Irradiation des aliments

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L'irradiation des aliments consiste à exposer des aliments à des rayonnements ionisants afin de réduire le nombre de micro-organismes qu'ils contiennent. Ce procédé est aussi appelé pasteurisation à froid, parce qu'il ne suppose pas de traitement thermique, et vise également à la conservation des aliments, on parle également de radioconservation des aliments. Ces deux derniers termes sont également utilisés car plus positifs aux yeux du public qu'irradiation. Ce procédé diffère de la stérilisation car ne vise pas nécessairement à détruire la totalité des germes. Des recherches scientifiques extensives ont été produites pour obtenir l'autorisation de l'utilisation de cette technique par la Food and Drug Administration, le Département de l'Agriculture des États-Unis et l'OMS.

Sommaire

[modifier] Avantages et inconvénients

L'irradiation de la nourriture est une technique développée par des entreprises agroalimentaires parce que les aliments ainsi irradiés s'abîment moins (et donc se conservent plus longtemps). Le procédé réduit également le risque de contamination par un organisme pathogène. Effets observés :

[modifier] Avantages (santé, consommation)

[modifier] Inconvénients et questions sur la sécurité alimentaire

À des doses supérieures à 6 kilogray, l'irradiation peut dégrader les vitamines ainsi que d'autres nutriments, diminuant ainsi les qualités nutritives du produit. Elle peut avoir un impact négatif sur le goût, l'odeur et la texture des aliments traités. Par exemple, en France, la dose de 10 kilogray est autorisée pour le traitement des céréales, de la farine de riz ou des épices, et la dose de 5 kilogray est autorisée pour traiter la viande ou le poisson[1].

Les aliments sont irradiés suffisamment longtemps pour que les bactéries et moisissures soient inactivées. Exemple la pomme de terre ne germe plus et le germe se nécrose en une pulpe noire.

[modifier] Historique de la polémique en France:

L'irradiation pourrait aussi créer des composés qui seraient toxiques pour l'homme, même cytotoxiques et mutagènes[2]. Cela a constitué un sujet de controverses[3] entre une équipe de chercheurs et le CSAH (comité scientifique pour les aliments humains[4]). Certains de ces composés, 2-alkylcyclobutanones (2-ACB), produits par la dégradation des graisses dans les aliments qui en contiennent, seraient cancérogènes sur les souris, selon notamment une étude menée par le Laboratoire d'Oncologie Nutritionnelle de Strasbourg en 2002[5](cancer du côlon). En novembre 2011, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) a toutefois considéré que les 2-ACB produits n'étaient pas significativement plus nombreux que lors d'une cuisson traditionnelle (en disant se fonder sur les résultats d'une étude [6] de 1999 de l' OMS dont ce ne sont pourtant pas les conclusions mais une simple hypothèse[7]). L'AESA n'a pas retenu les résultats des études tendant à démontrer le caractère mutagène ou cancérogène de l'irradiation des aliments pour déterminer sa position sur la question[8].

[modifier] Procédé

Dans l’industrie, on distingue[9] :

  • la radappertisation (entre 20 et 50 kilo Gray)
  • la radicidation (égal ou inférieur à 10 kGy)
  • la radurisation.

[modifier] Le rayonnement ionisant bêta

Article détaillé : Rayonnement ionisant.

L'irradiation par faisceau d'électrons utilise des électrons accélérés par un champ électrique à des vitesses proches de celle de la lumière. Des régulations internationales limitent l'énergie du faisceau de façon à assurer qu'aucune radioactivité ne soit induite.

Les électrons ont une section efficace nettement plus importante que les photons, de sorte qu'ils ont une pénétration faible et que les fruits doivent être traités individuellement. Le traitement est par contre rapide (quelques secondes). Les opérateurs sont protégés par des parois en béton.

[modifier] Le rayonnement gamma

Article détaillé : Rayonnement ionisant.

Ce rayonnement est obtenu à l'aide de radioisotopes, généralement du cobalt 60, et plus rarement du césium 137. C'est la technologie la plus efficace en termes de coûts, car la pénétration des rayons gamma permet le traitement de palettes entières, ce qui diminue fortement la manutention. Une palette est typiquement exposée au rayonnement pendant plusieurs minutes, selon la dose que l'on veut obtenir. La radioprotection prend la forme de boucliers en béton. La plupart des installations prévoit que la source radioactive puisse être immergée pour permettre la maintenance, l'eau absorbant tous les rayons. D'autres installations comprennent des boucliers mobiles. Il existe une conception qui maintient le cobalt 60 constamment immergé, et les produits à irradier sont placés sous des cloches hermétiques pour leur traitement.

