Rodolphe Pedro

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Rodolphe Pedro

Naissance (41 ans)
Aigle, Drapeau de la Suisse Suisse
Nationalité Français
Profession Homme d'affaires

Fondateur de CFCI & Associés, Rodolphe Pedro, originaire d’un milieu populaire et sans formation préalable, a réussi à s’imposer dans le monde de la finance en créant une société financière indépendante présente au niveau national[1].

Il a donné chances à des personnes aux origines modestes et désireuses de s’en sortir, des « décrocheurs », en faisant un point d’honneur à les former au métier du conseil financier et à ses codes. Il a raconté son parcours hors du commun dans deux livres, Nous sommes une erreur statistique, avec Aziz Senni, en octobre 2008, et La Niaque en avril 2010.

Enfance[modifier | modifier le code]

Rodolphe Pedro est né en Suisse, à Aigle, une petite ville du canton de Vaud à quelques kilomètres au sud du lac Léman. Il passe ses premières années à Lausanne, la Suisse des cartes postales, celle des alpages, de montagnes couvertes de sapins, d’air pur et d’un épais manteau de neige en hiver. Mais naître en Suisse ne veut pas dire naître riche …Rodolphe est issu d’une famille modeste et est l’aîné de deux garçons, son père est éducateur, sa mère est femme au foyer. Rodolphe côtoie dès son plus jeune âge des jeunes en difficultés que son père ramènera régulièrement à la maison : handicapés moteurs, déficients mentaux, enfants abandonnés, battus, violés, fugueurs, drogués ou délinquants capables de sortir une lame à la moindre contrariété. Il n’a pas eu à apprendre la tolérance à l’école et le respect des « différences » : les différences, elles logeaient dans sa chambre et jouaient avec lui. En 1979, le père de Rodolphe prend la défense d’enfants dont il s’occupe et s’oppose de toutes ses forces à certains notables de la région. La Suisse romande est un microcosme, toutes les portes se ferment. Il décide d’emmener la famille en France. Rodolphe a alors 7 ans et la famille quitte la Suisse et ses alpages pour une contrée inconnue : Savigny-le-Temple, Seine et Marne – (77) France. La vie de Rodolphe prend à ce moment là un virage décisif. La famille déménagera non moins de 14 fois, pas facile de se faire des copains d’enfance dans ces conditions pour Rodolphe et son jeune frère Richard.

Savigny –le-Temple banlieue parisienne déjà baignée de violence, mais aussi totalement désespérante pour un petit garçon élevé au bon air helvète et trimbalant le fort accent du canton de Vaud qui en fera une parfaite tête de Turc à la récré. Parce que : venir de Suisse mais étirer les mots et avoir un vocabulaire différent ou être un noir d’Afrique ou venir du Maghreb avoir la peau mate et faire le Ramadan. Dans la cour de récréation, vous êtes différents ! C’est donc en 1979 que le petit Rodolphe rentre en CP, l’école des grands, le début de l’apprentissage scolaire, celle où l’on apprend à lire et à écrire. Si on essaye de d’établir « la traçabilité de son décrochage scolaire », on peut affirmer qu’ils remontent indéniablement à cette année 1979. C’est là qu’est né « le cancre Pedro ».Les NEUF maîtres et maîtresse qui se sont succédé cette année là n’ont bien entendu en rien aidé le jeune garçon a trouvé un semblant de stabilité, quant à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture ce fut évidemment un fiasco complet pour ce gamin dyslexique. A Savigny Rodolphe ne perdra non seulement son accent vaudois, mais aussi son innocence, sa douceur et sa timidité de petit garçon. A huit ans il fait une sortie de route scolaire et n’y reviendrais jamais. Ce petit garçon pourtant passionné par l’histoire ou la géographie voyait son calvaire commencer dès qu’il fallait prendre un stylo et ouvrir son cahier. L’orthographe était sa pire ennemie et aller à l’école était pour lui aussi réjouissant que traverser un champ de mines.

