Contre-rejet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le contre-rejet est un procédé métrique qui consiste à placer à la fin du vers un mot ou un groupe de mots qui appartiennent, par la construction syntaxique et le sens, au vers suivant grâce à un enjambement.

Le contre-rejet n'existe que s'il est constitué par un élément bref (quelques syllabes précédées d’une coupe marquée) lié syntaxiquement au vers suivant mais mis en relief en jouant sur l'atténuation forte de la pause attendue à la fin du vers[1].

Le contre-rejet a été recherché à partir de la poésie romantique comme une marque de liberté et d’expressivité.

Exemples[modifier | modifier le code]

Souvenir, souvenir que me veux-tu? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone

Verlaine Nevermore

ou encore :

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Baudelaire, SPLEEN

Les Fleurs du Mal, 1857

Remarques[modifier | modifier le code]

  • Le procédé opposé (mise en valeur d’un élément bref au début du vers suivant) s’appelle le rejet.


  • On rencontre parfois l’association des deux procédés (rejet et contre-rejet) pour renforcer l’effet stylistique. Exemples :

- « L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire

Trembla, Napoléon comprit qu’il expiait… » Victor Hugo - « L’Expiation », vers 62-63 Les Châtiments


- « Et, l’Amour comblant tout, hormis

La faim, sorbets et confitures

Nous préservent des courbatures. » Verlaine – Les fêtes galantes – « Cythère »(vers 10-12)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Mazaleyrat, Eléments de métrique française, 1974, Paris: A. Colin. Page 122

Voir aussi[modifier | modifier le code]