Curation de contenu

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La curation de contenu (de l'anglais content curation ou data curation) est une pratique qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web pour une requête ou un sujet donné. La curation est utilisée et revendiquée par des sites qui souhaitent offrir une plus grande visibilité et une meilleure lisibilité à des contenus (textes, documents, images, vidéos, sons…) qu'ils jugent utiles aux internautes et dont le partage peut les aider ou les intéresser.

La curation est également une manière rapide et peu coûteuse d'alimenter un site sans produire soi-même de contenu. Le contenu ainsi mis en avant permet non seulement d'alimenter le site — même si dans la plupart des cas le site renvoie sur la source originale — mais également de permettre un meilleur référencement du site de curation par les moteurs de recherche.

La curation de contenu s'inscrit dans la mouvance du Web sémantique, un écosystème plus organisé qui permettrait aux machines de traiter plus intelligemment les requêtes des internautes et d'afficher des pages de résultats plus pertinentes.

Historique[modifier | modifier le code]

Apparition du terme en France[modifier | modifier le code]

Le terme curation vient du latin curare et désigne à la base un soin. Le fait de partager un contenu (article, vidéo, image, musique, schéma…) que l'on juge intéressant ou amusant, et lui donner de la visibilité, est une pratique courante depuis l'apparition des fonctionnalités communautaires sur le Web.

Néanmoins, le terme curation de contenu n'apparaît en France qu'à la fin de l'année 2010 et devient très en vogue au premier trimestre 2011. Il est dès lors abondamment utilisé et débattu sur le Web. Lors de la Social Media Week de février 2011[1], des web-entrepreneurs français, des journalistes et des blogueurs se réunissent pour tenter de définir la curation[2].

Apparition du terme aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En octobre 2009, le quotidien The New York Times publie un article témoignant des multiples évolutions en cours dans l'usage du mot curateur[3]. Il explique que le mot sort progressivement du champ de la muséologie pour entrer dans la vie de tous les jours et notamment dans des expressions ou activités liées au Web.

En mai 2010, le magazine Wired publie quant à lui un article, évoquant la curation[4].

Il faut néanmoins noter que le terme digital curation (en tant que sélection, collection, archivage et maintenance de ressources numériques) fait son apparition dans le Wikipedia en anglais dès le 1er avril 2008. Par ailleurs, un article scientifique de 2005 (sans doute pas le premier) évoque déjà la notion de digital curation[5]'.

Origines[modifier | modifier le code]

La pratique de la curation tire ses origines de la surabondance d'informations que connaît le Web depuis les années 2000. Certains blogueurs, à l'instar de Brian Solis[6], parlent d'infobésité dont le seul remède serait la cure[7]. En japanglais, on parle d'infoplosion.
Le mot curation viendrait, lui, de l'anglais curator, en français, conservateur de musée.

Principe[modifier | modifier le code]

La curation de contenu repose sur trois axes fondamentaux[8] :

De manière plus pragmatique, un curateur (celui qui réalise la curation) recense des contenus et opère une sélection ou un tri (étape 1). Il organise ensuite, structure et met en forme ces contenus (étape 2). Enfin, il rend ces contenus disponibles et accessibles aux internautes (étape 3). Ces opérations ne sont d'ailleurs pas sans rappeler celles effectuées par les professionnels de la veille stratégique[9].

Etape 1 : la sélection[modifier | modifier le code]

Lors de cette première étape, le curateur réunit des contenus autour d'une thématique donnée. Cette étape, qui est le socle de la curation, peut être manuelle ou automatisée.

Etape 2 : l'éditorialisation[modifier | modifier le code]

C'est lors de la phase d'éditorialisation que le curateur structure les contenus sélectionnés en phase 1 et leur apporte une véritable valeur ajoutée : contextualisation et unification autour du sujet traité.
Cette mise en valeur se fait selon des critères de choix.

Etape 3 : le partage[modifier | modifier le code]

Dans ce troisième temps, les contenus sont mis à disposition des internautes sur une plateforme de curation via laquelle le curateur les diffuse à destination du public intéressé par le sujet traité.

Les cinq modèles de la curation[modifier | modifier le code]

D'après Rohit Bhargava, spécialiste du marketing social, il existe cinq modèles de curation : l'agrégation, la distillation, l'élévation, la chronologie et la mashup[10].

L'agrégation[modifier | modifier le code]

Il s'agit de trouver des sources pertinentes concernant le sujet choisi et de les rassembler sur un même site.

La distillation[modifier | modifier le code]

La distillation a pour but de dégager les éléments essentiels de façon claire dans un but de gain de temps pour les utilisateurs.

L'élévation[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'extrapoler des tendances à partir de données partielles, elle nécessite une capacité d'analyse.

Le mashup[modifier | modifier le code]

Le but est de fusionner des contenus afin de créer une seule source d'information regroupant les différences d'opinion sur le même sujet.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Modèle de curation qui permet de rassembler et de classer chronologiquement l'historique du sujet choisi.


Principales qualités[modifier | modifier le code]

La curation permet de :

  • faire gagner du temps à l'internaute lors de sa recherche : le tri et la sélection d'information ont déjà été opérés et les résultats affichés correspondent exactement à la requête
  • donner du sens : les contenus sont organisés, rangés par thématiques, mis en valeur, éditorialisés.
  • faire émerger des contenus parfois ignorés ou peu accessibles depuis les moteurs de recherche

Les différences entre la curation et la veille[modifier | modifier le code]

Par sa définition, la curation peut être assimilée à de la veille et même si les frontières entre les deux sont légères, il est important de les définir afin de ne pas confondre les deux activités liés à l'information-documentation[11].

