Jacques Roux

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Jacques Roux, né le à Pranzac, il se suicide le dans la prison de Bicêtre, est une personnalité de la Révolution française, pionnier d'une certaine forme de socialisme en France et précurseur de l'anarchisme, surnommé « le curé rouge ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est frappé d’interdit après avoir participé au pillage de châteaux. Vicaire de Saint-Thomas-de-Conac en 1790, il fut l'un des premiers prêtres (« curé rouge » selon Maurice Dommanget) à prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il accompagna Louis XVI à l'échafaud avec Jacques-Claude Bernard. Sa faction des Enragés (dont Jean-François Varlet fait partie), réclamait la taxation et la réglementation en termes de prix. Il dénonçait la bourgeoisie marchande plus terrible selon lui que « l'aristocratie nobiliaire et sacerdotale ». Il critique la notion de propriété, multiplie les attaques contre les riches, justifie les pillages de boutiques, les qualifiant de restitutions[1].

Ce « prêtre socialiste »[2] liait problème politique, crise sociale et question agraire et ce dès 1792. Il défendait l'idée que les principes de liberté défendues par la nouvelle législation servaient avant tout l'intérêt d'une classe au détriment de la société. L'expression la plus achevée de son programme fut sans doute celle contenu dans son Adresse à la Convention nationale (également connue sous le nom de Manifeste des Enragés) le qui repose sur l'idée que

« La liberté n'est qu'un vain fantôme, quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L'égalité n'est qu'un fantôme, quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort de son semblable. La république n'est qu'un vain fantôme, quand la contre-révolution s'opère de jour en jour par le prix des denrées auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes. »

Trois points peuvent apparaître comme les lignes de force de ce programme : taxation générale, répression de l'accaparement, prohibition du commerce de l'argent monnayé.

Son mouvement inquiétait la Convention, Marat - qui n'hésite pas à la qualifier de « patriote de circonstance » ou de « boutefeu de la section des Gravilliers » - et même les Hébertistes et Roux devint de plus en plus isolé. Les Montagnards déclenchent contre lui une campagne visant à le faire passer pour un contre-révolutionnaire. Arrêté en septembre 1793 pour être jugé par le Tribunal révolutionnaire, il préféra se donner la mort en se poignardant.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le despotisme qui se propage sous le gouvernement de plusieurs, le despotisme sénatorial est aussi terrible que le sceptre des rois, puisqu'il tend à enchaîner le peuple, sans qu'il s'en doute, puisqu'il se trouve avili et subjugué par les lois qu'il est censé dicter lui-même[3]. »

« Les lois ont été cruelles à l'égard du pauvre parce qu'elles n'ont été faites que par les riches et pour les riches[4]. »

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Soboul, La Civilisation de la Révolution française, Arthaud, 1988.
  • Maurice Dommanget, Enragés et curés rouges en 1793 : Jacques Roux et Pierre Dolivier, Spartacus, 1993.
  • André Berland, Un grand révolutionnaire charentais, l'abbé Jacques Roux : les débuts en Angoumois et en Saintonge du futur chef des Enragés, 1752-1794, Libr. B. Sepulchre, 1988.
  • Albert Mathiez, La révolution française, Volume 1, A. Colin, 1922
  • Dominic Rousseau, Le curé rouge : vie et mort de Jacques Roux, Amis de Spartacus, 2013, notice éditeur.

Notices[modifier | modifier le code]

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