André Renard

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André Renard (Valenciennes, le - Seraing ) est un syndicaliste et résistant belge, militant wallon.

Né à Valenciennes en 1911, syndicaliste dès 1932 il milite pour les 40 heures en 1936. Fait prisonnier et déporté en Allemagne de 1940 à 1942. Libéré pour cause de maladie, il s'engage dans la Résistance. Il meurt à Seraing en 1962, après une longue carrière syndicaliste militante. Il revendique une conception syndicale indépendamment des partis politiques traditionnels.

Engagé comme ouvrier après son service militaire, il se lance rapidement dans l’expérience syndicaliste. Renvoyé pour cette raison, il reste plusieurs mois sans travail. Il travaille ensuite à différents endroits où il accumule les expériences syndicalistes et apprend à mieux connaître la vie économique et sociale de la Belgique.

Militant de l'indépendance syndicale[modifier | modifier le code]

Mobilisé en 1939, il est arrêté, emprisonné et déporté. En 1942, malade, il est libéré et renvoyé chez lui, il ne tardera pas à entrer dans la résistance. Dans ce cadre il organise des actions afin de ralentir la production et à saboter l’outil, il rédige aussi dans la presse clandestine. Il émet aussi un projet de rassemblement des syndicats en un syndicat unique. À la Libération, malgré l’appui de plus de 80 pourcent des métallurgistes liégeois, il ne parvient à réaliser son objectif que partiellement. Il parvient à fusionner de nombreux syndicats et crée la FGTB en avril 45, mais la CSC après avoir participé au début des négociations se retirera.

Opposé au retour de Léopold III[modifier | modifier le code]

En 1950, André Renard se pose contre le retour du roi. Il apporte son soutien au Congrès national wallon extraordinaire convoqué en mars à Charleroi. Il contribue d’ailleurs au mot d’ordre de grève générale au retour de celui-ci. Il fait partie des personnalités qui tentèrent de former un Gouvernement wallon séparatiste après le drame de Grâce-Berleur.

Partisan de l'autonomie de la Wallonie et de réformes de structure[modifier | modifier le code]

La même année, André Renard estime que le fédéralisme est une bonne chose, il apporte donc le soutien de la FGTB au congrès national wallon. Il insiste cependant pour le fait que cette libération doit en partie revenir à la classe ouvrière. Quelques années plus tard, il est élu secrétaire général adjoint de la FGTB, dans les faits, il s’occupe des régionales wallonnes. Durant les années 1950, André Renard lance aussi son programme de réforme de structures. Il pointe plusieurs problèmes de l’économie belge, ses propositions sont adoptées à l’unanimité par la FGTB, mais diviserons dans les faits Flamands et Wallons. Le Parti socialiste belge (PSB) adopte à la fin de la décennie son programme de reformes de structure [1] mais aussi l’idée d’une scission du parti pour chaque communauté.

La grève générale de l'hiver 1960-1961[modifier | modifier le code]

Lors de l’hiver 60-61, André Renard participe aux grèves contre la loi unique. À travers la place des syndicats qu’il coordonne et son affirmation que le fédéralisme est indispensable à la réalisation des réformes de structures de l’État, il en est même une personnalité marquante. Après la suspension de la grève, il entend continuer la lutte, démissionne de la FGTB et crée le Mouvement populaire wallon (MPW). Au sein de ce groupe, il milite pour relancer l’activité économique grâce aux réformes de structures (...) Seul le fédéralisme peut créer les conditions favorables aux réformes de structure économique qui créeront elles-mêmes les conditions de l’expansion économique dans le progrès social. Les militants s’inscrivent en masse au MPW pourtant le groupe de pression propulsé rapidement sur la scène politique devra vite déchanter, il perd son meneur un an plus tard et décline à partir de ce moment.

Le renardisme[modifier | modifier le code]

On a généralement désigné les vues, les pratiques d'André Renard, subordonnant la lutte wallonne à l'action syndicale comme relevant d'une vision plus globale de la société qu'on pourrait considérer comme une forme spécifique de socialisme ou de syndicalisme et qui se désigne sous le nom de renardisme.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 153.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Tilly, André Renard, Le Cri, Fondation Renard, Bruxelles-Liège, 2005