Jeu de l'oie

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Jeu de l’oie
jeu de société
Goosy Goosy Gander 02.JPG
Ce jeu appartient au domaine public
Date de 1re édition 1597 ?
Joueur(s) 2 à illimité
habileté
physique

 Non
 réflexion
décision

 Non
générateur
de hasard

 Oui
info. compl.
et parfaite

 Oui

Le jeu de l'oie est un jeu de société de parcours où l'on déplace des pions en fonction des résultats de deux dés. Traditionnellement, le jeu de l'oie comprend 63 cases disposées en spirale enroulée vers l'intérieur et comportant un certain nombre de pièges. Le but est d'arriver le premier à la dernière case. Le jeu de l'oie est un jeu de hasard pur.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'une des plus anciennes mentions du jeu de l'oie date de 1617 et provient de l'ouvrage de Pietro Carrera consacré aux échecs où l'auteur affirme que ce jeu fut inventé à Florence une génération auparavant, et que François Ier de Médicis en aurait envoyé un exemplaire à Philippe II d'Espagne. Inventé donc probablement à la fin du XVIe siècle, ce jeu semble connaître un succès rapide à travers toute l'Europe : il est déposé au Registre des Libraires de Londres en 1597, imprimé en France vers 1600 et mentionné en 1614 dans le Saint-Empire[1]. Certains auteurs[Qui ?] attribuent son succès au caractère ésotérique du parcours qu'il engendre. Mais ce dernier peut tout simplement être comparé à la vie humaine avec ses aléas.[réf. nécessaire]

Le titre original du jeu français est « Le jeu de l'oye, renouvellé des Grecs » bien qu'il soit certain que ce jeu leur ait été inconnu, cette référence aux Grecs marquant, selon Claude Aveline, «le goût de l'époque pour l'hellénisme et une astuce des marchands pour donner un air ancien à un jeu nouveau[2]».

Le jeu de l'oie est considéré comme l'ancêtre des jeux actuels de parcours et de plateau.[réf. nécessaire] Sur le plan symbolique, l'oie renvoie à un animal qui annonce le danger. Ce mot aurait les mêmes racines que « oreille » et « entendre ».[réf. nécessaire] Le jeu de l'oie permettrait ainsi de mieux comprendre le monde. Son tracé en forme de spirale rappelle le labyrinthe à parcourir pour arriver à cette connaissance. Pont, puits, prison, mort sont autant de figures du parcours qui font référence à la mythologie et qui ont leur correspondance ésotérique dans les images du tarot.

Le tracé du jeu, imprimé sur une feuille de papier ou de carton, a donné lieu à de multiples variantes qui en font un des archétypes de l'imagerie populaire de tous les pays. Il est à l'origine d'un genre graphique et littéraire très répandu en Espagne et surtout en Catalogne, l'auca (« oie »), feuille imprimée avec une succession d'images accompagnées de textes rimés.

Les collectionneurs de jeux de l'oie sont appelés ocaludophiles.

Les différentes cases[modifier | modifier le code]

La règle de base est intangible. Le jeu se joue avec 2 dés. Un premier coup décide de celui qui va commencer. L'oie signale les cases fastes disposées de 9 en 9. Nul ne peut s'arrêter sur ces cases bénéfiques et on double alors le jet.

Qui fait 9 au premier jet, ira au 26 s'il l'a fait par 6 et 3 ou au 53 s'il l'a fait par 4 et 5.

Qui tombe à 6, où il y a un pont, ira à 12.

Qui tombe à 19, où il y a un hôtel, se repose quand chacun joue 2 fois.

Qui tombe à 31, où il y a un puits attend qu'on le relève.

Qui tombe à 42, où il y a un labyrinthe retourne à 30.

Qui tombe à 52, où il y a une prison attend qu'on le relève.

Qui tombe à 58, où il y a la mort, recommence.

Le premier arrivé à 63, dans le jardin de l'oie, gagne la partie. À condition de tomber juste, sinon il retourne en arrière, sur autant de cases qu'il lui reste à parcourir.

Variantes[modifier | modifier le code]

Plus de 10 000 variantes sont, à ce jour, recensées. Elles abordent tous les domaines : l'éducation, la morale, la religion, la littérature, l'histoire, l'héraldique, les sciences, la publicité, les sports, etc. C'est Henry d'Allemagne qui, en 1950, initia, en France, la première tentative de classement.

  • Le « jeu de la casserole » est un jeu de l'oie antimaçonnique en 33 cases qui fut mis en vente dès 1905[3]. Le titre s'inspire de l’« affaire des casseroles » ou « affaire des fiches » au début du XXe siècle.
  • Le jeu de l'affaire Dreyfus publié en 1898 par le journal l'Aurore est sans doute le jeu historique le plus connu.
  • Les élections présidentielles, considérées comme un parcours acharné, ont très souvent inspiré les dessinateurs de jeux de l'oie, notamment ceux du Canard enchaîné.
  • Le journal Vu publia en 1933 un jeu de l'oie automobile qui est le premier jeu illustré par la photographie.

Jeux dérivés[modifier | modifier le code]

De nombreux jeux de parcours sont dérivés du jeu de l'oie.

Parmi lesquels on note :

Le jeu de l'oie et les écrivains[modifier | modifier le code]

Plusieurs œuvres ont été illustrées par le jeu de l'oie. Dès le XVIIIe siècle, les Fables d'Ésope, puis de la Fontaine, Don Quichotte, les contes de Perrault servent de base à des parcours originaux. Au XIXe siècle deux romans d'Eugène Sue inspirent les imagiers : le jeu du juif errant et celui des mystères de Paris.

Jules Verne base son roman Le Testament d'un excentrique sur le jeu de l'oie. Il s'agit d'un gigantesque jeu de l'oie : chaque case correspond à un État des États-Unis de l'époque. Comme le nombre d'États est inférieur à celui du nombre de cases du jeu de l'oie, l'État de l'Illinois (celui de la ville de Chicago) est répété plusieurs fois. Le gagnant du jeu de l'oie sera désigné comme l'héritier d'un millionnaire de Chicago. Un autre roman célèbre de Jules Verne Le Tour du monde en quatre-vingts jours se décline en une dizaine de jeux différents.

Laurent Kloetzer base aussi son roman fantastique La Voie du Cygne, paru en 1999, sur le jeu de l'oie. Cette fois-ci ce sont la structure du roman et son intrigue qui reflètent le tablier de ce jeu de hasard, au fil d'une enquête menée par un scientifique excentrique dans une cité décadente afin de délivrer sa fille adoptive de la prison où elle a été jetée après avoir faussement été accusée du meurtre d'un prince.

L'acte deux de La Belle Hélène de Jacques Offenbach, sous-titré Le jeu de l'oie, s'articule autour d'une partie de ce jeu, où Calchas convaincu de tricherie, est amené à favoriser l'introduction « en douce » de Pâris auprès d’Hélène.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Noble Jeu de l'oie en France de 1640 à 1950 par H.d'Allemagne. Editions Grund. 1950.
  • L'Histoire de France racontée par le jeu de l'oie par Alain Girard et Claude Quétel. Editions Balland / Massin. 1982
  • (fr) Thierry Depaulis, Sur la piste du jeu de l'oie, in Le Vieux Papier, Paris, fascicule 345, octobre 1997 (Lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Depaulis, « Sur la piste du jeu de l'oie », Le Vieux Papier, no 345,‎ octobre 1997 (lire en ligne)
  2. Claude Aveline, Le Code des Jeux, Hachette,‎ 1961, 642 p.
  3. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, article "Antimaçonnisme", p.35

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