Ubuntu

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le système d'exploitation. Pour les autres significations, voir Ubuntu (homonymie).
Ubuntu
Logo
Ubuntu 13.10.
Ubuntu 13.10.

Famille Type Unix
Langues Multi-langues (+ de 55)
Type de noyau Monolithique modulaire (Linux)
État du projet Actif
Plates-formes i386[1]
i686
AMD64
PowerPC[2]
UltraSPARC[3]
ARM (Depuis Ubuntu Server 11.10)[4]
Entreprise /
Développeur
Canonical Ltd.
Ubuntu Foundation
Licence Multiples
(Principalement GNU GPL)
États des sources Logiciel libre
Open Source
Première version
Dernière version stable 14.04 LTS (Trusty Tahr) () [+/−]
Dernière version avancée N/A () [+/−]
Méthode de mise à jour APT
Environnement graphique GNOME, puis Unity[5] (Dès Ubuntu 11.04 (le )
Gestionnaire de paquets dpkg
Site web www.ubuntu.com

Ubuntu (prononciation [u.bun.tu], « ou-boun-tou » en français) est un système d’exploitation libre[6] commandité par la société Canonical et une marque déposée par cette même société.

Fondé sur la distribution Linux Debian, ce système d'exploitation est constitué de logiciels libres[7], et est disponible gratuitement, y compris pour les entreprises, selon un principe lié à la philosophie affichée du projet. On estime en 2011 qu'il y a plus de 25 millions d'utilisateurs des différentes versions pour ordinateurs[8].

En 2013, Mark Shuttleworth présente Ubuntu Touch et explique dans une vidéo qu'Ubuntu vise à être disponible pour tout un écosystème incluant les télévisions, les smartphones, et les tablettes[9]. Le gestionnaire de bureau Unity, comme son nom l'indique, vise à unifier l’expérience utilisateur sur chacun des supports.

Concept[modifier | modifier le code]

À l'instar de la distribution GNU qui repose sur le projet GNU, Ubuntu, qui utilise cette base, est organisé autour de buts à atteindre qui ne qualifient pas nécessairement les distributions produites. Par exemple, alors que les principes étaient déjà établis, la première a été nommée « phacochère verruqueux » par ironie vis-à-vis du résultat possible, compte tenu des délais à tenir[10].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Nelson Mandela explique une part de ce que signifie ubuntu dans une vidéo qui a été incluse dans certaines versions de la distribution.

Ubuntu affiche comme ambition de principe la volonté que le monde entier puisse équitablement profiter du logiciel, et pour ce faire, que tout utilisateur d'ordinateur puisse être libre de télécharger, d'utiliser, de copier, de distribuer, d'étudier, de partager, de modifier et d'améliorer le logiciel pour toutes utilisations sans payer de droit de licence. Il est stipulé aussi que l'utilisateur doit pouvoir choisir la langue dans laquelle il l'utilise et avoir l'opportunité d'utiliser le logiciel même s'il est handicapé[11].

Le nom[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ubuntu (notion).

En rapport avec ces principes de base, son nom provient d’un ancien mot bantou (famille de langues africaines), quelqu'un d'ubuntu désignant une personne sachant que ce qu'elle est est intimement lié à ce que sont les autres, donc il est parfois traduit en l'appliquant au « je » : « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». C'est un concept fondamental de la philosophie de la réconciliation développée par Desmond Mpilo Tutu avec l'abolition de l'apartheid. Ce mot signifie aussi en kinyarwanda, la langue rwandaise, et en kirundi, la langue burundaise, « humanité », « générosité » ou « gratuité » ; on dit d'une chose qu'elle est k'ubuntu si elle est obtenue gratuitement. L'utilisation en informatique est une récupération de ce sens philosophique et politique tel qu'il se trouve expliqué dans le travail de la Commission de la vérité et de la réconciliation. Les attendus philosophiques pratiques du sens fondamental permettent de mieux saisir par exemple la mission technologique socialement durable de la Fondation Shuttleworth (ci-dessous) et relayée en France dans les travaux de philosophes comme Barbara Cassin et Philippe-Joseph Salazar.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, l'identité visuelle de la distribution s'est basée sur un thème baptisé « Human » (humain), utilisant principalement des teintes brunes et orangées ; ainsi on retrouvait, à chaque sortie de version, un écran de démarrage, un fond d'écran, un écran de connexion, ainsi que le logo de la distribution basés sur ces caractéristiques.