[modifier] Rayons x

Les rayons X et les rayons gamma sont de même nature, mais sont produits différemment : alors que les rayons gamma sont produits lors de la désintégration radioactive des noyaux des atomes ou d'autres processus nucléaires ou subatomiques, les rayons X sont produits par des transitions électroniques et sont surtout utilisés dans de nombreuses applications dont l'imagerie médicale (« radiographie conventionnelle »[10]) et la cristallographie.

[modifier] L'irradiation des aliments dans le monde

[modifier] Union européenne

Le traitement par ionisation des denrées alimentaires est soumis à une réglementation particulière[11].

Actuellement, cinq pays de l'Union européenne autorisent l'irradiation d'aliments : la Belgique, la France, les Pays-Bas, l'Italie et le Royaume-Uni. Les autres pays de l'Union européenne n'importent pas d'aliments irradiés. Certains pays de l'Union européenne autorisent l'irradiation pour d'autres produits alimentaires que ceux qui sont traités par la France. Ainsi, le Royaume-Uni pratique l'irradiation pour les légumes, les fruits, les céréales et les poissons. Ces produits peuvent ensuite circuler librement dans l'UE ou bien être incorporés dans des plats cuisinés ou dans d'autres produits agro-alimentaire de pays n'autorisant pas l'irradiation de ces aliments.

[modifier] France

En France, les aliments suivants peuvent être soumis à un traitement par ionisation :

[12]

[modifier] Suisse

En Suisse, l'irradiation des aliments est sujette à demande d'autorisation de la part de l'office fédéral de la santé publique. La première autorisation concernant l'irradiation d'herbes et d'épices séchées a été donnée en mai 2007[13].

[modifier] Signalétique

Le logo RADURA

Au Canada, tous les produits alimentaires traités par irradiation doivent présenter le logo RADURA sur leur emballage[14].

En France, comme en Europe, toute denrée irradiée doit porter la mention « traité par rayonnements ionisants » ou « traité par ionisation ». En pratique, cette signalétique n'apparaît quasiment jamais au consommateur dans la mesure où les ingrédients irradiés sont le plus souvent incorporés dans des plats préparés où ils sont mélangés à d'autres non irradiés.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Agence Internationale pour l'Energie Atomique
  2. Nadine Knolla, Anja Weiseb, Uwe Claussenb, Wolfgang Sendtc, Brigitte Mariand, Michael Gleia, Beatrice L. Pool-Zobel : 2-Dodecylcyclobutanone, a radiolytic product of palmitic acid, is genotoxic in primary human colon cells and in cells from preneoplastic lesions ( Mutation Research/Fundamental and Molecular Mechanisms of Mutagenesis, volume 594, N°1–2, 22 février 2006, pp 10–19)
  3. http://www.mijarc.info/fileadmin/MIJARC/Europe/Downloads/Press_release/Lettre_ouverte_2010.pdf; partie "Des risques sanitaires" et références 13, 14 et 15
  4. http://www.contactalimentaire.com/index.php?id=546
  5. Raul F, Gosse F, Delincee H, Hartwig A, Marchioni E, Miesch M, Werner D, Burnouf D.: Food-borne radiolytic compounds (2-alkylcyclobutanones) may promote experimental colon carcinogenesis (Nutr Cancer. vol. 44, n°2, pp 189-91)
  6. [http://www.who.int/foodsafety/publications/fs_management/en/irrad.pdf High-Dose Irradiation: Wholesomeness Of Food Irradiated With Doses Above 10kGy (FAO, Genève, 1999)]
  7. p.23
  8. http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/cef110406.htm?wtrl=01
  9. Alphonse Meyer, José Deiana et Alain Bernard,Cours de microbiologie générale avec problèmes et exercices corrigés’’, Doin, 2004, 430 p. (ISBN 2-7040-1170-2), p. 229.
  10. Anatomie médicale, de Moore et Dalley, 2e édition, 2007, ISBN 978-2-8041-5309-0
  11. Législation UE
  12. Journal Officiel des communautés européennes du 20 juillet 2002
  13. Irradiation des denrées alimentaires sur le site de l'OFSP
  14. Direction des Aliments (Canada) : Exigences d'étiquetages en vigueur - Produits irradiés


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