Voie métabolique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La voie métabolique (en anglais : metabolic pathway) est un concept recouvrant un ensemble de réactions biochimiques liées par un produit ou un substrat. C'est un ensemble ordonné d'enzymes (protéines) et substrats. Elle comprend un substrat de base et conduit à un produit final, avec une ou plusieurs étapes intermédiaires entre les deux molécules.

Une voie métabolique est aussi, dans le vocabulaire biologique, un ensemble de réactions métaboliques (anaboliques ou cataboliques) catalysées par des enzymes.

Approche analytique[modifier | modifier le code]

Si on décompose une voie métabolique en éléments plus simples, on peut obtenir une liste de n réactions biochimiques Ri, i appartenant à {1;n} partant d'un substrat S pour arriver à un produit P. Ces réactions peuvent être liées entre elles au sein d'une voie métabolique, car chaque réaction Ri (i appartenant à {2;n-1}, c’est-à-dire toutes les réactions sauf la première et la dernière) utilise au moins un produit P d'une autre réaction de la liste des Ri comme substrat et un a pour produit un substrat d'une autre réaction. De façon plus intuitive, on peut chaîner les réactions en partant d'un substrat initial pour arriver à un produit final.

Approche biologique[modifier | modifier le code]

La voie métabolique est un concept permettant d'appréhender une fonction biologique. Au sein d'une cellule, de multiples molécules interagissent perpétuellement. Toutes ces molécules participent à des réactions biochimiques, transformant des molécules en d'autres molécules ou construisant des édifices moléculaires plus vastes. S'il est possible de considérer ces réactions individuellement, l'émergence de la biologie des systèmes laisse la place à une conception plus générale des réactions biochimiques au sein d'une cellule. Cela permet d'appréhender les différentes réactions biochimiques par groupe. Au sein d'un de ces groupes, les réactions qui ont lieu concourent à un même objectif. Il existe par exemple une voie métabolique de synthèse pour chacun des acide aminé (Homo sapiens ne les possèdent pas toutes, c'est pourquoi il existe des acides aminés essentiels). Ces voies métaboliques particulières sont aussi appelées "voies de biosynthèse".

Puisqu'une voie métabolique est une suite ordonnée de réactions biochimiques, elle est sensible à la présence de chacun des acteurs participant à son bon déroulement. S'il manque une enzyme particulière au cours du processus, alors l'ensemble de la voie est en général rendu inefficace. De même, s'il manque un substrat particulier, le produit final ne pourra pas être atteint.

Afin de réguler l'activité de ces voies métaboliques, des boucles de rétroaction existent aussi. Par exemple, un des produits P est un inhibiteur d'une enzyme E intervenant en amont dans la voie. Dans ce cas, l'enzyme E participe (in fine) à la synthèse du produit P, qui régule lui même l'activité de E en retour. Ceci peut mettre un fin à une voie métabolique lorsque celle-ci "travaille" trop vite.

Exemples courants[modifier | modifier le code]

Parmi l'ensemble des voies métaboliques référencées à ce jour, certaines sont particulièrement connues et ont été particulièrement bien étudiées. On peut citer :

  • la glycolyse. C'est la voie métabolique la plus répandue au sein du monde vivant, puisque tous les êtres vivants l'utilisent.
  • le cycle de Krebs. Il s'agit d'une voie métabolique qui a la particularité d'être cyclique. Ainsi, un des substrats de base est aussi le produit de fin de réaction.
  • le cycle de l'urée, là aussi une voie métabolique cyclique
  • toutes les voies de synthèse des acides aminés et acides gras

Modularité[modifier | modifier le code]

Les approches de biologie systémique amènent à penser que les organismes vivants sont très certainement modulaires. En clair, cela signifie qu'il est possible de former des "groupes" de molécules interagissant pour aboutir à un résultat particulier. On peut aussi voir cela comme un découpage possible de l'ensemble des réactions au sein d'une cellule en sous-unités indépendamment fonctionnelles sous réserve que tous leurs membres soient présents. Ces sous-unités sont des modules au sein d'une architecture plus vaste. L'interconnexion de ces modules conduit à la complexité de la cellule.

Les voies métaboliques, qui sont un exemple de ces modules, sont donc aussi, pour le chercheur, une abstraction permettant d'appréhender le fonctionnement d'une cellule à un degré supérieur de complexité. Chacun des modules devient une "boîte noire" (qu'on pourra toujours étudier séparément), dont on doit « simplement » connaître les entrées et les sorties. On peut donc drastiquement simplifier la modélisation de systèmes complexes en usant de ce concept de modularité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]