À partir de la version 10.04 (Lucid Lynx), une nouvelle étape dans l'identité visuelle d'Ubuntu est franchie. Le thème principal s'appelle désormais « Light » (lumière), et bénéficie d'une teinte revue basée essentiellement sur un couple violet-orange. Le logo a également été refondu, avec une nouvelle police de caractère, tout en conservant la couleur orange qui a longtemps caractérisé ce système d'exploitation. La version orange est la version 'grand public', alors que la version aubergine concerne les documents et applications orientés 'entreprise'[12].

Lors de la sortie, les pochettes de CD de Warty (Ubuntu 4.10) représentaient 2 femmes et un homme formant par leur bras, un cercle. La même image était présente lors de l'écran de connexion[13]. Elle renvoie directement au logo originale de la firme d'Ubuntu[14]: les 3 points et les 3 tiers du cercle étaient tous de couleurs différentes (oranges, jaunes, rouges)[15]. C'était une manière graphique de représenter le terme ubuntu (Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous). Le logo de la firme d'Ubuntu est d'ailleurs nommé Circle of Friends[16],[17].

À chaque nouvelle version, une nouvelle variante sortait, mais représentant toujours un groupe d'au moins 3 personnes, souvent d'ethnies différentes, disposées en cercle, avec parfois un enfant parmi eux[18],[19]. Cela a perduré jusqu'à Ubuntu 9.04[20],[21] où une nouvelle identité visuelle a été mise en place.

Diversification des supports[modifier | modifier le code]

Si Ubuntu a été créé sous forme de distribution pour les ordinateurs de bureaux (ou portable) et les serveurs, il est maintenant question d'un écosystème Ubuntu, car plusieurs utilisations distinctes ont été créées depuis :

Distribution[modifier | modifier le code]

Utilisation[modifier | modifier le code]

(Ubuntu 10.04 LTS Live Mode)

Puisqu'on peut le télécharger librement, Ubuntu est proposé par défaut sous forme d'une Image disque. Cette image ISO permet de créer un disque LiveCD ou Live USB qui permet d'utiliser Ubuntu sans installation et sans le modifier le système utilisé, soit pour l'utiliser directement, soit pour tester la compatibilité d'une (nouvelle) version avec un ordinateur avant de l'installer.

L’environnement graphique est Unity par défaut, KDE pour Kubuntu, Xfce pour Xubuntu, LXDE pour Lubuntu et il n'y en a pas pour la version serveur. Il est possible d'en changer ou d'en ajouter. Lorsque plusieurs environnements graphiques sont installés, on peut choisir celui désiré au moment de la connexion, après la frappe (ou la sélection) de son identifiant et avant celle de son mot de passe.

Technique[modifier | modifier le code]

Les distributions Ubuntu sont basées sur la branche dite « instable » de Debian (surnommée Sid). L’architecture générale (dont le système de paquets APT) est donc celle de la distribution Debian.

La différence principale est que la convivialité générale (procédure d’installation, choix de logiciels par défaut…) se fait parfois hors du cadre éthique très strict de Debian. Réciproquement, les versions stables de Debian suivantes intègrent ou adaptent certaines des avancées mises en place pour Ubuntu.

Ubuntu mise sur l'utilisabilité ; le système tient sur un seul LiveCD compressé (attention toutefois : depuis la version 12.10, ce cd doit faire 800 Mo et plus seulement 700 Mo). Avec l'approche One Application Per Task (une application par tâche), le CD ne contient que les programmes nécessaires pour une utilisation courante (ou du moins au début, car Ubuntu contient plus de 80 programmes, bien que la plupart ne soient que de simples utilitaires). À partir de la version 7.04 (nom de code Feisty Fawn), le système d'installation inclut un assistant de migration depuis le système d'exploitation Windows et transfère les données personnelles (dossier Mes documents) ainsi que les fonds d'écran, les favoris internet, etc.

Dans un souci d'homogénéité et de performance globale du système, seules les applications GTK+ (pour le bureau GNOME) sont proposées par défaut dans Ubuntu. Pour Kubuntu, ce sont des applications Qt, plus adaptées au bureau KDE, qui sont préférées. Ubuntu inclut aussi un système de mise à jour automatique pour corriger les bugs et les failles de sécurité.

Contrairement à la plupart des distributions Linux, le compte root ou administrateur est désactivé par défaut, ce qui permet de conserver un certain niveau de sécurité ; c'est donc l'utilisateur qui effectue les tâches administratives temporairement et pour une tâche déterminée avec les droits d'administrateur (voir sudo).

Ubuntu est disponible, officiellement pour les architectures x86 (Intel et compatibles), AMD64 et SPARC, mais non officiellement pour PowerPC (arrêt du support avec la version 6.10), IA-64 (Intel Itanium) et PlayStation 3 (processeur Cell dérivé du PowerPC d'IBM).

