François-René Molé

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François-René Molé est un acteur français, né le 24 novembre 1734 à Paris où il est mort le 10 décembre 1802.

Biographie[modifier | modifier le code]

Appelé aussi René-François[1], il est issu d'une famille bourgeoise : son père après des revers de fortune fut graveur et fit leur éducation. Ces deux frères ainés étaient placé chez un notaire quand celui-ci mourut. Il fut placé chez M. Blondel de Gagny qui était intendant général des finances. Il y fut plus assidu à se présenter à la Comédie-Française qu'aux écritures demandées par sa fonction.

Il fit ses premières armes au Temple en compagnie de Feulie et d'Auger[2].

Il débute à la Comédie-Française le 7 novembre 1754 dans Britannicus et Olinde de Zénéide, mais il n’est pas reçu et part jouer en province. Il joue notamment à Lyon, à Toulouse et à Marseille où, en novembre 1759, il reçoit un nouvel ordre de début à la Comédie-Française. Après un second essai, le 28 janvier 1760, il est reçu et en devient sociétaire le 30 mars 1761[3], puis doyen de 1786 à sa mort. De 1760 à 1801, il ne créa pas moins de 126 rôles avec un égal succès. Il fut l’enfant gâté du public dont la faveur ne l’abandonna jamais. Vraie vedette de son temps, il venait fréquemment à Antony se reposer des fatigues de la scène où il parut jusqu’à un âge avancé. De la vedette, il avait aussi la prodigalité et tenait table ouverte en sa propriété d’Antony.

Dans la nuit du 2 septembre 1793, il fut arrêté, avec 12 autres acteurs du Théâtre-Français restés fidèles à la monarchie, en tant que « suspect », et enfermé à la prison des Madelonnettes, pour avoir joué dans Paméla[4], représentation théâtrale jugée séditieuse.

François Molé aimait séjourner dans sa propriété d’Antony. Il ne cessa, chaque fois qu’il le put, d’acheter de nouvelles pièces de terres. Il agrandit ainsi son parc vers le sud au lieu-dit « le Paradis ». Cela lui permit d’affirmer qu’en dépit de son état de comédien, mal famé à cette époque, il irait à sa mort en Paradis. Et de fait, il y fut enterré : selon son désir, il a été inhumé dans sa propriété à Antony. Son tombeau[5] se trouve près de l’entrée du parc Heller, dans l’avenue qui porte son nom.

Sa maison que l’on voit sur le plan d’Antony, daté de 1753 était située 1 rue des Sources. Il n’en subsiste aujourd’hui que la demi-lune de l’entrée, ainsi que les communs constitués par les écuries construites dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le bâtiment principal a été démoli vers 1815 pour être remplacé par le château Saran, dans le parc aujourd’hui nommé parc Heller.

Sa fille lui fit élever un tombeau dans le parc de sa demeure. Ce tombeau, de grandes dimensions (1,30 m de côté, 1,80 m de hauteur) est classé à l’inventaire[6]. Ce parc a été loti en partie depuis, mais le tombeau est toujours visible.

La maison de François Molé fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 mai 1974.

Note[modifier | modifier le code]

  1. in Mémoires de Molé. précédés d'une notice sur cet acteur par M. Étienne. Le comédien par M. Remond de Sainte-Albine, E. Leroux (Paris), 1825 sur le site Gallica, consulté le 13 mai 2011
  2. Mémoires de Molé. précédés d'une notice sur cet acteur par M. Étienne. Le comédien par M. Remond de Sainte-Albine, E. Leroux (Paris), 1825, page viij.
  3. page 5 du Bulletin municipal officiel de la ville d’Antony, no 33 de septembre 1989
  4. Nicolas François de Neufchâteau fit jouer, sur la scène du théâtre de la Nation, le 1er août 1793, une comédie en vers : Paméla ou la Vertu récompensée, tirée du roman de Samuel Richardson, imitée de Goldoni. Le jour de la neuvième représentation, comme le rideau allait se lever, un officier de police vint au nom du Comité de salut public interdire la pièce à cause de ces deux vers jugés subversifs :

    « Ah ! les persécuteurs sont les seuls condamnables.
    Et les plus tolérants sont les seuls raisonnables. »

    François de Neufchâteau fit alors les corrections qu'exigeait le Comité ; mais celui-ci signa un arrêté fermant le théâtre et décrétant d'accusation François de Neufchateau. Il fut incarcéré, lui et ses comédiens. Parmi les 13 acteurs (les actrices furent enfermées à Sainte Pélagie) du Théâtre-Français incarcérés au Couvent des Madelonnettes, on trouve Fleury, Dazincourt, Molé, Charlotte Vanhove, Saint-Prix et Saint-Fal.
  5. Tombeau de François Molé (sur le site de l’APPA)
  6. Inventaire Base Mérimée : IA00121249

Lien externe[modifier | modifier le code]