Adangme (peuple)

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Adangmés

Populations significatives par région
Drapeau du Ghana Ghana 1,5 million[1]
Population totale 1,5 million[1]
Autres
Langues Adangme[2]
Religions Animisme
Ethnies liées Kwa

Les Adangmés sont une population d’Afrique de l'Ouest. Ils font partie du groupe Ga-Adangme, comme les Krobos, Shais, Gas, Akwapims[3].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe différentes formes : Adampa, Adampe, Adangbe, Adangbes, Adangmes, Adanme, Ada, Dangme, Danmeli[4].

Implantation géographique[modifier | modifier le code]

Le Ghana est l'un des pays d'Afrique le plus peuplé avec près de 18 millions d'habitants. Un recensement de 1960 indique que les Adangmés représentent 8,3 % de la population[1].

Les Adangmés se situent dans le sud du pays et se sont implantés vers 1000 – 1200[5]. On peut les considérer comme un peuple autochtone.

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

De la famille linguistique nigéro-congolaise, la langue est du groupe Kwa[6]. Comme cette langue est très proche de la langue Ga issue de la même branche linguistique, on parle aussi de la langue Ga-Adangme. Ceux qui parlent cette langue se trouvent aux alentours d'Accra dans le sud-est du Ghana[7],[8].

Religion[modifier | modifier le code]

Les Adangmés sont animistes. Ils pensent que leur véritable épouse se trouve dans l'au-delà. Afin de ne pas se voir infliger des malheurs par cette épouse très jalouse, ils doivent s'occuper d'elle en lui faisant des offrandes qui seront déposées devant une petite statuette la représentant. L'époux doit donc s'occuper autant de son épouse sur terre que dans l'au-delà[9].

  • Le culte du Trokosi :

Chez les Ewes, Trokosi veut dire « esclave d'une divinité »[10].

Les filles peuvent être vendues pour servir à vie au fétiche du culte du Trokosi afin d'éponger un crime (meurtre ou vol...) de la famille mais bien souvent elles sont réduites à l'esclavage. Cette tradition d'être au service du fétiche remonte au XVIIe. Elle est également utilisée par les ewes dans la région d'Accra et d'autres peuples du sud-est. L'association LNG estime qu'il y aurait près de 4 500 esclaves dans les 76 couvents liés à ce culte au Ghana[11].

Le ghanéen Mark Wisdom a créé Fetish Slaves Liberation Mouvement (FESLIM)[12] et a milité avec une canadienne Sharon Titian contre toute forme d'esclavage. Ils sont à l'origine d'une loi de 1998 contre cette pratique. En quatre ans, grâce à leurs efforts et avec l'appui de l'organisation International Needs Ghana[13] reconnue par l'ONU, près de 2 800 filles ont pu être libérées. Elles sont ensuite protégées par des organisations locales qui essayent de leur donner une éducation afin qu'elles puissent se débrouiller seules dans la vie.

Mais il existe encore des résistances car les prêtres accusent ces organisations de détourner le droit du culte reconnu par la Constitution, les parents gênés ne disent rien et même ces jeunes filles endoctrinées se demandent, après libération, qui va s'occuper de la divinité. Mark Wisdom a déclaré que l'asservissement est également anti-constitutionnel. Les prêtres acceptent de libérer leurs esclaves contre de fortes sommes ou du bétail[10].

Société[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

  • Les « enfants-marchandises »[11] :