Avec la version 9.04 Jaunty Jackalope est venu le support officiel de l'architecture ARM9, grâce au projet Ubuntu Mobile.

Historique[modifier | modifier le code]

Mark Shuttleworth.

Le projet est lancé en 2004 par le sud-africain Mark Shuttleworth. Devenu multimillionnaire après la vente de sa précédente entreprise[22], cet ancien développeur Debian souhaite une version plus facile d'accès pour les novices et se consacre à la réalisation de ce projet.

Pour le mener à bien, il crée parallèlement Canonical, société commanditaire officielle du système d'exploitation, et Ubuntu Foundation, une association à but non lucratif chargée en cas d'échec de l'entreprise de pérenniser le projet communautaire selon ces critères idéologiques de disponibilité pour tous (et dotée de 10 millions de dollars bloqués à cette fin).

Avant sa sortie pour le grand public, le projet très secret avait comme nom de code no-name-yet[23], « pas encore de nom ». Dès le début, les noms des nouvelles distributions s'organisent d'une manière précise : [adjectif] [animal]. Il annonce une nouvelle version tous les six mois et des cycles de développement de deux ans (détails dans Versions). Sur le portail (Launchpad) chargé entre autres de lister les bugs d'Ubuntu, le premier bug[24] constaté est resté célèbre : Mark Shuttleworth dénonce le fait que Microsoft ait une part de marché écrasante, et qu'il soit difficilement possible d'acquérir un ordinateur dans un magasin sans Windows préinstallé. Ce bug a été confirmé dans de nombreux pays, notamment en Belgique, au Canada, en France et en Suisse, et c'est un des buts d'Ubuntu de le réparer, selon les termes mêmes de Mark Shuttleworth.

En 2005, un an après sa création, Ubuntu suscite l'intérêt de nombreux internautes[25].

En 2006, Ubuntu 6.06 LTS (de nom de code « Dapper Drake ») est la première version issue d'un cycle de développement de deux ans. L'installeur Ubiquity apparaît sur le LiveCD et équipe depuis lors l’ensemble des LiveCD. Canonical passe des accords avec Sun Microsystems.

En 2007, la version Ubuntu 7.04 inaugure les effets 3D avec Compiz (désactivés par défaut) et le rapatriement, via une interface graphique, du dossier « Mes documents », des fonds d’écran, des favoris Internet et des contacts (courrier électronique et messagerie instantanée) depuis un ancien système d’exploitation. En France, l'Assemblée nationale s'équipe d'ordinateurs Ubuntu[26]. Intel passe un contrat avec Canonical pour développer une plate-forme mobile : Ubuntu Mobile. Dell vend des portables et des ordinateurs avec Ubuntu préinstallé depuis le (le support Dell d'Ubuntu est effectué via Canonical). Ces ordinateurs sont également disponibles en France depuis le [27].

En janvier 2008, en France, la gendarmerie nationale annonce son abandon de Windows et la migration de tous ses postes informatiques vers Ubuntu d'ici 2013 (soit environ 70 000 ordinateurs). Ce qui représentait sur la période 2004 à mars 2009 une économie de 50 millions d'euros[28]. La version d'Ubuntu adaptée pour être utilisée par la Gendarmerie nationale française se nomme GendBuntu.

En avril sort la deuxième version issue d'un cycle de développement de deux ans, la version Ubuntu 8.04 LTS, nom de code Hardy Heron (le héron robuste).
En juin, l’intégration de Gobuntu — version libre d’Ubuntu — à Ubuntu en tant qu’option d’installation est annoncée.
En septembre, en Suisse, les 9 000 ordinateurs des écoles genevoises auront entièrement abandonné les logiciels Microsoft Office. Dans un deuxième temps, Windows sera également abandonné pour migrer vers Ubuntu[29],[30].

Un exemple plus proche est le choix d'Ubuntu en 2008 pour tous les serveurs de Wikipédia (au total 400, qui gèrent au moment de l'annonce 684 millions de visiteurs par an[31]).

Le 9 avril 2010, Chris Kenyon, vice-président de Canonical, annonce que le nombre d'utilisateurs d'Ubuntu, qui était estimé à 8 millions en 2008, est désormais estimé à 12 millions[32].

Le 5 avril 2011, Canonical met fin à son programme de distribution gratuite d'Ubuntu sur CD via son programme ShipIt (Système de distribution de CD-Rom gratuits). Désormais il sera possible d'utiliser un service cloud offert aux utilisateurs pour pouvoir tester Ubuntu sur Internet sans l'installer[33].

