Vétérinaire à domicile

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Contrairement à l'hôpital vétérinaire (ou centre hospitalier vétérinaire – CHV), à la clinique vétérinaire ou au cabinet vétérinaire, le vétérinaire à domicile exerce exclusivement au domicile du client.

Introduction[modifier | modifier le code]

En France, pour exercer son métier, un vétérinaire doit avoir un domicile professionnel, déclaré auprès de l’Ordre des Vétérinaires. Il en existe plusieurs sortes, les principaux étant : le cabinet vétérinaire, la clinique vétérinaire et le centre hospitalier vétérinaire. Les domiciles professionnels sont définis par l’article R 242-54 du code rural et l’arrêté du 4 décembre 2003, paru au J.O. n° 298[1] et faisant office de code de Déontologie de l’Ordre des Vétérinaires [2]. Le vétérinaire à domicile, qui a un statut très strict, défini par l’article R242-57, fait exception : « Est dénommée vétérinaire à domicile la personne physique ou morale habilitée à exercer la médecine et la chirurgie des animaux qui, n'ayant pas de domicile professionnel d'exercice, exerce exclusivement sa profession au domicile du client. » Il peut donc exercer sans restriction la médecine et la chirurgie des animaux au domicile du patient. Néanmoins, d’autres articles du Code Rural (et en particulier l’Art. R 242-33), exigent que tout vétérinaire n’exerce en aucun cas dans des conditions pouvant compromettre la qualité de ses actes. C'est pourquoi, comme c’est le cas du médecin à domicile pour les humains, certaines interventions ne sont pas pratiquées à domicile (chirurgies lourdes, hospitalisations notamment).

Historique[modifier | modifier le code]

De tout temps, le vétérinaire s’est rendu chez son client, avant tout parce qu’il avait à soigner des gros animaux (chevaux, bovins, …), difficiles à déplacer. Dans les années 1970, la médecine des animaux de compagnie se développe considérablement, en particulier dans les grandes villes. Copiant le schéma de la médecine humaine (« SOS médecin » fut fondé par le Dr lascar en 1966 pour faire face aux urgences en région parisienne), et pour répondre à une demande des propriétaires d’animaux, c’est à cette époque que le premier service vétérinaire à domicile (AMI VETO) prend naissance en France, à l’initiative Dr Patat, à la fois médecin et vétérinaire. Très rapidement, il prend conscience de l’impossibilité de faire face à domicile, et dans de bonnes conditions, à toutes les urgences. La nécessité de pouvoir faire hospitaliser un certain nombre de patients s’impose. Il se rapproche alors de l’hôpital vétérinaire fondé à Paris par Gustave Eugène Frégis, pour créer une chaîne de soins cohérente et pouvoir ainsi assurer les urgences dans des conditions conformes aux données actuelles de la science.

Les services vétérinaires à domicile sont également présents dans les grandes et moyennes villes. Ce sont :

  • soit des services dits « d'urgence » ; les structures intervenant particulièrement dans les grandes villes ;
  • soit des services dits « généralistes », le vétérinaire à domicile ayant alors une activité comparable à celle d’un vétérinaire « classique » : il utilise un matériel adapté et transporte avec lui l'ensemble des outils nécessaires à son activité.

Pour défendre leurs intérêts, promouvoir leur mode d'exercice et le standardiser, depuis mars 2009, les praticiens vétérinaires à domicile se sont regroupés en une association : l'AVAD, association des vétérinaires à domicile[3].

Mode de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Vétérinaire à domicile urgentiste[modifier | modifier le code]

Selon les services et leur importance, les appels sont reçus par une secrétaire via un standard téléphonique ou directement par le vétérinaire. Lors de ce contact téléphonique, la grande difficulté est incontestablement d’apprécier la gravité de la situation et la nature des soins à mettre en œuvre. En médecine humaine, le médecin qui gère l’appel est toujours en relation par une ligne directe avec le SAMU, il peut converser avec son patient et évaluer assez précisément la situation. En médecine vétérinaire, pour des raisons notamment économiques, ce schéma n’existe pas et, qui plus est, l’interlocuteur du service d’urgence ne peut qu’« interpréter » ce que ressent l’animal à travers les propos du client. Conformément aux devoirs déontologiques élémentaires de la profession vétérinaire, pour limiter la perte de chance et donner aux clients tous les éléments leur permettant de prendre la meilleure décision pour leur animal, dès le premier contact, il est donc important de leur rappeler que si son état semble dégradé, il peut être préférable de le faire hospitaliser sans délai dans une structure équipée pour les urgences.

