'assemblée sur leurs heures de lunch. Ce qui devait être le scandale du siècle se dégonfle rapidement. Mais l'histoire fait suffisamment de vagues pour forcer Charron à remettre sa démission au premier ministre René Lévesque. Ce dernier la refuse, mais Charron est bien décidé à partir[2].

Vol à l'étalage[modifier | modifier le code]

Le 30 janvier 1982, Claude Charron se présente au magasin Eaton du centre-ville de Montréal. Frustré de la politique, plus désillusionné que jamais, Charron décide alors d'y voler bêtement un manteau d'une valeur de 125 $. Pris sur le fait, Charron doit alors reconnaître son crime à l'agent qui a procédé à son arrestation et devra faire face à une plainte au criminel déposée par le magasin. Mis au courant du geste de son ministre, le premier ministre Lévesque le convoque à son bureau pour tirer l'affaire au clair. Charron lui avoue alors sa grande fatigue de la joute politique et son profond désespoir depuis l'histoire du mois de novembre précédent. René Lévesque cherche alors à retenir les services de Charron mais celui-ci coupe court à la conversation. Il lui annonce sa démission du cabinet et son départ plus tard dans l'année de son rôle de député de Saint-Jacques. Claude Charron, annoncé comme un aspirant possible à la succession de René Lévesque, quitte la politique par la petite porte, dans une aura de scandale qui entache une image jusque-là parfaite.

L'après affaire[modifier | modifier le code]

René Lévesque accepta très mal le départ de Charron et ne semblera jamais véritablement s'en remettre. Lors des dernières années de pouvoir de Lévesque, Claude Charron agit à titre de conseiller spécial en matière d'affaires constitutionnelles. Il fut parmi les éminences grises consultées par le premier ministre lorsque celui-ci s'engagea dans le débat du Beau risque. Quelques années plus tard, il reviendra sur la scène publique en animant le magazine hebdomadaire d'affaires publiques Le match de la vie.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]