La motivation[modifier | modifier le code]

La curation, contrairement à la veille, n'est pas une activité professionnelle. En effet, elle n'a pas de commanditaire. Ainsi, le fait de sélectionner, d'éditorialiser et de partager relève uniquement de l'envie, de la motivation, souvent pour classer les connaissances appartenant à notre communauté.

Les objectifs[modifier | modifier le code]

Une stratégie de veille est utilisée pour répondre à une demande et appuyer une prise de décision alors que la curation, elle, ne vise aucun objectif. En d'autre termes, la pertinence des informations sélectionnées lors d'une curation dépend du public à qui elle s'adresse alors que celle des informations sélectionnées durant une veille répond aux objectifs définis par les commanditaires.

La sélection des informations[modifier | modifier le code]

La sélection des informations marque significativement la différence entre la veille et la curation. Comme vu lors des deux précédentes différences, la curation est très personnelle et dépend du curator (celui qui effectue la curation). Le curator va baser sa collecte d'information sur des choix qui lui sont propres (affinités ou types de contenu) alors que le veilleur va sélectionner les informations en fonctions de la qualification des auteurs ou de la notoriété des sources. Le veilleur a un recul sur les informations collectées, ce qui n'est pas le cas du curator qui peut faire un copier-coller s'il est en accord avec l'auteur.

Les usages[modifier | modifier le code]

Le curator peut choisir les informations qu'il veut transmettre et mettre en avant pour son public. Ce qui n'est pas le cas pour la veille où le veilleur doit s'en tenir aux besoins de ses clients. Les usages de la veille sont structurés et motivés par une demande alors que les usages de la curation se font selon les envies du curator.

Malgré les similarités, la curation ne fait pas office de concurrence pour la veille. Au contraire, elle s'inscrit dans le cadre de la gestion de l'information et la veille doit se servir de la curation comme d'un outil pour aider à la sélection de l'information.

Curation vs. Agrégation[modifier | modifier le code]

La différence essentielle entre curation et agrégation réside dans le fait de choisir les contenus proposés aux internautes pour leur donner du sens et non pas de se contenter d'une collecte de liens sans contextualisation.
D'autres ne voient pas de différence de fonction mais évitent le mot curation (curateur désigne, en France, un mandataire de justice !)
Ils utilisent plus volontiers Agrégation Web.

Polémique[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la curation de contenu divise. D'un côté, les "pro-curation" revendiquent un statut de trieur ou filtre du web donnant plus de visibilité aux contenus de qualité[12]. De l'autre, les "anti-curation" dénoncent notamment un pillage des contenus du web et des droits d'auteurs bafoués[13]. D'autres enfin considèrent que ce terme relève davantage d'un effet de mode que d'une réelle nouveauté dans les pratiques des internautes. En effet, ce terme, mis au goût du jour par les plates-formes telles storify, paper.li, scoop-it ou shareezy par exemple préexistait dans des services déjà anciens telles que les plates-formes de partage de signets [14]. La curation sociale au service des organisations du web [15]. La curation peut intervenir dans différents domaines [16].

Références[17][modifier | modifier le code]

  1. http://socialmediaclub.fr/2011/02/le-programme-de-la-social-media-week-paris-7-11-fevrier-smw_paris-smcf/
  2. http://www.20minutes.fr/article/666430/web-la-curation-nouvelle-tarte-creme-web
  3. On the Tip of Creative Tongues
  4. Overwhelmed? Welcome the Age of Curation Wired, 14 mai 2010
  5. http://eprints.erpanet.org/99/01/cilip_final.pdf An Introduction to the Digital Curation Centre
  6. http://www.rslnmag.fr/blog/2010/12/6/live-blogging_brian-solis_deuxieme-invite-des-rencontres-rsln/
  7. http://meta-media.fr/2010/12/08/infobesite-une-seule-solution-la-cure/
  8. http://pro.01net.com/editorial/529624/le-guide-de-la-curation-%281%29-les-concepts/
  9. http://caddereputation.over-blog.com/article-le-curator-est-il-un-veilleur-64270925.html
  10. http://www.bivi.fonctions-documentaires.afnor.org/sites-autres/fonctions-documentaires/ofm/fonctions-documentaires/v/v-10-40/3
  11. http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2012-1-page-24.htm
  12. http://www.salahbenzakour.com/2011/03/22/content-curation-voici-mon-avis-sur-la-curation-et-les-content-curators/
  13. http://www.actulligence.com/2011/04/08/curation-egal-merde/
  14. Cardon, D., Tous éditeurs ? Les promesses incertaines de la « curation » http://cblog.culture.fr/2011/04/26/tous-editeurs-les-promesses-incertaines-de-la-%C2%AB%C2%A0curation%C2%A0%C2%BB
  15. Curation sociale et agents facilitateurs : Quels impacts sur les stratégies d'information et de communication des organisations du web?
  16. Les multiples facettes de la curation
  17. http://www.référencements.net/votre-curation-de-contenu-sur-5-outils-207-2013

Liens externes[modifier | modifier le code]