Supermarché coopératif

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Des coopérateurs d'une épicerie autogérée dans les rayons du magasin
Une épicerie coopérative à Saint-Denis (France).

Un supermarché coopératif est un magasin dans lequel les clients sont aussi cogérants du supermarché. Les projets de ce genre sont souvent participatifs, ce qui signifie que les tâches de gestion et de maintenance quotidiennes du magasin sont effectuées bénévolement par des coopérateurs. Contrairement aux supermarchés coopératifs non participatifs, il faut être coopérateur pour pouvoir acheter dans le magasin.

Historique[modifier | modifier le code]

Après des expériences mutualistes au XIXe siècle, le modèle de la coopérative alimentaire autogérée contemporaine apparaît, en France en 2011, avec la coopérative L’Indépendante à Paris, puis en 2013 à Rezé, près de Nantes, par La compagnie du Groupement d'achat service épicerie (GASE).

Depuis 2015, plusieurs coopératives alimentaires sont regroupées dans la Fédération nationale des coopératives alimentaires autogérées, généralement à l’échelle de l’épicerie.

Ce modèle participatif est transposé à l'échelle du supermarché de manière expérimentale à New York, avec la Park Slope Food Coop[1], depuis les années 1970, avec environ 16 000 membres qui en sont à la fois les clients et des coopérateurs qui participent au fonctionnement du magasin par leur travail[2].

À la fin des années 2000, deux Américains vivant à Paris découvrent le concept et décident d'essayer de l'implanter en France. Une association, Les Amis de la Louve est créée en 2011 dans le but de préparer l'ouverture d'un supermarché. La Ville de Paris et la mairie du 18e arrondissement soutiennent rapidement le projet, qui fait écho à leur souhait de dynamiser des quartiers des portes de Paris. Ils présentent le projet au bailleur social Paris Habitat, qui acceptera de conclure un bail de 9 ans dans un immeuble en construction et facilitent le soutien du programme d’investissements d'avenir du Commissariat général à l'investissement[3]. Après avoir été repoussée plusieurs fois, l'ouverture du supermarché est effective en [4]. Début 2017, La Louve compte plus de 3 000 membres coopérateurs[3],[5].

Objectif[modifier | modifier le code]

L'objectif principal est d'essayer de manger mieux tout en maîtrisant son budget, en participant à la sélection des produits et au fonctionnement du magasin[6].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Chaque magasin fonctionne de manière autonome, il peut donc y avoir des différences notables suivant les projets.

Si, dans un modèle participatif, le coopérateur peut acheter des produits et participe au fonctionnement du commerce, cela se fait quelquefois sur la base du volontariat, quelquefois sur une base obligatoire[7].

Certains supermarchés coopératifs ont des salariés en plus des coopérateurs bénévoles.

Certains supermarchés coopératifs expérimentent des modèles peu conventionnels. Par exemple, les DionyCoop de Saint-Denis (notamment sans assemblée générale, sans capital ni ordinateur dans l'épicerie)[8].

Participation et délibération[modifier | modifier le code]

En plus de la participation, les différentes gouvernances prônent une logique soit délibérative faisant référence aux outils de la démocratie participative soit autogestionnaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Duffé et Hélène Haus, « Supermarchés coopératifs : un concept qui séduit en Ile-de-France et dans l’Oise » Accès limité, sur Le Parisien, (consulté le )
  2. Julie Delvallée, « Supermarchés coopératifs : Anatomie d'un modèle à part » Accès libre, sur Libre Service Actualités, (consulté le )
  3. a et b Catherine Puiseux, « La Louve, un premier supermarché coopératif et participatif à Paris » Accès libre, sur L'Institut Paris Region, (consulté le )
  4. Jonathan Le Borgne, « Dans ce supermarché, les clients sont aussi les chefs de rayon » Accès libre, sur Je Bosse en Grande Distribution, (consulté le )
  5. JP Gené, « La Louve est entrée dans Paris. », M, le magazine du Monde,‎ (lire en ligne Accès libre)
  6. Stéphanie Letellier, « Supermarchés coopératifs : mieux manger pour moins cher » Accès libre, sur Notretemps.com, (consulté le )
  7. Marie Tranchant, « Les supermarchés coopératifs ont la cote », Le Figaro,‎ (lire en ligne Accès limité, consulté le )
  8. « Diony-Coop, des coopératives alimentaires pas comme les autres », Moins ! Journal romand d'écologie politique, no 58,‎ main-juin 2022, p. 4-6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]