Ligue communiste

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Livre paru en 1972 aux éditions François Maspero/poche rouge.

La Ligue communiste est le nom de deux organisations trotskistes françaises.

Ligue communiste (1933-1938)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligue communiste de France.

La Ligue communiste des années 1930 rassembla les membres de l'Opposition de gauche (trotskiste) avant la proclamation de la IVe Internationale. Créée en tant que tendance interne, et secrète, au sein du PCF, elle s'organise autour de la revue La Vérité, créée en août 1929 et dirigée par Alfred Rosmer. Celui-ci est chargé par Trotski lui-même, qui vient d'être expulsé d'URSS, d'unifier les deux tendances rivales du trotskisme, séparées principalement pour des raisons personnelles[1], entre le groupe des surréalistes de Pierre Naville et celui de Raymond Molinier[1].

Le jeune Yvan Craipeau rencontre alors ces militants (dont Gérard Rosenthal), qui ne sont alors qu'une cinquantaine, avec une demi-douzaine de dirigeants autour de Naville et Molinier[1].

Ligue communiste (1969-1973)[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

La Ligue communiste est née peu après Mai 68, de la fusion de la Jeunesse communiste révolutionnaire et du Parti communiste internationaliste, affilié à la IVe Internationale.

Son congrès de fondation a lieu à Mannheim (Allemagne) du 5 au , pour échapper à la surveillance policière. Le congrès de fondation de la Ligue communiste met en avant trois points :

  • la construction du parti révolutionnaire ;
  • l’adhésion à la Quatrième Internationale[2] ;
  • la « dialectique des secteurs d’intervention ».

Elle a alors pour porte-parole Alain Krivine et pour dirigeants principaux Daniel Bensaïd, Charles Michaloux et Henri Weber.

Activités[modifier | modifier le code]

La LC possède une vision de Mai 1968 inspirée par la révolution russe avec l'analogie 1905/1917. Elle considère que Mai 1968 avait été une « répétition générale »[3].

Après les évènements de Mai 1968, la Ligue communiste estimant de grandes possibilités révolutionnaires mena une politique dite du « triomphalisme » avec des appels incessants à la mobilisation des travailleurs, la campagne d'Alain Krivine à l’élection présidentielle de 1969 où la LC appelle ses électeurs à s'organiser en « Comité rouge ». La LC menait une politique que ses militants jugent aujourd'hui de « gauchiste »[réf. souhaitée] mais à analyser dans le contexte de l'époque où les maoïstes « spontanéistes » appelaient de leur côté à la « guerre civile »[4]. La LC était principalement implantée, à l'époque, au sein de la jeunesse scolarisée et ouvrière. Puis, des mouvements d'extrême gauche en France, et surtout en Italie, allaient basculer dans le terrorisme. C'est le début des « Années de plomb ».

La LC considérait à l'époque le Parti socialiste comme un parti « bourgeois ». Pour la LC, la gauche était incarnée par le PCF et la CGT[réf. souhaitée].

Ce « gauchisme » avait également une dimension quasi-militaire dans l'organisation par la Commission technique de la LC d'un service d'ordre (SO). Celui-ci organisait, en collaboration avec d'autres groupes d'extrême gauche, des attaques de meetings organisés par les organisations d'extrême droite.

La dissolution[modifier | modifier le code]

C'est ainsi que le , le service d'ordre de la Ligue, sous l'impulsion de son responsable, Michel Recanati, a organisé, en commun avec le Parti communiste marxiste-léniniste de France, l'attaque du meeting « contre l'immigration sauvage » tenu à la Mutualité par le mouvement d'extrême droite Ordre nouveau (successeur d'Occident) qui causa une centaine de blessés parmi les forces de l'ordre[5]. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Raymond Marcellin, décide alors la dissolution de la Ligue communiste le , ce qui forcera ses militants à rester clandestins durant deux mois sous le nom de Front communiste révolutionnaire. Puis elle se reformera officiellement sous le nom de « Ligue communiste révolutionnaire ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 181 sq
  2. Cette adhésion est refusée par l'une de ses tendances, qui choisit de rejoindre le maoïsme et de créer l'organisation « spontanéiste » Vive la révolution (VLR).
  3. Daniel Bensaïd et Henri Weber, Mai 1968 : une répétition générale ?, Maspero, 1968.
  4. Voir Vers la guerre civile d'Alain Geismar et Serge July.
  5. [PDF] Rouge numéro 2000, 16 janvier 2003.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]