Ils sont vendus par leurs parents pour quelques mois afin de pouvoir avoir de l'argent pour subvenir aux besoins du reste de la famille (qui peut avoir 20 enfants). Mais bien souvent les parents ne revoient pas leurs enfants et ne savent où ils se trouvent[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Philippe Lavigne Delville, Camilla Toulmin, Samba Traoré, Gérer le foncier rural en Afrique de l'Ouest, Karthala, 2000, p. 55 (ISBN 978-2-84586-074-2)
  2. Selon les sources, adangbe et adangme sont considérées comme une seule et même langue. Cependant Ethnologue leur attribue deux codes différents.
  3. Henry Panhuys, La fin de l'occidentalisation du monde ? : de l'unique au multiple, L'Harmattan, 2004, p. 372 (ISBN 978-2-7475-6192-1)
  4. Source BnF [1]
  5. Boahen, 1975, p. 5-6
  6. Gérard Pescheux, Le royaume asante (Ghana): parenté, pouvoir, histoire, XVIIe-XXe siècles, Karthala, 2003, p. 98 (ISBN 978-2-84586-422-1)
  7. Anezi.net
  8. langue Adangme (en)
  9. Louis-Vincent Thomas, René Luneau, La terre africaine et ses religions, L'Harmattan, 1992, p. 95 (ISBN 978-2-85802-162-8)
  10. a et b Pierre Cappelaere, Ghana, les chemins de la démocratie: les chemins de la démocratie, L'Harmattan, 2007, p. 216-218 (ISBN 978-2-296-03916-2)
  11. a b et c Jean Maurice Derrien, Travail des enfants en Questions, L'Harmattan, p. 138 (ISBN 978-2-296-05911-5)
  12. Human Development Report
  13. International Needs Ghana

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) T. N. N. Accam, Dangme and Klama proverbs (traduits et annotés), Institute of African Studies, Legon, 1972, 2 vol.
  • (en) Charles Nii Ammah, Homowo and other Ga-Adangme festivals, Sedco, Accra, 1982, 66 p. (ISBN 978-9964-72-030-8)
  • (en) Noa Akunor Aguae Azu, Adangbe historical and proverbial songs, Government Printing Office, Accra, 1929, 135 p.
  • (en) Mary Esther Kropp Dakubu, « Linguistic pre-history and historical reconstruction : the Ga-Adangme migrations », in Transactions of the Historical Society of Ghana (Legon), 13 (1), juin 1972, p. 87-111
  • (en) Madeline Manoukian, Akan and Ga-Adangme peoples of the Gold Coast, International African Institute, Oxford University Press, Londres, New York, 1950, 112 p.
  • (en) J. H. Kwabena Nketia, « Organisation of music in Adangme society » in African music (Grahamstown, Afrique du sud), 2 (1) 1958, p. 28-30
  • (en) James Stuart Olson, « Adangbe », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 9 (ISBN 978-0-313-27918-8)
  • (en) Nii Otokunor Quarcoopome, « Self-decoration and religious power in Dangme culture », in African arts (Los Angeles), 24 (3), juillet 1991, p. 56-65, 96
  • (en) Nii Otokunor Quarcoopome, Rituals and regalia of power : art and politics among the Dangme and Ewe, 1800 to present, UCLA, Los Angeles, 1993, 523 p. (thèse)
  • (en) Nii Otokunor Quarcoopome, « Agbaa Dangme art and the politics of secrecy », in Secrecy : African art that conceals and reveals, Museum for African Art, New York, 1993, p. 113-120
  • (en) Nii Otokunor Quarcoopome, « Thresholds and thrones : morphology and symbolism of Dangme public altars », in Journal of religion in Africa (Leyde), 24 (4), novembre 1994, p. 339-357
  • (en) R. G. S. Sprigge, « Eweland's Adangbe : an enquiry into an oral tradition », in Transactions of the Historical Society of Ghana (Legon), 10, 1969, p. 87-128
  • Anani Ashianyo-Akakpo, Histoire des Adangbe, Institut National de la Recherche Scientifique, Lomé, 1971
  • Anani Ahianyo-Akakpo, Migrations et changements sociaux dans les communautés Adangbe du Togo, EHESS, Université de Paris 5, 1971, 386 p. (thèse de 3e cycle)
  • Hugo Huber, « Cérémonies pour les filles pubères d'origine Adangme à Anécho », in Bulletin de l'Institut français d'Afrique noire (Dakar), Série B, Sciences humaines, 20 (3-4) juillet-octobre 1958, p. 417-431
  • Christian Corminboeuf, Le Jeu de l'identité et de la différence. Le cas d'Esse Zogbedji, mini-diaspora adangmé dans le Sud-Est du Togo, Paris, Institut d'Ethnologie, 1980, 477 p. (thèse 3e cycle, Université Paris V, 1978),

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]