Entre avril et mai 2011, la dernière version d'Ubuntu conduit certains utilisateurs à passer à Linux Mint, Fedora ou Xubuntu[34] rebutés par le choix de l'équipe de développement de proposer Unity comme gestionnaire de fenêtres.

Dans la version 12.10 (octobre 2012), Canonical décide d'introduire des liens publicitaires vers le site commercial Amazon depuis l'interface Unity. Cette décision suscite une vive polémique au sein de la communauté des utilisateurs. Ces publicités ciblées posent notamment des problèmes de respect de la vie privée. Suite aux nombreuses protestations, Canonical a introduit la possibilité de désactiver cette fonctionnalité[35],[36].

Le 4 mars 2013, Canonical annonce le développement de son propre serveur d'affichage : Mir

Organisation du projet[modifier | modifier le code]

Le projet Ubuntu s’appuie sur une communauté internationale et souveraine de développeurs et d'utilisateurs, qui élabore la distribution en sélectionnant les paquets de logiciels, en réalisant des mises à jour de sécurité et en fournissant des outils de support technique.

Le développement du projet s’organise autour d’un portail mis en place par Canonical : Launchpad. Ce portail inclut les outils suivants, permettant le développement d'Ubuntu :

  • le projet Bazaar, permettant aux développeurs d’organiser le développement de paquets (sorte de CVS) ;
  • le bug tracker Malone, permettant la gestion des rapports de bug provenant directement des utilisateurs ;
  • le projet Answers, qui permet aux utilisateurs de poser leurs questions et d’effectuer des demandes de support auprès de l’équipe de support d’Ubuntu et d’autres contributeurs ;
  • le bountie tracker, permettant d’ajouter ou de participer à la donation de primes (en USD) aux développeurs en contrepartie de fonctionnalités nouvelles dans Ubuntu ;
  • le projet Rosetta, qui permet aux utilisateurs de traduire l’ensemble des paquets que comporte Ubuntu directement depuis le site du Launchpad ;
  • le projet Blueprint, qui indique les divers objectifs à atteindre pour la prochaine version d'Ubuntu.

Launchpad comporte également un grand nombre de wiki permettant aux différents groupes de contributeurs de s’organiser.

Composants[modifier | modifier le code]

Utilisation de la Logithèque Ubuntu, l'utilitaire d’installation et de suppression d’applications.

Ubuntu divise tous les logiciels en quatre sections, appelées « composants » ou encore « dépôts », en les classant par licences et par niveau de support utilisateur disponible. Par défaut, une sélection de paquets de main (principal) sera installée pour couvrir les besoins élémentaires de la majorité des utilisateurs.

Libre Non libre
Pris en charge par Canonical main restricted
Non pris en charge par Canonical universe multiverse
  • main (principal) : paquets sous licence considérée comme libre, et pour lesquels le support de Canonical est disponible.
  • restricted (restreint) : un ensemble de pilotes et de firmwares dont la licence n’est pas considérée comme libre.
  • universe (univers) : un grand choix de logiciels libres (développement communautaire sans l’intervention de Canonical).
  • multiverse (multivers) : un ensemble de logiciels libres soumis à des restrictions légales (non supporté par Canonical)

Il existe cependant d'autres composants secondaires :

  • security : mises à jour de sécurité ;
  • updates : corrections de bogues importantes ;
  • backport : dernières mises à jour issues de la version en développement ;
  • commercial : applications réalisées par des entreprises partenaires de Canonical ;
  • medibuntu : pour « Multimedia, Entertainment & Distractions In Ubuntu », anciennement PLF qui comprend des paquets légaux en France, mais litigieux dans d’autres pays du fait de l'existence dans certains pays de brevets logiciels[37].

Versions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des versions d'Ubuntu.

Une version stable d’Ubuntu est mise à disposition tous les six mois (comme Fedora). Il existe également un cycle de développement sous-jacent de deux ans avec un objectif de stabilité accrue pour des versions LTS qui peuvent être utilisées exclusivement.

Chaque version a un nom de code et un numéro. La numérotation des versions d’Ubuntu est chronologique (contrairement à la numérotation ordinale de nombreuses autres distributions : 1.0, 1.1, 1.2 ; 2.0, 2.1 ; 3.0…) : le premier nombre correspond à l'unité des années (5 pour 2005, 6 pour 2006…) et le second correspond au mois de la publication de la version stable (04 pour avril et 10 pour octobre).

