Codon-stop

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les trois codons qui arrêtent la traduction du chromosome

Un codon-stop ou codon de terminaison est l'un des trois codons (parmi les 64 codons du code génétique) qui marquent la fin de la traduction d'un gène en protéine. Il n'est en général jamais traduit car il n'existe pas d'ARN de transfert correspondant. Le codon UGA peut cependant, dans les cas exceptionnels des sélénoprotéines, coder une sélénocystéine ; cet acide aminé rare est alors incorporé à l'aide de signaux supplémentaires présents sur l'ARN messager et d'un ARN de transfert particulier. De la même manière, il a été montré que chez certaines archées méthanogènes, le codon UAG peut également coder un acide aminé, la pyrrolysine. Une mutation ponctuelle qui donne naissance à un codon d'arrêt est appelé une mutation non-sens.

Les trois codons-stop sont :

Lorsque le ribosome arrive au niveau d'un codon stop, ce dernier interagit avec des facteurs de terminaison ou RF (Release factor) au niveau du site A. Ceci déclenche une cascade d'événements aboutissant l'hydrolyse de la liaison ester entre la protéine terminée et l'extrémité 3'-OH de l'ARNt fixé au dernier codon. Chez les bactéries, il existe deux facteurs de terminaison pour reconnaître les 3 codon-stop, RF1 et RF2.

Des mutations au niveau des gènes d'ARNt peuvent modifier la séquence de leur anticodon, avec pour conséquence que celui-ci devient complémentaire d'un codon stop. On appelle ces ARNt des ARNt suppresseurs de non-sens (en abrégé, des ARNt suppresseurs). Dans certaines conditions, ces ARNt permettent de traduire les codons stop, notamment ceux qui résultent de mutations dans des gènes codant des protéines.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Les noms Ambre opale et Ocre datent des années 50-60 et de l'étude de la génétique du bactériophage T4. Une méthode de base de la génétique est la recherche de mutation et des suppresseurs associés. Dans le cadre de recherches de ce type, un étudiant de Caltech à Pasadena, Harris Bernstein, a été recruté pour effectuer l'isolement de mutations spécifiques d'une lignée de bactérie, en contrepartie d'être autorisé à nommer les mutations découvertes. Le travail pour effectuer ces isolation demande d'étaler et analyser des centaines de cultures bactériennes sur boîtes de Pétri. Harris Bernstein ne donna pas directement son nom aux mutations qu'il isola, mais sa traduction en anglais :Amber (Ambre). En 1965 le nom d'ocre fut donné à un autre jeu de mutations n'ayant pas le même suppresseur. La nature de la mutation, apparition des codons stop UAG et UAA, ne fut identifié qu'après leur dénomination. Le nom opale est apparu en 1967 avec l'identification d'un nouveau jeu de mutations caractérisée par l'apparition du codon UGA.

Voir aussi[modifier | modifier le code]