Plaidoyer pour l'altruisme

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Plaidoyer pour l'altruisme
La force de la bienveillance
Auteur Matthieu Ricard
Pays France
Genre Essai
Éditeur NiL Éditions
Date de parution 2013
Nombre de pages 916
ISBN 978-2-84111-623-2

Plaidoyer pour l'altruisme est un livre de Matthieu Ricard paru en 2013. Il s'inscrit formellement au milieu d'une série de trois titres du même auteur comprenant également Plaidoyer pour le bonheur (2003) et Plaidoyer pour les animaux (2014).

Propos[modifier | modifier le code]

Comme le titre l'indique, Mathieu Ricard cherche essentiellement dans ce livre à faire la promotion de l'altruisme, qualité qu'il estime mal comprise, sous-estimée et essentielle à la survie de l'espèce et de la planète.

Il s'appuie pour ce faire sur d'innombrables sources livresques et scientifiques (on y trouve plus de cent pages de notes et une bibliographie de plus de dix pages) pour notamment défaire la croyance selon laquelle il serait dans la nature essentielle de l'homme d'être violent et égoïste. Au contraire, l'auteur cite de nombreuses expériences scientifiques en psychologie ayant démontré que l'altruisme correspond à la nature première de l'humain, et ce, dès la petite enfance. Il explique aussi, sur la base d'autres recherches anthropologiques, que l'espèce humaine doit son essor non pas à l'application du principe darwinien mal compris selon lequel la survie revient au plus fort, mais au contraire à un mode de vie essentiellement basé sur la coopération. La coopération serait ainsi non seulement une qualité fondamentale des groupements humains, mais aussi une condition essentielle à leur survie et à leur développement. Les études montrent aussi que les sociétés où prévaut l'altruisme sont plus paisibles et que leurs membres sont plus heureux et productifs.

Il est aussi démontré qu'au niveau individuel, les personnes qui pratiquent l'altruisme et la bienveillance (ce qu'on peut développer notamment par la méditation) sont plus sereines que les autres.

L'auteur montre par ailleurs que même dans la nature (végétaux, animaux), la « survie du plus fort » ne peut expliquer à elle seule l'évolution, où la collaboration joue un rôle indispensable, ce que reconnaissait Darwin lui-même.

L'auteur prend la peine aussi de différencier plusieurs sortes d'altruisme, invalidant au passage l'idée répandue selon laquelle l'altruisme « véritable » n'existerait pas et tout acte altruiste aurait pour but foncier de profiter à court ou long terme à son auteur, ne serait-ce que par la satisfaction de son ego.

L'altruisme étant déjà inscrit au cœur de l'homme et presque dans sa génétique, il reste à le valoriser dans une société qui ne croit pas à son pouvoir. Dès qu'une majorité d'individus s'avèrent altruistes dans un groupement humain, une minorité peut en profiter pour tirer égoïstement les bienfaits de ce comportement sans contribuer elle-même au bien-être de la collectivité, mais si le pouvoir de cette minorité reste limité, le système globalement restera bénéfique pour tous.

Plan[modifier | modifier le code]

I. Qu'est-ce que l'altruisme?
II. L'altruisme véritable existe-t-il?
III. L'émergence de l'altruisme
IV. Cultiver l'altruisme
V. Les forces contraires
VI. Construire une société plus altruiste

Extraits[modifier | modifier le code]

  • Il y a donc des situations dans lesquelles l'altruisme véritable est l'explication la plus simple et la plus vraisemblable de comportements qui se produisent constamment dans notre vie quotidienne. Un altruisme qui se situe au-delà de la louange ou du blâme. Les arguments habituels de ceux qui s'ingénient à déceler des motivations égoîstes derrière tout acte altruiste ne résistent guère à l'analyse. (II. 8, « L'altruisme désintéressé », p. 108.)
  • Que quelqu'un vole, triche ou commette un acte violent, et on remarquera d'un air désabusé : « C'est le naturel qui revient au galop », ou encore : « Il a montré son vrai visage », sous-entendant que toute autre forme de comportement n'est finalement qu'une façade hypocrite que nous essayons d'afficher mais qui finit tôt ou tard par se fissurer et révéler notre véritable nature. À l'inverse, lorsque quelqu'un fait preuve d'une grande bonté et se dévoue inlassablement au service de ceux qui souffrent, on dira : « C'est un véritable saint », sous-entendant que c'est un comportement héroïque, hors de portée du commun des mortels. (II. 12, « Au-delà des simulacres, l'altruisme véritable : une investigation expérimentale »), p. 138.)
  • En Scandinavie, la principale source de l'égalité est la redistribution des ressources par l'État. [...] Le gouvernement suédois, en particulier, a œuvré avec plus d'audace que d'autres pour renforcer l'efficacité du service public, conçu pour protéger les pauvres. Cela n'a pas empêché les pays scandinaves, les plus égalitaires au monde, de rester parmi les pays dont la croissance est la plus forte et la plus stable. (VI. 38, « Combattre les inégalités », p. 636.)

Liens externes[modifier | modifier le code]