Les versions stables d'Ubuntu sont synchronisées avec le développement de l’environnement de bureau GNOME. Ce dernier a un cycle de développement de 6 mois, et une version stable de GNOME est publiée chaque mois de mars et de septembre. Ubuntu est publié en version stable environ un mois après la sortie de la nouvelle branche de GNOME, soit aux mois d'avril et d'octobre. Exceptionnellement, un délai de 6 semaines a été ajouté au cycle de développement de Dapper Drake. Devant originalement sortir en , cette version a été repoussée au dans le but de la stabiliser au maximum (elle est la première à être officiellement proposée en entreprise) et d’y ajouter le support des langues à caractères complexes (en particulier les langues orientales).

Bien qu’officiellement, les différentes versions de la distribution ne soient distinguées que par leur numéro de version, lors du développement, chaque version est identifiée par un nom de code en anglais formé d’un adjectif et d’un nom d’animal (les deux mots ayant la même lettre initiale). Ainsi, en pratique les utilisateurs avancés et les développeurs utilisent volontiers le nom de code, voire simplement l’adjectif pour désigner telle ou telle version. Par exemple, la version 5.10, ayant pour nom de code Breezy Badger, est couramment désignée par le surnom Breezy. À partir de la version 6.06 Dapper Drake, première version LTS, les lettres initiales des noms de versions respectent l'ordre alphabétique et leur position chronologique (D est la 4e lettre de l'alphabet comme Dapper est la 4e version d'Ubuntu et ainsi de suite). La version 11.04, nommée Natty Narwhal est sortie le 28 avril 2011. La version 11.10 ou Oneiric Ocelot disponible depuis le 13 octobre 2011[38]. La version 12.04 s’appelle Precise Pangolin[39], elle a été publiée le 26 avril 2012[40]. La version 13.04, Raring Ringtail est publiée le 25 avril 2013[41]. Outre le passage à un noyau 3.8.5, cette version apporte essentiellement des améliorations dans la fluidité et l’ergonomie du système. La version 13.10, Saucy Salamander est publiée le 17 octobre 2013[42]. Enfin, la version 14.04 LTS est publiée le 17 avril 2014. Comme toutes les versions LTS, elle est supportée 5 ans. Ubuntu 14.04 est surnommée Trusty Tahr, c'est-à-dire « le tahr fidèle » (le tahr est un caprin de l’Himalaya), elle intègre OpenStack.

Ci-dessous la ligne du temps des versions actuellement supportées et maintenues par Canonical et la communauté Ubuntu.

ShipIt, ou l'envoi de CD gratuit[modifier | modifier le code]

ShipIt était le service de Canonical qui permettait l'envoi gratuit de CD de la dernière version d'Ubuntu (Desktop ou Serveur, au choix). Ce service était principalement destiné aux personnes ne disposant pas de ligne à haut débit. Les frais de port étaient pris en charge par Canonical, qui recommandait pour cette raison de commander jusqu'à 5 CD dans le même paquet, les frais d'envoi étant quasi identiques (les architectures pouvaient être panachées, 32 ou 64 bits, ainsi que les interfaces utilisateur, à l'époque Gnome ou KDE. Cependant, suite à sa popularité croissante, Canonical mit fin au service le 5 avril 2011, laissant dès lors les utilisateurs s'organiser entre eux, puisqu'une masse critique était atteinte.

L'attente pour recevoir le CD était théoriquement de 2 à 3 semaines environ, mais pouvait prendre jusqu'à 10 semaines en fonction de l'adresse de livraison. En France, il fallait compter une semaine entre le moment du passage de la commande et la livraison. Pour les personnes qui souhaitaient une livraison personnalisée (c'est-à-dire, plus d'un CD-ROM par commande), l'attente pouvait atteindre plus de 20 semaines[43], dans les cas les plus rares.

Développement, branche instable[modifier | modifier le code]

Une version en permanence instable est développée sous le nom de code Grumpy Groundhog (la marmotte d’Amérique grognonne). Ses sources viennent directement des dernières versions d'applications incluses dans Ubuntu[44],[45].

Variantes et dérivées[modifier | modifier le code]

Variantes pour les ordinateurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Variantes d'Ubuntu.

Plusieurs projets reconnus ou non par Canonical sont dérivés d'Ubuntu. Ubuntu incluant par défaut l'environnement Unity, d'autres projets sont apparus afin de pouvoir bénéficier d’autres environnements graphiques. De même, d’autres versions ne sont que le résultat d'un ajout de logiciels et dont le but est de convenir pour une utilisation particulière. Ces projets sont des distributions dérivées d'Ubuntu, car ils partagent exactement la même base, les mêmes logiciels, les mêmes dépôts APT, le même nom de code et le même cycle de développement.

