Ruan Ji

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Dans ce nom, le nom de famille, Ruan, précède le nom personnel.

Ruan Ji

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Portrait d'un lettré hautement affranchi. Peut-être le poète Ruan Ji, du groupe des "Sept Sages de la forêt de bambous". Détail d'un rouleau vertical, encre et couleurs sur soie. Attribué à Sun Wei (seconde moitié du IXe siècle). Musée de Shanghai[1]

Activités poète, écrivain
Naissance 210
Décès 263
Langue d'écriture chinois

Ruan Ji (chinois 阮籍, pinyin Ruǎn Jí, Wade-Giles Juan Chi, EFEO Jouan Tsi) ou Yuan Ji, né en 210, mort en 263, est un poète et écrivain chinois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ruan Ji est le fils de Ruan Yu, l'un des Sept Lettrés de Jian'an. Il est lui-même l'un des Sept Sages de la forêt de bambous.

Ruan Ji a vécu sous la dynastie des Cao-Wei. Il commence sa carrière politique en 239, au service de la famille Sima, qu'il est contraint de continuer à servir quand celle-ci usurpe le pouvoir, bien que sa loyauté allât aux Cao. Alors que les Sima voulaient marier sa fille au futur premier empereur des Jin, Ruan Ji s'est saoulé durant deux mois afin de ne pas avoir à donner de réponse aux Sima[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ruan Ji a laissé un écrit de jeunesse sur la musique dans lequel il fait preuve d'un confucianisme tout à fait orthodoxe. Mais ses autres œuvres sont considérées comme inspirées par le taoïsme. Il utilise en fait le taoïsme afin de choquer les conformistes et les hypocrites de son temps, dans un but moral. D'autres œuvres le montrent s'évadant dans le mysticisme, ou prônant l'anarchie, le premier peut-être en Chine[2].

Ses Poèmes qui chantent mes pensées intimes (Yonghuai shi) sont constitués de quatre-vingt deux poèmes réguliers en pentamètres. Il y manifeste son angoisse, sa recherche de l'évasion, profondément blessé par son époque, l'une des plus tragiques de l'histoire de la Chine[2].

Il est l'auteur d'un bref essai sur le Zhuangzi (Da Zhuang lun). La notion de spontanéité qu'il y évoque (« Le Ciel-Terre est né du spontané. […] Hors du spontané, il n'y a rien… »), propre au taoïsme, le rapproche du philosophe Guo Xiang (vers 252-312)[3].

Traduction[modifier | modifier le code]

  • Paul Demiéville (dir.), Anthologie de la poésie chinoise classique, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1962
    « Jouan Tsi », p. 149-151
  • Jacques Pimpaneau, Anthologie de la littérature chinoise classique, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2004
    « Ruan Ji (210-263) », p. 264-266

Références[modifier | modifier le code]

  1. La peinture chinoise, Emmanuelle Lesbre et Liu Jianlong, Editions Hazan, 2004, ill.1, p. 13. Peinture commentée par Emmanuelle Lesbre page 19
  2. a, b et c André Lévy (dir.), Dictionnaire de la littérature chinoise, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1994, rééd. 2000, p. 257-258.
  3. Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise, Le Seuil, « Points Essais », 1997, p. 339.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Donald Holzman, Poetry and Politics: The Life and Works of Juan Chi, Cambridge University Press, 1976.