Échecs marseillais

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Les échecs marseillais sont une variante du jeu d'échecs où chaque joueur joue deux coups à la suite. On doit sa popularité à Albert Fortis, mais Franzose Jehan de Queyl serait le premier à avoir formulé ses règles. Sensiblement déséquilibrées en faveur des blancs, les règles originales ont laissé place à la variante des « échecs marseillais équilibrés », dans laquelle les blancs ne dispose que d'un coup au premier tour.

Cette variante est populaire surtout à la fin des années 1920, dans les années 1930, puis de nouveaux dans les années 1950 sous l'impulsion, entre autres, de Jean-Pierre Boyer et Hans Klüver. Le champion du monde d'échecs Alexandre Alekhine, Richard Réti, Eugène Znosko-Borovsky et André Chéron notamment ont joués à cette variante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire du jeu d'échecs.

L'origine de la variante des échecs marseillais est généralement attribué à Albert Fortis, en collaboration avec un expatrié norvégien nommé I. Rossow, vers 1922, Albert Fortis ayant de façon sûr été celui qui a popularisé la variante. Mais Franzose Jehan de Queyl serait en réalité le premier à avoir formulé les règles de la variante des échecs marseillais durant la Première Guerre mondiale[1]. Quoi qu'il en soit, ses règles sont publiées pour la première fois en 1925 dans le journal local Le Soleil[1].

Photo en noir en blanc de Richard Réti, devant une partie d'échecs.
Richard Réti, l'un des fondateurs de l'école hypermoderne, est un joueur de la variante des échecs marseillais.

La variante est rapidement devenue populaire, au point que des tournois furent organisés à Paris et Hambourg dès 1926 et 1927, respectivement[1]. Le champion du monde d'échecs Alexandre Alekhine, Richard Réti, Eugène Znosko-Borovsky et André Chéron sont autant de joueurs connus pour avoir joués à cette variante[1]. Les parties n'ont pas été conservées, mais il a été rapporté que lors d'une rassemblement chez Alekhine, une amatrice de la variante, Madame Léon-Martin, a écrasé Richard Réti et perdu de très peu face à Alekhine[1].

Les échecs marseillais ne sont par la suite redevenus populaires que dans les années 1950, grâce, entre autres, à Jean-Pierre Boyer et Hans Klüver[1]. Plusieurs tournois d'échecs par correspondance sont organisés dans cette variante par E. T. O. Salter et, à la fin des années 1970, AISE (Associazione Italiana Scacchi Eterodossi, en français « Association italienne des échecs hétérodoxes ») en organise également des tournois, et ce régulièrement[1]. Alessandro Castelli, son président[2], est à l'origine de nombreuses avancées dans la théorie de ce jeu, et notamment d'une étude approfondi des ouvertures[1]. La variante fut celle de l'équipe d'Italie n°1 (trois équipes italiennes étaient présentes[3]) lors des premières Heterochess Olympiads[1] (olympiades des échecs hétérodoxes), organisées par AISE en 1988 et auxquels huit équipes de six pays différents participèrent[3]. Pour Castelli, les échecs marseillais s'avéraient être une variante sensiblement déséquilibrée en faveur des blancs, les coups 1. e4/Cf3 ou 1. d4/Cf3 menant selon lui à une victoire théorique[4]. Dans les années 1950, Robert Bruce suggéra que les blancs ne dispose que d'un coup lors du premier tour pour rééquilibrer les forces, une variante nommée « échecs marseillais équilibrés », variante de référence ayant complètement remplacée l'originale chez les joueurs spécialistes[5].

Règles[modifier | modifier le code]

Article connexe : Règles du jeu d'échecs.
Illustration didactique de la prise en passant : les blancs avant un pion en position initiale de deux cases (a4), les noirs prennent en a3 (bxa3 e.p.).
La règle sur la prise en passant est l'objet de variantes.

Chaque joueur dispose de deux coups consécutifs par tour, avec la même pièce ou deux pièces différentes[1]. Le roque ne compte que pour un seul coup[réf. nécessaire]. Le roi ne peut se mettre en situation d'échec ni au premier ni au deuxième coup[1]. La prise en passant est un coup légal si l'adversaire a avancé son pion de deux cases, que ce soit au premier comme au deuxième coup, mais la prise doit être faite immédiatement[1]. En revanche, si l'adversaire a réalisé deux mouvements de pions de deux cases, les deux pions peuvent être pris[1]. Dans un article du numéro de septembre 1928 du magazine L'Echiquier, Franz Palatz précise que cette dernière règle est d'Alexandre Alekhine[1]. Si un joueur ne peut faire qu'un coup parmi les deux qui lui sont accordés, il y a alors une situation de pat[1]. La variante des échecs marseillais était parfois jouée avec des règles différentes : un échec au roi n'était possible qu'au second coup et la prise en passant qu'à condition que le coup de pion de l'adversaire soit son deuxième coup[1].


Variantes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Variante du jeu d'échecs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Pritchard 2007, p. 21
  2. (en) « AISE: Associazione Italiana Scacchi Eterodossi »,‎ (consulté le 26 janvier 2016)
  3. a et b Pritchard 2007, p. 363
  4. Pritchard 2007, p. 21-22
  5. Pritchard 2007, p. 22

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) David Brine Pritchard, The Classified Encyclopedia of Chess Variants, John Beasley,‎ , 384 p. (ISBN 978-0-9555168-0-1), p. 21-24 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) David Brine Pritchard, Popular Chess Variants, B.T. Batsford Ltd,‎ , 112 p. (ISBN 0-7134-8578-7 et 978-0713485783)
  • (en) David Brine Pritchard, The Encyclopedia of Chess Variants, Games and Puzzles Publications,‎ , 384 p. (ISBN 0-9524142-0-1)

Liens internes[modifier | modifier le code]