Les variantes reconnues par Canonical, mais non officielles sont :

  • Edubuntu, variante spécialement conçue pour le monde de l'éducation ;
  • Kubuntu qui est la variante utilisant le bureau KDE ;
  • Xubuntu (prononcer « Zoubountou »), variante destinée à des ordinateurs de configuration modeste, utilisant le bureau Xfce ;
  • Ubuntu Gnome, variante officielle qui intègre l'environnement Gnome Shell [46]
  • Mythbuntu, qui est une variante destinée à l'enregistrement vidéo et au multimédia ;
  • Ubuntu Studio, qui est une variante destinée à la création multimédia ;
  • Lubuntu, une variante très légère utilisant le bureau LXDE, est intégrée dans les variantes reconnues à partir de sa version 11.10 [47].
  • Fluxbuntu, variante qui utilise le gestionnaire de fenêtres Fluxbox ;
  • Ubuntu Kylin, une version officielle pour la Chine, née d'un accord entre Canonical et le ministère de l'industrie et des technologies de l'information en Chine [48].

Les variantes non officielles basées sur Ubuntu :

De nombreuses distributions ont été créées à partir d'Ubuntu :

  • APODIO : live CD dérivée d’Ubuntu et se destine à créer et diffuser du multimédia en incluant des logiciels de création musicale et d'édition audio vidéo mais également des serveurs de streaming.
  • Baltix : distribution d’origine balte basée sur Ubuntu, distribution elle-même basée sur Debian. Baltix est conçue pour un usage par des néophytes. Le ministère de l’Éducation Nationale de Lituanie la recommande pour les établissements scolaires. Baltix inclut par ailleurs des pilotes pour simplifier l’utilisation dans les pays baltes, notamment pour optimiser l’utilisation avec les réseaux mobiles 3G de ces pays.
  • Bodhi Linux : distribution basée sur Ubuntu, conçue pour être légère.
  • Cubuntu : distribution basée sur Ubuntu intègre le gestionnaire de Bureau Cinnamon, GNOME Shell, Unity (logiciel) et le gestionnaire de fenêtre Openbox, ainsi que de nombreux addons. Elle est une customisation de Ubuntu 14.04 LTS Trusty dont elle reprend les dépôts et mises à jours[49].
  • Emmabuntüs : Distribution basée sur Xubuntu 12.04 LTS, conçue pour la remise à neuf d'ordinateurs destinés à des projets humanitaires.
  • EOLE : méta distribution dérivée d'Ubuntu. Orientée serveur, elle est destinée plus spécifiquement au monde de l'éducation et offre entre autres services, un système de configuration simplifié. Elle présente aussi la spécificité d'être développée par l'Éducation Nationale.
  • elementary OS : basée sur Ubuntu.
  • gNewSense : distribution GNU/Linux soutenue par la Free Software Foundation et dérivée des distributions Ubuntu et Debian.
  • Gnoppix : distribution de démonstration dérivée d'Ubuntu (elle-même dérivée de Debian). L'installation sur disque dur est possible. Gnoppix fournit le bureau GNOME.
  • Hybryde Linux : distribution basée sur Ubuntu pour essayer plusieurs environnements de bureau (KDE, GNOME3, UNITY2D, GNOME-PANEL, XFCE, LXDE, E17, OPENBOX) en conservant les programmes ouverts à chaque changement d'environnement de bureau.
  • Linux Mint : distribution dont le but est de fournir une interface conviviale et pratique d'utilisation.
  • Monomaxos : distribution grecque fondée sur Ubuntu, orientée bureau (projet inactif)[50].
  • PinguyOS : distribution GNU/Linux basée sur Ubuntu, créée par Antoni Norman, le leader du projet[51]. Elle est conçue pour les personnes migrant d'un environnement Windows/Mac vers Linux[52].
  • Tango Studio : distribution basée sur Ubuntu mais complètement optimisée pour la création musicale. Elle intègre un nombre conséquent d'applications poussées et professionnelles (Ardour avec 200 greffons, Jack, Rosegarden, Hydrogen, Mixxx et des dizaines d'autres), ainsi qu'un moteur audio à très faible latence[53].
  • VoyagerLive[54] : une distribution, "live" installable, Basée sur Ubuntu/Xubuntu.
  • Ylmf OS : distribution chinoise basée sur Ubuntu, appelée aussi StartOS.

