Jackson Heights

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Jackson Heights est un groupe rock progressif britannique formé en 1970 après que le leader des Nice, Keith Emerson, eut décidé de quitter le trio pour former un autre groupe, Emerson, Lake and Palmer. Durant leur brève carrière qui s'est échelonnée sur quatre ans, Jackson Heights publie quatre albums, King Progress, The Fifth Avenue Bus, Ragamuffins Fool et Bump n' Grind.

Parcours du musicien fondateur[modifier | modifier le code]

Keith Joseph Anthony Jackson, né le 8 Janvier 1943 à Newcastle, a d'abord joué de la basse avec des groupes inconnus comme The Vandykes et The Invaders. Mais c'est lorsqu'il remplace Stuart Parks dans la formation Gary Farr & The T-Bones en 1965, qu'il fait la connaissance de l'organiste Keith Emerson, puis les deux se retrouveront pour aider la chanteuse P P Arnold ex-Ike & Tina Turner Revue en formant The Nice, à la demande de Andrew Loog Oldham, avec l'ex-batteur des Mark Leeman Five Ian Hague et le guitariste David O'List, afin de l'accompagner en tournée. Hague sera bientôt remplacé par Brian 'Blinky' Davison, et le groupe se fera connaitre pour son style flamboyant. Son véritable prénom étant Keith, afin d'éviter toute confusion entre lui et Keith Emerson, on le surnomma alors Lee. Bassiste gaucher à l'instar de Paul McCartney par exemple, il se distingue en utilisant la basse VOX V248 à l'allure d'une larme, sur laquelle il utilisera parfois un archet pour la faire sonner comme un violoncelle, sur des pièces comme Hang on to a dream, My back pages ou encore Intermezzo from the Karelia Suite. Mais suite au départ d'Emerson pour se joindre à Greg Lake et Carl Palmer et fonder ainsi le trio Emerson, Lake & Palmer, The Nice se dissous et Brian Davison forme le "Brian Davison's Every Which Way", Jackson quant à lui monte Jackson Heights. Une formation qu'il veut plus acoustique, afin de s'éloigner le plus possible du son des Nice, il délaissera même la basse pour la guitare acoustique, tout au moins pour le premier album, il la reprendra par la suite mais le son sera toujours plus folk progressif.

Parcours du groupe[modifier | modifier le code]

La première formation du groupe comprend, outre Lee Jackson aux guitares acoustiques 6 et 12 cordes, harmonica et au chant, Charlie Harcourt aux guitares acoustiques et électriques, aux claviers et aux voix, Mario Enrique Covarrubias Tapia à la basse et aux guitares espagnoles ainsi que Tommy Sloane à la batterie. Le groupe sort un premier album King Progress pour la maison de disques Charisma qui avait édité les deux derniers albums des Nice. Le groupe tournera en Grande Bretagne et en Europe pendant le printemps et l'été 71. Mais malgré une magnifique version revisitée d'une chanson des Nice, The cry of Eugene sur de nouveaux arrangements, l'album King Progress est un échec commercial et remercié par Charisma, le groupe se sépare, laissant Jackson seul mais celui-ci ne se laisse pas décourager et reforme le groupe en trio cette fois-ci en recrutant de nouveaux musiciens.

Pour l'enregistrement du prochain album Fifth Avenue Bus , Lee Jackson recrutera John McBurnie au chant, guitares et claviers . Il y avait Lawrie Wright aussi aux claviers, mais ce dernier tombera malade et ne pourra achever l'enregistrement, il sera remplacé par Brian Chatton qui a joué précédemment avec le groupe Warriors de Jon Anderson ainsi qu'avec les Flaming Youth de Phil Collins. Lawrie Wright aura toutefois le temps d'enregistrer les parties de piano sur 3 pièces ; Long Time Dying, Sweet hill tunnel et House in the country ainsi que d'écrire seul la pièce Autumn Brigade. C'est avec cette dernière formation que Jackson Heights perdurera jusqu'à sa séparation finale en 1973. Sur cet album, on retrouve Michael Giles, ex-King Crimson, à la batterie, le trio tournera toutefois sans batteur, ce qui est plutôt rare. Mais encore une fois le disque ne connait pas le succès escompté et le groupe tarde à décoller, mais comme le leader est une tête dure, le groupe retourne en studio pour préparer le prochain.

