Ficaire

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La ficaire fausse-renoncule (Ficaria ranunculoides ou Ranunculus ficaria) ou plus simplement ficaire est une plante herbacée vivace de la famille des Ranunculaceae. Son nom Ficaire vient du latin ficus (figue) en raison de ses racines qui en rappellent la forme. C'est une espèce très commune couramment appelée bouton d'or, comme plusieurs espèces de renoncules à fleurs jaunes. On lui donne aussi le nom d'herbe aux hémorroïdes en référence à ses propriétés curatives contre la pathologie hémorroïdaire. Elle était également nommée autrefois petite Chélidoine ou petite Scrophulaire (Scrophularia minor)[1],[2],[3], car on la croyait capable, tout comme la grande Chélidoine, de lutter contre les verrues. Enfin, elle porte aussi les noms beaucoup moins courants de billonée, clair-bassin, épinard des bûcherons, ganille, grenouillette, herbe au fic, herbe du siège, jauneau, petit bassinet, petite éclaire ou éclairette, pissenlit rond ou pissenlit doux et pot au beurre[4],[5],[6],[7].

Description[modifier | modifier le code]

La ficaire est pollinisée par des insectes, ici par le grand bombyle.

C'est une plante basse, allant de 5 à 25 cm, aux feuilles cordiformes, aux fleurs jaunes brillantes comportant 3 sépales et de 6 à 12 pétales assez allongés[8]. Elle referme ses fleurs par temps couvert. Ses tubercules crus sont toxiques. La sous-espèce bulbilifer produit de petits bulbilles à la base des pétioles des feuilles.

Les fruits sont peu utiles à la plante car elle produit rarement des graines. La ficaire se multiplie plutôt de façon végétative grâce aux bulbilles et aux tubercules.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La floraison a lieu entre mars et mai. L'inflorescence est une cyme unipare hélicoïde. La pollinisation est entomogame.

Le fruit est un akène, le plus souvent disséminé par les fourmis.

Le tubercule de la ficaire est une racine modifiée. Son rôle est de stocker des sucres sous forme d'amidon au sein des amyloplastes.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Les ficaires forment souvent des communautés importantes dans les sous-bois des forêts caducifoliées d'Europe tempérée. Leurs fleurs d'un jaune brillant sont visibles au printemps alors que les arbres n'ont pas encore leurs feuilles.

Bois frais, lisières, haies, talus, prés jusqu'à 1 600 m d'altitude en Europe tempérée.

Vertus médicinales[modifier | modifier le code]

La ficaire contient des hétérosides aux propriétés vasoconstrictrices, ce qui lui confère des vertus antihémorroïdales, d'où son nom vernaculaire d'herbe aux hémorroïdes[9]. En phytothérapie, certains ouvrages orientés dans ce domaine proposent la confection d'une pommade à partir de cette plante médicinale. Elle est récoltée en décembre, laissée séchée quelques jours, pressée très fortement pour en récupérer la sève, assez pour en produire 1 ou 2 cl, et mélangée dans une à deux cuillères à café de saindoux fondu, la préparation étant prête à l'usage une fois solidifiée[6]. Faiblement toxique, la ficaire peut toutefois provoquer des irritations ou des inflammations de la peau, pouvant conduire à l'apparition d'une ampoule par simple contact. Pour ces raisons, son usage devrait être réservé à une application externe[9], excluant de ce fait le recours aux suppositoires.

Riche en vitamine C, la ficaire aurait été utilisée par les marins en prévention contre le scorbut en la mélangeant à leur sel[10].

Synonymes[modifier | modifier le code]

D'après ITIS :

  • Ranunculus ficaria var. ficaria L.
  • Ranunculus ficaria ssp. bulbifera (Marsden-Jones) Lawalrée
  • Ficaria ficaria (L.) H. Karst.
  • Ficaria verna Huds.
  • Ranunculus ficaria var. bulbifera Marsden-Jones

Nomenclature et systématique[modifier | modifier le code]

  • Ranunculus ficaria L. subsp. ficaria des lisières et clairières vivaces médioeuropéennes, eutrophiles, mésohygrophiles
  • Ranunculus ficaria L. subsp. bulbilifer (Lambinon) des sous-bois herbacés médioeuropéens, basophiles, hygrophiles
  • Ranunculus ficaria L. subsp. ficariiformis (Rouy & Foucaud) des lisières et clairières vivaces médioeuropéennes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La presse médicale belge, Université de Gand, Lelong,‎ 22 mai 1859, chap. 22, p. 174
  2. Antoine Jacques Louis Jourdan, Pharmacopée universelle, ou Conspectus des pharmacopées d'Amsterdam, Anvers, Dublin, Edimbourg, Ferrare, Genève, Londres ... des dispensaires de ... des pharmacopees militaires de ... de la pharmacopée des pauvres de Hambourg, vol. 1, Paris, J.-B. Bailliere,‎ 1828 (OCLC 902458304), p. 398
  3. Dictionnaire raisonné universel de matière médicale : Concernant les Végétaux, les Animaux & les Minéraux qui sont d'usage en Médecine ; leurs descriptions, leurs analyses, leurs vertus, leurs propriétés, etc. recueillis de Manuscrits originaux, & des meilleurs Auteurs anciens & modernes, tant étrangers que de notre pays ; Avec une Table raisonée de tous les noms que chaque pays a donné aux même végétaux, animaux & minéraux., vol. 4, Université de Gand, P. F. Didot le jeune,‎ 1773, p. 695
  4. Jean-Claude Rameau et G. Dumé, Flore forestière française guide écologique illustré, Forêt privée française,‎ 2008 (ISBN 9782904740411), p. 1959
  5. « Ficaire », sur Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. Montpellier, France, CIRAD. (consulté le 03 février 2015)
  6. a et b Yves Rocher, 100 plantes, 1000 usages, Paris, Hachette,‎ 1976 (ISBN 9782010033865)
  7. Théodore Derive, Flore vénéreuse de la province de Liège, ou des plantes nuisibles ou suspectes que croissent spontanément dans cette partie du royaume, Université de Gand, Remacle,‎ 1839, p. 17
  8. Bernard Boullard, Plantes médicinales du monde : réalités et croyances, De Boeck Secundair,‎ 2001 (ISBN 9782843711176), p. 443
  9. a et b « Ficaire », sur Futura-Sciences
  10. François Couplan, Le régal végétal: Plantes sauvages comestibles : Encyclopédie des plantes sauvages comestibles et toxiques de l'Europe, vol. 1, Editions Ellebore,‎ 2009 (ISBN 9782869851849), p. 136[réf. insuffisante]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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