René Crevel

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René Crevel

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René Crevel en 1930

Nom de naissance René Paul Henri Crevel
Activités Écrivain, poète
Naissance 10 août 1900
Paris, Drapeau de la France France
Décès 18 juin 1935 (à 34 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Mouvement Surréalisme

René Crevel, né le 10 août 1900 à Paris 10e[1] et mort le 18 juin 1935 à Paris, est un écrivain et poète français, dadaïste puis surréaliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de la bourgeoisie parisienne, René Crevel suit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly où il rencontre Jean-Michel Frank qui deviendra décorateur et Marc Allégret qui deviendra cinéaste. Après son bac, il fait des études de lettres et de droit en Sorbonne mais délaisse les cours pour la lecture ou les discussions avec des artistes. Il fait la connaissance de Marcelle Sauvageot. Il n'a que 14 ans quand son père se suicide.

Pendant son service militaire, il rencontre Roger Vitrac et Max Morise. Il fait la connaissance d'André Breton en 1921 et rejoint les surréalistes. À la fin de 1922, il entraîne le groupe dans des expériences des « sommeils forcés », que Breton accepte avec bonne volonté dans un premier temps. Crevel impressionne par la qualité de son éloquence au point que celui-ci regrettera que les séances n'aient pu être enregistrées : « Nous aurions eu un document inappréciable, quelque chose comme le « spectre sensible » de Crevel. »

Exclu du mouvement en octobre 1925, il rejoint Tristan Tzara et dada. Il participe comme acteur à la mise au point de la pièce de Tzara, Cœur à gaz dans un costume dessiné par Sonia Delaunay. Pour elle, il écrit l'article Les Robes de Sonia Delaunay où il exalte le talent de l'artiste[2]. En 1926, il est atteint de tuberculose. En 1929, l'exil de Léon Trotski va l'amener à renouer avec les surréalistes. Fidèle d'André Breton, il s'épuise à essayer de rapprocher surréalistes et communistes. Membre du Parti communiste français depuis 1927, il en est exclu en 1933.


Il s'investit beaucoup dans l'organisation du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, en 1935, où s'inscrit le groupe surréaliste. Breton est désigné comme porte-parole. Cependant, par suite d'une violente altercation avec Ilya Ehrenbourg, qui représente la délégation soviétique, cette dernière obtient l'interdiction de parole de Breton et son exclusion du congrès[3]. René Crevel, qui ne peut pas imaginer l'absence des surréalistes à ce congrès, en sort désabusé et écœuré. De plus, il vient d'apprendre, le 16 juin, qu'il souffrait d'une tuberculose rénale alors qu'il se croyait guéri[4]. La nuit suivante, il se suicide au gaz dans son appartement, après avoir griffonné sur un papier « Prière de m'incinérer. Dégoût »[5]. Klaus Mann qui fut un ami proche résuma dans son livre Le Tournant " Il se suicida parce qu'il avait peur de la démence, il se suicida parce qu'il tenait le monde pour dément"[6].

« Crevel, écrivait André Breton en 1952 dans ses Entretiens, avec ce beau regard d'adolescent que nous gardent quelques photographies, les séductions qu'il exerce, les craintes et les bravades aussi promptes à s'éveiller en lui... à travers tout cela c'est l'angoisse qui domine. Il est d'ailleurs psychologiquement très complexe, contrecarré dans une sorte de frénésie qui le possède par son amour du XVIIIe et particulièrement de Diderot. »

Dans les années 1920, il fut un hôte assidu de Sainte-Maxime où il rendait visite à son ami Victor Margueritte et séjournait à l'Hôtel du Commerce et à l'Hôtel des Palmiers. Durant la saison d'hiver, il fut aussi un habitué du Château Saint-Bernard à Hyères aujourd'hui nommé villa Noailles où il était chaleureusement reçu par ses amis Marie-Laure de Noailles et Charles de Noailles.

« Né révolté comme d'autres naissent avec les yeux bleus », comme l'écrit Philippe Soupault, il repose dans le caveau familial du cimetière de Montrouge.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Tombe au cimetière de Montrouge.
  • 1924 : Détours, Paris, Gallimard, Nouvelle Revue Française.
  • 1925 : Mon corps et moi, Paris, Éditions du Sagittaire.
  • 1926 : La Mort difficile, Paris, Éditions du Sagittaire/Simon Kra[7]
  • 1927 : Babylone, Paris, Éditions du Sagittaire/Simon Kra.
  • 1928 : L'Esprit contre la raison, Marseille, Les Cahiers du Sud.
  • 1929 : Êtes-vous fous ?, Paris, Gallimard.
  • 1930 : Renée Sintenis, coll. « Les Sculpteurs nouveaux », Paris, Gallimard, NRF.
  • 1930 : Paul Klee, coll. « Les Peintres nouveaux », Paris, Gallimard, NRF.
  • 1931 : Dalí ou l'anti-obscurantisme, Paris, Éditions surréalistes.
  • 1932 : Le Clavecin de Diderot, Paris, Éditions surréalistes.
  • 1933 : Les Pieds dans le plat, Paris, Éditions du Sagittaire.
  • 1934 : Le Roman cassé et derniers écrits, 1934-1935.
  • 2013 : Les Inédits. Lettres, textes, Paris, Le Seuil
  • 2013 : Lettre pour Arabelle et autres textes, avec en addenda vif de Franck Guyon et A propos du suicide de René Crevel de David Gascoyne, éditions Marguerite Waknine
  • 2014 : Œuvres complètes, édition établie, préfacée et annotée par Maxime Morel, Editions du Sandre, 2 tomes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Buot, Crevel, Paris, Grasset, 1991 (ISBN 9782246417811)
  • Michel Carassou, René Crevel, Paris, Fayard, 1989
  • Claude Courtot, René Crevel, Paris, Seghers, collection Poètes d'aujourd'hui, 1969
  • Torsten Daum,René Crevel. Eine Verständigung mit fiktivem Gespräch, Berlin, 1989
  • Lawrence R. Schehr, French Gay Modernism, Urbana [etc.], University of Illinois Press, 2004 (ISBN 9780252029455)
  • René Crevel ou l'esprit contre la raison : actes du colloque international, Bordeaux, 21 au 23 novembre 2000, études réunies par Jean-Michel Devésa, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2002 (ISBN 9782825116883)

Portrait[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, mairie du 10e arrondissement, acte de naissance no 3312, année 1900.
  2. Georges Le Rider, Florence Callu, Jean Toulet, Sabine Coron, Sonia & Robert Delaunay, Paris, éditions de la Bibliothèque nationale de France,‎ 1977 (ISBN 2-7177-1388-3), p. 67
  3. Michel Winock, Le Siècle des intellectuels, Points Seuil, 1999, p. 313.
  4. Louis Aragon, L'Homme Tzara, dans Les Lettres françaises du 9 janvier 1964.
  5. Dictionnaire des intellectuels français, Jacques Julliard, Michel Winock, Ed. Seuil, p. 319
  6. Klaus Mann, Le Tournant, Paris, Solin, 1984.
  7. Ré-édition au Livre De Poche, collection «Biblio», 1987.
  8. http://www.albrightknox.org/collection/search/piece:1493/
  9. http://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-b8d928fe359e295540941097e6f15d4&param.idSource=FR_O-d117e8763eeafea1a7ebd967f1dc62c2

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