Ragamuffins Fool voit ainsi le jour et le trio sort de sa retraite pour tourner toujours sans batteur, sur l'album toutefois on retrouve encore les talents de Michael Giles à la batterie. Un single sera tiré de ce disque, Maureen et John Mc Burnie commence à écrire de plus en plus. On a souvent reproché à Lee Jackson sa voix basse et limitée, mais ici par contre les voix conjuguées des trois musiciens rappellent parfois celles des groupes America ou Crosby, Stills, Nash & Young. Mais encore une fois, l'album n'enregistre pas de grosses ventes et Lee Jackson qui subvient aux besoins du groupe devient de plus en plus pauvre et désillusionné.

Mais il décide de laisser une dernière chance à sa formation et retourne en studio afin d'enregistrer ce qui sera le dernier album du trio, Bump n' grind. Il avait d'abord prévu un album concept, à savoir la vie des femmes qui se produisaient au Théâtre Burlesque, mais si le projet est trop ambitieux pour voir le jour, il sera quand même aidé par un orchestre de 20 musiciens en plus des batteurs Michael Giles et Ian Wallace, tous deux des ex-King Crimson, ainsi que Ian Paice de Deep Purple. Le concept album bien que soutenu par la maison de disque Vertigo qui offrira au groupe une luxueuse pochette n'obtient pas le succès escompté. Sur ce dernier album du groupe, on retrouve Keith Emerson à la programmation du synthétiseur Moog, ainsi que Godfrey Salmon au violon que l'on revit plus tard sur l'album Works d'ELP et qui dirigea l'orchestre lors de la tournée Works.

En tournée, le groupe ne pouvant pas recréer le son de l'orchestre, Jackson approche le claviériste suisse Patrick Moraz pour se joindre à la formation. Ce dernier refuse l'offre, mais propose de former un nouveau groupe avec lui, ayant en poche une somme d'argent intéressante et un contrat de disque. Jackson alors complètement fauché, accepte son offre et après avoir contacté son ancien comparse Brian Davison, l'ex-Nice, dissous Jackson Heights pour former l'éphémère Refugee qui enregistre un unique album chez Charisma. On retrouve John McBurnie plus tard avec Patrick Moraz, sur ses albums solo " The story of I " et " Out in the sun " ainsi que " Timecode " en 1984, il sera toutefois limité au chant. Brian Chatton, lui, se joint pour un court temps au groupe Snafu, avec Micky Moody et Mel Collins au saxophone, pour leur dernier album "All funked up" sorti en 1975. Puis plus tard, il se retrouve avec la formation Boys Don't Cry avec, entre autres, Nico Ramsden à la guitare du Gong de Pierre Moerlen. Il joue par la suite avec The Hollies en 1981 et Meat Loaf l'année suivante. Quant à Lee Jackson, il se concentra sur une carrière de styliste tout en continuant à jouer de temps à autres, jusqu'à ce qu'Emerson reforme The Nice avec Jackson et Davison en 2002 pour quelques concerts et un album tiré de ces concerts, Vivacitas, sorti la même année.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1970 : King Progress
  • 1972 : The Fifth Avenue Bus
  • 1972 : Ragamuffins Fool
  • 1973 : Bump n' Grind

Musiciens[modifier | modifier le code]

  • Lee Jackson : basse, guitares acoustiques 6 et 12 cordes, harmonica, percussion, chant
  • Charlie Harcourt : guitares acoustiques et électriques, claviers, voix (premier album)
  • Mario Tapia : basse, guitares espagnoles, voix (premier album)
  • Tommy Sloane : batterie et percussion (premier album)
  • Lawrie Wright ; piano, claviers (5th Avenue Bus)
  • John McBurnie : claviers, guitares, percussion et chant
  • Brian Chatton : claviers, chant
  • Michael Giles : batterie et percussion
  • Ian Wallace : batterie et percussion (sur Bump n' Grind)
  • Ian Paice : batterie (sur Bump n' Grind)
  • Chris Laurence : basse (sur Bump n' Grind)
  • Keith Emerson : programmation du synthétiseur moog (sur Bump n' Grind)
  • Godfrey Salmon, Gavyn Wright : violons (sur Bump n' Grind)
  • John VanDerrick : violons (sur Bump n' Grind)