Zoghman Mebkhout

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Zoghman Mebkhout durant la Conférence de géométrie algébrique ICM satellite 2006 à Ségovie.

Zoghman Mebkhout (né en 1948[1] ) (مبخوت زغمان) est un mathématicien algérien connu pour ses travaux en analyse algébrique, en géométrie et en théorie des représentations, et plus précisément en théorie des D-modules.

Zoghman est l'un des premiers mathématiciens Nord-Africains à avoir connu une renommée internationale. Un symposium a été célébré en l'honneur de son 60e anniversaire à Seville.

Alexandre Grothendieck écrit dansRécoltes et semailles[2] :

« La « version Mebkhout » dont j’ai voulu me faire l’interprète, me semble consister pour l’essentiel en les deux thèses que voici : 1. Entre 1972 et 1979, Mebkhout aurait été seul, dans l’indifférence générale et en s’inspirant de mon œuvre, à développer la « philosophie des D-Modules », en tant que nouvelle théorie des « coefficients cohomologiques » en mon sens. 2. Il y aurait eu un consensus unanime, tant en France qu’au niveau international, pour escamoter son nom et son rôle dans cette théorie nouvelle, une fois que sa portée a commencé à être reconnue. »

Grothendieck a changé plusieurs fois d'avis. Après avoir nuancé son propos dans un premier temps, il a finalement présenté ses excuses à Zoghman Mebkhout pour ne pas l'avoir soutenu plus vigoureusement.

Zoghman Mebkhout est actuellement directeur de recherches au CNRS[3].

Biographie[4][modifier | modifier le code]

Né à Méchéria, un village de l'ouest algérien, le 17 juin 1948, Zoghman Mebkhout a fait sa scolarité durant l'Algérie française. Il a 14 ans lorsque l’Algérie lorsque le pays devient indépendant et 17 lorsqu'il prend le bateau pour la France.

Poussé par sa famille et ses professeurs, il entame des études mathématiques poussées. Deux ans de classe préparatoire, l'école des Ponts et Chaussées, quelques années en tant que chargé de recherche avant d'entrer enfin au Centre nationale de Recherche Scientifique.

Il y poursuivra une carrière brillante. L'académie française des sciences lui remet une médaille en 2002. Pour ses 60 ans en 2008, l'université de Séville lui organise une semaine de colloque (symposium).

Travaux notables[modifier | modifier le code]

Zoghman Mebkhout a prouvé la correspondance de Riemann-Hilbert (en)[5], qui est une généralisation du 21e problème de Hilbert aux dimensions supérieures. Le contexte original concernait les surfaces de Riemann, et s'intéressait plus précisément à l'existence d'équations différentielles régulières avec une certaine monodromie. Dans les dimensions supérieures, les surfaces de Riemann sont remplacées par les variétés complexes et il y a une correspondance entre certains systèmes d'équations aux dérivées partielles (linéaires et ayant des solutions aux propriétés très spéciales) et de possibles monodromies de leur solutions. Ce résultat a également été prouvé de façon indépendante par le mathématicien japonais Masaki Kashiwara[6].

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Zoghman Mebkhout » (voir la liste des auteurs).

  1. Conference on D-modules in Honor of Zoghman Mebkhout´s 60th Birthday. January 26-29, 2009. Seville (Spain)
  2. Alexandre Grothendieck, Récoltes et Semailles, page 106
  3. Institut de mathématiques de Jussieu [1]
  4. Zina el Nayya, « Zoghman Mebkhout, une équation à plusieurs inconnues », El Watan,‎ (lire en ligne)
  5. Z. Mebkhout, Sur le problème de Hilbert–Riemann, Lecture notes in physics 129 (1980) 99–110.
  6. M. Kashiwara, Faisceaux constructibles et systèmes holonomes d'équations aux dérivées partielles linéaires à points singuliers réguliers, Séminaire Goulaouic-Schwartz, 1979–80, exp. 19.