Vétérinaire à domicile généraliste[modifier | modifier le code]

Comme pour un cabinet vétérinaire classique, les rendez-vous sont pris par téléphone. Le vétérinaire se rend sur place et procède aux examens nécessaires à la recherche d'un diagnostic et met en place le traitement adéquat. Dans certains cas, comme pour la consultation du médecin généraliste en médecine humaine, des examens complémentaires seront nécessaires (radiographie par exemple) ou l'état du patient nécessitera une hospitalisation. Le vétérinaire à domicile généraliste proposera alors l'hospitalisation dans une structure hospitalière proche. À l'inverse, de plus de en plus de soins ne nécessitant pas de déplacer l'animal, de plus en plus de cliniques vétérinaires réfèrent certains suivi (pansements, suivi de glycémie, etc) aux vétérinaires à domicile de leur région.

Moyens humains[modifier | modifier le code]

Pour le client, les avantages sont nombreux: ne pas se déplacer, ne pas faire subir le stress d'un transport à l'animal, mais encore ne pas perdre de temps à patienter en salle d'attente ou, plus exactement, utiliser le temps d'attente du vétérinaire à faire des choses chez soi, ce qui arrange particulièrement les actifs. Dans le cas d'une urgence vétérinaire à domicile, le vétérinaire à domicile prend en charge intégralement l'urgence. Si besoin, il pourra conseiller au propriétaire de présenter son animal à son vétérinaire habituel le lendemain afin de faire d’éventuels examens complémentaires. Dans le cas d'un vétérinaire à domicile généraliste, le vétérinaire prend en charge intégralement le cas (maladie, mais aussi vaccination, identification électronique). Dans certains cas graves, il pourra conseiller l'hospitalisation. Si les premiers vétérinaires à domicile travaillaient seuls, plusieurs structures proposent déjà un déplacement d'un vétérinaire accompagné d'une auxiliaire vétérinaire.

Plateau technique[modifier | modifier le code]

De la même façon, le vétérinaire à domicile ne dispose de matériels de plus en plus spécifiques et adaptés à sa mobilité pour porter ainsi un diagnostic précis: analyses biologiques et médicales, microscopes, échographies, etc. Certains services d'urgence à domicile disposent de structures de réanimation mobile (oxygène). Comme en clinique vétérinaire, certains examens peuvent nécessiter une tranquillisation voire une anesthésie qui est alors réalisée à domicile. À noter que les vétérinaires à domicile ne fait pas de radiographie pour des raisons de sécurité. Dans la pratique, la majorité des examens réalisés en routine en clinique vétérinaire sont réalisés à domicile. Seuls les examens spécialisés qui nécessitent d'ailleurs une hospitalisation de jour sont confiés aux centres hospitaliers vétérinaires locaux.

Vétérinaires à domicile et centres hospitaliers vétérinaires : concurrents ou complémentaires ?[modifier | modifier le code]

La majorité des soins dans la vie d'un animal en milieu urbain sont réalisables à domicile, en situation d'urgence ou non. Les situations, plus rares mais bien réelles, où une structure hospitalière de qualité est nécessaire doivent être prise en compte avec la meilleure efficacité. Dans la pratique, vétérinaires à domicile et centres hospitaliers vétérinaires sont deux éléments majeurs de la chaine de soin, forcément complémentaires, l'un faisant ce que l'autre ne peut pas faire, pour le plus grand bénéfice des animaux de compagnie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 4 décembre 2003, paru au J.O. n° 298
  2. Code de déontologie des vétérinaires
  3. (Lien vers le site de l'association) AVAD