Ubuntu TV[modifier | modifier le code]

Canonical, l’éditeur de la distribution Linux Ubuntu, a officialisé à l'occasion du Consumer Electronics Show 2012 de Las Vegas son entrée sur le marché de la télévision connectée[55].

Ubuntu pour Android[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ubuntu pour Android.

Ubuntu pour Android est un projet de Canonical qui vise à lancer le système d'exploitation Ubuntu classique sur les téléphones disposant d'Android[56]. Le système a pour objectif de fonctionner en parallèle d'Android, pour permettre, lors d'une utilisation en tant que téléphone, d'utiliser Android, et lors d'une utilisation avec l'aide d'un dock, d'un clavier, d'une souris et d'un écran, d'utiliser le système d'exploitation Ubuntu. Les 2 OS fonctionneront en parallèle, sans redémarrage de la machine. Le projet n'a pas fait d'annonce depuis novembre 2012, mais le projet est maintenu parallèlement à Ubuntu Touch qui, lui, est un système d'exploitation pour smartphone et tablette tactiles[57].

Ubuntu Touch pour smartphone[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Ubuntu Touch et Ubuntu Edge.

Une version d'Ubuntu destinée aux smartphones a été dévoilée le . Cette version possède une interface pour écrans tactiles qui donne beaucoup d'importance à l'usage des bords de l'écran pour libérer de l'espace, propose une intégration d'applications développées en HTML 5, et permet également l'usage du téléphone comme station de travail à l'image de Ubuntu pour Android. Canonical cherche dès le début de l'année 2013 à attirer des fabricants afin de livrer le nouveau système d'exploitation nativement sur leurs produits vers la fin de l'année. Cependant, en février 2013, l'entreprise a annoncé que les smartphones sous Ubuntu ne seraient réellement disponibles qu'au premier trimestre 2014[58].

Par ailleurs, pendant l'été 2013, la société Canonical a tenté de lancer son propre smartphone, l'Ubuntu Edge, qui aurait utilisé Ubuntu Touch, avec des résultats mitigés : si le téléphone n'a pas réussi à trouver son financement, l'entreprise a pu se faire reconnaitre comme un acteur majeur dans les mondes de Linux, d'Android, et des smartphones.

Ubuntu pour tablettes[modifier | modifier le code]

Le , Canonical a présenté une version d'Ubuntu destinée aux tablettes tactiles, optimisée pour le multitâches[59].

Livres[modifier | modifier le code]