C’est ainsi que pendant une décennie il sera assené par ses maîtres et ensuite ses professeurs des pires âneries, du genre « Pedro à 30ans vous serez encore en 6ème » Pedro, tout ce que vous ferez de votre vie, c’est grossir es statistiques du chômage ! »Tout cela uniquement à cause de ses problèmes à l’écrit. Si Rodolphe avait été fragile, il aurait cru ses professeurs qui disaient qu’il était un marginal, un attardé, une anomalie. On peut dire que la pédagogie et la psychologie étaient d’un niveau exceptionnel autour du jeune garçon…

Heureusement Rodolphe était un gosse libre, la tête bien plantée sur les épaules et des rêves en pagaille. Il ne s’est jamais imaginé dans la dèche, il ne voulait surtout pas reproduire ce qu’il avait connu à la maison. Il ne lui restait d’autre choix que l’opulence. À cinq ans il vend le cadeau de fête des mères qu’il a confectionné à l’école à sa voisine et remet fièrement la belle pièce de cinq francs suisses qu’il a gagné à sa mère. À dix ans dans la cour de récré il commence à faire ce qu’il n’arrêtera jamais de faire ensuite : vendre des choses. En sixième on lui demande ce qu’il veut faire plus tard comme métier ? Il répond « homme d’affaires ». Bien plus tard, un psychologue dira aux parents de Rodolphe « Mais c’est un soleil que vous avez là ! C’est dans une école de surdoués qu’il aurait fallu le placer. De lui, on aurait pu faire des choses extraordinaires ! » La suite montrera que si le psy avait vu clair en les capacités de Rodolphe, il s’est tout de même trompé. Ce n’est pas « il aurait pu », le terme exact aurait été : « il fera des choses extraordinaires ! ». C’est à cette époque que Rodolphe prend conscience qu’il a au moins un talent : celui de vendre.

Adolescence[modifier | modifier le code]

Après la case Savigny-le-Temple, la famille déménage dans une lointaine banlieue lyonnaise, pour re déménager plus tard en zone rurale. Rodolphe a un oncle, une tante et un cousin dont il était déjà très proche en Suisse qui continuent à le prendre sous leur aile, l’emmenant en vacances avec eux. Il a ainsi toujours gardé un pied dans son pays natal : la Suisse. Il fait ainsi le tour du monde, visite le Kenya, l’Afrique du Sud les Etats-Unis. Ils logeaient dans des hôtels cinq étoiles, mangeaient dans les meilleurs restaurants, allaient à la piscine, au cinéma, visitaient les musées. Il apprend ainsi les bonnes manières à table et l’art de la conversation. Discuter avec des enfants cultivés et bien élevés il adorait ça !! Quand après quelques semaines de ce paradis, il revenait s’enterrer dans la maison familiale, le contraste faisait mal. C’est à cette époque qu’il prend plus que jamais conscience de la différence de situation entre son cousin et la sienne, et cela lui est intolérable. Il sera plus tard heureux d’avoir connu les « trois cultures », celle des familles fortunées, celle de la classe moyenne de province et celle des jeunes des cités. Ce grand écart sera pour lui un avantage immense, qui lui permettra d’être aussi à l’aise face à un client ordinaire, que face à un ministre lors d’une garden party à l’Elysée ou à des collégiens de ZEP.

Rodolphe a dix ans, Bernadette, sa mère ouvre son premier magasin, elle l’appelle « Pressing n°1 ». Bernadette est une bosseuse acharnée, une commerçante comme on fait peu. Elle vend également des vêtements dans son pressing.

Rodolphe va tout simplement lui emboîter le pas. Il devient une succursale de la boutique de maman dans... la cour de récréation. Au début il prend son stock de vêtements uniquement au pressing et le vend à ses copains. Trouvant le choix restreint, il emprunte la carte professionnelle de sa mère lui permettant d’acheter des vêtements en gros. C’est donc naturellement que dès ses quatorze quinze ans, il prend le train direction « Le Sentier » à Paris où il achètera jeans, blousons, T-shirts etc. il reprenait le train pour sa campagne, les bras chargés de trésors, ravi de pouvoir les écouler et de mettre le bénéfice dans sa poche. A force de se faire virer des établissements du secteur public, on finit par le placer dans le secteur privé. Quelle aubaine ! Les gosses y avaient encore plus de moyens et il écoulait une quantité astronomique de blousons Perfecto Schott et de chaussettes Burlington.