Le wiki officiel Unbuntu comporte une section (UbuntuBooks) qui liste des livres[60].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://wiki.ubuntu.com/MaverickMeerkat/ReleaseNotes Ubuntu 10.10 nécessite la présence des instructions cmov sur IA-32, supprimant ainsi le support i386, i486 et i586
  2. Le support n'est plus officiel depuis Ubuntu 6.06 mais les nouvelles versions restent fonctionnelles sur PowerPC (Macintosh et PS3)
  3. Ubuntu est seulement disponible pour les plates-formes UltraSPARC en édition Serveur.
  4. http://www.lemondeducloud.fr/lire-ubuntu-1110-se-tourne-vers-le-cloud-et-arm-42262.html
  5. site web officiel du gestionnaire de Bureau Unity : http://unity.ubuntu.com/
  6. Mais non libre au sens de la FSF : [1].
  7. Note : potentiellement utilisée avec des éléments non libres notamment pour une meilleure compatibilité, ce qui fait qu'Ubuntu ne fait pas partie des rares distributions considérées comme 100 % libres selon les critères les plus stricts (source)]
  8. http://www.20minutes.fr/article/725116/ubuntu-projet-communautaire
  9. devices sur le site ubuntu.com
  10. D'après un échange rapporté par Mark Shuttleworth retranscrit par Framasoft en 2005 (source), et qui serait à l'origine de la forme de nom en général : « — lifeless : Combien de temps avant que nous ne sortions la première version ? — sabdfl : Ça devra être dynamique. Six mois max. — lifeless : Six mois ! Ça n’est pas beaucoup pour la finition. — sabdfl : donc nous aurons à la surnommer la version phacochère verruqueux ».
  11. source
  12. a et b http://design.ubuntu.com/brand/ubuntu-logo
  13. http://ubuntuforums.org/showthread.php?t=142226&page=2&p=815239#post815239
  14. (en)http://askubuntu.com/questions/42724/whats-the-meaning-of-the-ubuntu-logo-where-does-it-come-from
  15. http://www.ubuntubuzz.com/2011/08/20-thing-should-know-about-ubuntu.html
  16. (en)http://design.canonical.com/the-toolkit/ubuntu-logo-and-circle-of-friends/
  17. (en)http://design.ubuntu.com/brand/ubuntu-logo
  18. https://wiki.ubuntu.com/DIYMarketing#Images
  19. https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Ubuntu_installation_compact_disks
  20. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ubuntu_8.10.jpg
  21. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ubuntu_9.04.jpg
  22. Thawte, fondée en 1995 et vendue en 1999 à Verisign pour 575 millions de dollars
  23. Forum de développement mentionnant en août 2004 l’arrivée d’une nouvelle distribution de nom de code no-name-yet. Le domaine correspondant renvoie aujourd'hui sur le site officiel d’Ubuntu.
  24. Microsoft has a majority market share sur bugs.launchpad.net
  25. Distribution la plus populaire selon le classement du site DistroWatch (à l'occasion de la sortie imminente d'Ubuntu 5.04), comme c'est annoncé sur ce blog
  26. détails sur ZDnet. (Le Parlement suisse aurait fait depuis un appel d'offre pour une demande identique source : Plein écran - Le logiciel libre (LCI), Voir sur le site de LCI
  27. « Dell propose deux PC sous Linux Ubuntu en France ! »
  28. Article de Clubic : "La gendarmerie nationale française adopte Ubuntu" Voir aussi : Article sur lemondeinformatique.fr
  29. « Article de la Tribune de Genève » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  30. [Rectificatif paru dans la Tribune de Genève du lendemain]
  31. l'article de cette annonce faite sur computerworld.com (en anglais)
  32. « Canonical revendique 12 millions d'utilisateurs d'Ubuntu », ZDNet,‎ 9 avril 2010 (consulté le 9 avril 2010)
  33. Canonical met fin à son programme de distribution gratuite d'Ubuntu sur CD
  34. Sur Distrowatch, la baisse d'intérêt pour Ubuntu reflète cette fuite des utilisateurs
  35. Christophe Sauthier, « Les recherches en ligne « sponsorisées » dans Ubuntu ou l'histoire d'une polémique qui n'en finit pas », ZDNet.fr,‎ 25 octobre 2012 (lire en ligne)
  36. Sébastien Bilbeau, « Les publicités Amazon dans Ubuntu ne respectent pas votre vie privée », Tux Planet,‎ 29 octobre 2012 (lire en ligne)
  37. 1re section de l'article sur" http://doc.ubuntu-fr.org/formats_non-libres" : informations sur les brevets logiciels .
  38. « Annonce sur distrowatch » (consulté le )
  39. « P is for… », Mark Shuttleworth,‎ (consulté le )
  40. « Ubuntu 12.04 LTS » (consulté le )
  41. « Ubuntu 13.04 (Raring Ringtail) »,‎
  42. « Ubuntu 13.10 (Saucy Salamander) »,‎
  43. https://shipit.ubuntu.com/
  44. (en) Grumpy Groundhog sur le wiki d'Ubuntu
  45. (en) présentation sur Launchpad
  46. (en) [2], le site officiel de Ubuntu Gnome, 11 mai 2011 (consulté le 26 avril 2013)
  47. (en) « Lubuntu to become official Ubuntu derivative », www.h-online.com, 11 mai 2011 (consulté le 11 mai 2011)
  48. Ubuntu Kylin : le prochain système officiel de la Chine (info clubic.com)
  49. Documentation Ubuntu Cubuntu
  50. Monomaxos sur distrowatch
  51. le libriste Pinguy-os consulté le 13 février 2014
  52. Pinguy Os sur Sourceforge
  53. Tango studio sur distrowatch
  54. http://voyagerlive.org/
  55. (en) ubuntu TV
  56. Du smartphone au PC : Canonical présente Ubuntu pour Android, Clubic, Guillaume Belfiore, 22 février 2012
  57. (en) Article de janvier 2013 expliquant que, si Ubuntu Phone est la priorité, Ubuntu for Android n'est pas abandonné, et les 2 projets sont maintenus en parallèle.
  58. « L'arrivée des smartphones Ubuntu repoussée à 2014 », Numerama,‎ 20 février 2013
  59. « Ubuntu pour tablettes dévoilé par Canonical », Numerama,‎ 19 février 2013
  60. https://wiki.ubuntu.com/UbuntuBooks

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Origine :
Debian
Basé sur :
Debian (Sid)
Ubuntu Variantes :
Kubuntu, Xubuntu, Lubuntu
Ubuntu Studio, Edubuntu
Dérivés :
CrunchBang, EasyPeasy, gNewSense,
Linux Mint, Mythbuntu, Trisquel, …