À 17 ans, il participe à la chute du mur de Berlin. En 1989, Rodolphe n’a pas encore son permis de conduire, il met un copain dans la combine et emprunte la Fiat 127 de sa mère prétextant un Week End de virée à Lyon. Il emprunte des tickets essence de son père. Ils remplissent des jerrycans qu’ils placent sur le siège arrière et en route pour Berlin. Ils se sont joints à la foule, pris des masses et ont défoncé ce satané Mur ! Ils se sont pris dans la figure des lances d’eau des Vopos (Volkspolizei). Ils reviennent le dimanche le coffre de la Fiat plein de morceaux du Mur de Berlin qu’ils ont revendu à prix d’or à leurs copains.

Entrepreneur - Homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Daro’’o[modifier | modifier le code]

Rodolphe mettra sur pieds sa première entreprise à 17 ans. Pas de bricolage, il lance sa première SARL : Daro’’o avec son oncle. La publicité par l’objet est encore balbutiante, ils se lancent dans les stylos et briquets publicitaires… Il fallait rassembler un capital de 50000 FF (7500 euros). Tout ce que Rodolphe avait gagné en vendant des chaussettes Burlington , des cuirs et des jeans et dormait sur son compte avait été mis dans le pot commun. Ils étaient motivés, ils ne pouvaient pas ne pas réussir. La société a vécu six mois et englouti l’intégralité des maigres économies de Rodolphe. Il prend conscience qu’il était peut-être encore « un peu vert ». Mais il n’est pas découragé, il a des fourmis dans les jambes. Il vient d’avoir 18 ans et est libre de décrocher son permis de conduire et justement un de ses cousins vient de monter une affaire et cherche des conducteurs.

Achat et vente de voitures en Afrique[modifier | modifier le code]

Acheter de vieilles voitures bon marché en France et les revendre à prix d’or en Afrique était certes un marché lucratif, mais comportait un léger désagrément.

Il fallait parcourir douze mille kilomètres, dont sept cent dans les dunes du Ténéré. Rodolphe n’a à ce moment là que quinze jours de permis de conduire. Les voitures à mener en Afrique n’étaient pas le moins du monde conçues pour rouler dans le sable. Il est un homme libre, il gagne de l’argent, mais dans le désert, il vit un véritable enfer et a failli y perdre la vie. ..

L’Afrique a enrichi le jeune homme sur le plan humain et lui a permis de mettre pas mal d’argent de côté. Mais l’argent qui dort ne l’intéresse pas et en véritable homme d'affaires têtu, il brûle de repartir de zéro là où l’échec de Daro ‘’o l’avait laissé.

Le Roi de la lunette[modifier | modifier le code]

Nous sommes en 1992, Rodolphe a 19 ans, il crée sa deuxième entreprise : la SARL « Pedro & Packing ». Avec un partenaire, il envisage de fabriquer des étuis à lunettes en Tchécoslovaquie. Après quelques déboires dus à la trahison de son acolyte, tout ce qu’il a ramené d’Afrique est englouti. Rodolphe rebondit. Il emprunte de l’argent à son oncle et sa tante de Suisse et c’est lors d’une visite chez eux qu’il tombe sur un minuscule article consacré à la Pologne.

Une usine qui fabriquait des klaxons par une technique spécifique d’emboutissement de pièces métalliques. Le déclic se produit : il va confier la tâche de fabriquer des étuis en aluminium par emboutissement à cette usine. Il les contacte, on lui donne rendez-vous le lendemain. Il n’a à ce moment là pas un sou pour se payer un aller/retour en avion. Il prend sa vieille BX, roule vingt et une heures sans s’arrêter pour parcourir les deux mille deux cent kilomètres qui le sépare de Varsovie et arrive à l’heure à son RV. P& P fournira la matière première et importera le produit fini en France. Après plusieurs mois de recherches acharnées, il négocie l’aluminium en gros à Péchiney, fait venir les charnières d’Irlande, le tissu et le liseré de Lyon. De son minuscule local au fond du garage de sa mère, il gère sa boîte, ses étuis à lunettes sont 60 % moins chers que ceux de ses concurrents. Les étuis P&P séduisent les grossistes de toute l’Europe et les lunettes se retrouvent rapidement chez les opticiens. Pedro&Packing est un franc succès.

Rodolphe a vingt ans, pas le moindre diplôme en poche et sa boîte prospère. Il est le plus jeune PDG de France.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rodolphe Pedro, l'abbé Pierre de la finance, Le Point.fr, 2 novembre 2011